Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2603010

jeudi 19 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2603010
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Sujet principal : Demande d'injonction au préfet de délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction pour une demande de renouvellement de titre de séjour. Juridiction : Tribunal Administratif de Marseille (formation de référé). Solution retenue : Le juge rejette la requête. Textes appliqués : L'article L. 521-3 du code de justice administrative (CJA) et les articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Le juge constate qu'un silence de quatre mois de l'administration sur la demande de titre de séjour a fait naître une décision implicite de rejet, à laquelle il ne peut faire obstacle en référé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2026, M. A... C... B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d’instruction.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA)
- le code de justice administrative


Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant malgache, a sollicité le 15 octobre 2025 au moyen du téléservice Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), une demande de renouvellement de son titre de séjour. N’ayant reçu aucun document provisoire de séjour, M. A... C... B... demande au juge des référés d’enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». L’article L. 522-3 de ce code prévoit cependant que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. ».

La circonstance qu’un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai mentionné à l’article R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.

Il résulte de ce qui précède que le silence gardé par le préfet des Bouches du Rhône pendant quatre mois sur la demande de titre de séjour de M. B..., déposé le 15 octobre 2025, a fait naître le 15 février 2026, une décision implicite de rejet à laquelle le juge des référés ne saurait faire obstacle sans méconnaître les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Il suit de là que la requête ne peut qu’être rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... B....


Fait à Marseille, le 19 mars 2026.


Le juge des référés,

Signé

T.Trottier


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,