Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2516184

mardi 13 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2516184
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B... qui demandait la suspension de décisions de la caisse d’allocations familiales relatives à des indus d’aides au logement et de prime d’activité. Le juge a estimé que l’urgence, condition nécessaire à la suspension, n’était pas établie faute d’éléments probants fournis par la requérante pour justifier sa situation de précarité. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2025, Mme A... B... demande au juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de décisions de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône relatives à des indus d’aides au logement et de prime d’activité, ainsi que toute retenue ou tout recouvrement jusqu’à la date du jugement au fond ;

2°) d’ordonner à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) d’ordonner la restitution de la somme de 319 euros retenue en septembre 2025, ainsi que de toute autre somme indûment imputée sur la dette principale ;

4°) d’ordonner la communication intégrale du calcul détaillé des indus ;

5°) de condamner la caisse d’allocations familiales aux dépens.


Vu la requête enregistrée sous le n°2516183 tendant à l’annulation de la décision contestée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l'état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes du second alinéa de l’article R.522-1 du même code : « A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. » Enfin, en vertu de l'’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle est irrecevable.

2. Il résulte des dispositions précitées que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte-tenu des circonstances de l’espèce.

3. En l’espèce, si Mme B... soutient qu’elle se trouve en état de précarité financière et sociale, elle ne verse aux débats aucun élément de nature à justifier ces allégations. L’urgence mentionnée au point 1 n’est dès lors pas établie.

4. Il s’ensuit que la requête de Mme B... doit être rejetée par application des dispositions de l’article L 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

2
N° 2516184
Fait à Marseille, le 13 janvier 2026.


Le juge des référés,


signé



C. TUKOV


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,