Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2600905

mercredi 11 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2600905
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par Mme A... d'une demande de mainlevée des soins psychiatriques sans consentement de son fils. L'ordonnance rappelle que, depuis l'entrée en vigueur de la loi du 5 juillet 2011 et des articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1 du code de la santé publique, le juge judiciaire (juge des libertés et de la détention) est seul compétent pour contrôler la régularité et le bien-fondé de ces mesures. En conséquence, la requête, ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

La présidente de la 8ème chambreVu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2026, Mme B... A... sollicite du tribunal la mainlevée des soins psychiatriques sans consentement dont fait l’objet son fils, M. C... D..., au centre hospitalier de Digne-les-Bains.



Vu les autres pièces du dossier.



Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2011-803 du 5 juillet 2011 ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ».

2. Les articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1 du code de la santé publique, issus de la loi du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge, donnent compétence au juge des libertés et de la détention pour contrôler de manière régulière et systématique ainsi que de manière facultative, à la demande notamment des personnes et de leur entourage, la poursuite des mesures de soins sans consentement et en ordonner leur mainlevée. Aux termes de l’article L. 3216-1 du même code : « La régularité des décisions administratives prises en application des chapitres II à IV du présent titre ne peut être contestée que devant le juge judiciaire. / Le juge connaît des contestations mentionnées au premier alinéa du présent article dans le cadre des instances introduites en application des articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1. Dans ce cas, l’irrégularité affectant une décision administrative mentionnée au premier alinéa du présent article n’entraîne la mainlevée de la mesure que s’il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en faisait l’objet. / Lorsque le tribunal judiciaire statue sur les demandes en réparation des conséquences dommageables résultant pour l’intéressé des décisions administratives mentionnées au premier alinéa, il peut, à cette fin, connaître des irrégularités dont ces dernières seraient entachées ». Aux termes du II de l’article 18 de la loi du 5 juillet 2011 susvisée : « Le chapitre VI du titre Ier du livre II de la troisième partie du code de la santé publique entre en vigueur le 1er janvier 2013. La juridiction administrative est compétente pour statuer sur les recours dont elle est saisie antérieurement à cette date ».

3. Depuis l’entrée en vigueur de ces dispositions, la juridiction judiciaire est ainsi seule compétente pour apprécier non seulement le bien-fondé mais également la régularité d’une mesure d’admission en soins psychiatriques sans consentement et les conséquences qui peuvent en résulter. Dès lors, toute action relative à une telle mesure doit être portée devant cette juridiction à laquelle il appartient, le cas échéant, d’en prononcer l’annulation. Il s’ensuit que le juge judiciaire est compétent pour connaître de l’action intentée par Mme A.... Par suite, ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, la requête de Mme A... doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître en application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.







O R D O N N E :







Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée au centre hospitalier de Digne-les-Bains.



Fait à Marseille, le 11 février 2026.



La présidente de la 8ème chambre,


Signé


E. Felmy



La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière