Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2602810

mardi 3 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2602810
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant par ordonnance, rejette une requête visant à faire constater des irrégularités dans une campagne électorale municipale et à enjoindre au juge de prendre des mesures pour garantir la neutralité des services publics. La juridiction estime que la demande, qui ne tend ni à l'annulation d'une décision ni à une condamnation pécuniaire, est irrecevable, car le juge administratif ne peut se substituer à l'administration par des injonctions à titre principal. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, qui définissent les conditions de recevabilité des recours et les pouvoirs du juge.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 février 2026, M. A... B... demande au tribunal d’une part, de constater une irrégularité dans le déroulement de la campagne électorale en vue des élections municipales dans la commune de Mouriès d’autre part, de prendre toute mesure nécessaire pour garantir le respect de la législation électorale et la neutralité des services publics.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».

2. D’autre part, aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle ».

3. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n’appartient pas au juge administratif de se prononcer sur des conclusions autres que celles tendant à l’annulation d’une décision ou à la condamnation d’une personne publique au versement d’une somme d’argent. Par ailleurs, dans l’hypothèse où il annule une décision, le juge administratif dispose, en vertu de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, du pouvoir d’ordonner uniquement à l’autorité administrative de prendre, éventuellement sous astreinte et dans un délai qu’il précise, une nouvelle décision dont il fixe lui-même le sens.

4. En l’espèce, M. B... demande au tribunal d’une part, de constater une irrégularité dans le déroulement de la campagne électorale en vue des élections municipales dans la commune de Mouriès, d’autre part de prendre toute mesure nécessaire pour garantir le respect de la législation électorale et la neutralité des services publics. Or, conformément aux principes rappelés au point précédent, il n’appartient pas au juge administratif de se substituer à l’administration, ni de lui adresser des injonctions à titre principal. Par suite, la requête doit être rejetée par application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée à la commune de Mouriès.


Fait à Marseille, le 3 mars 2026.


Le président de la 1ère chambre,

signé


G.FEDI


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,