Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2604140

lundi 16 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2604140
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'injonction au préfet de délivrer une attestation de prolongation d'instruction pour une demande de renouvellement de carte de résident. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (juge des référés). **Solution retenue** : La requête est rejetée. Le juge estime que la mesure sollicitée (l'injonction de délivrer une attestation) ferait obstacle à l'exécution d'une décision implicite de rejet déjà intervenue. **Textes appliqués** : L'article L. 521-3 du code de justice administrative (référé "mesures utiles") et l'article L. 522-3 du même code (rejet pour absence d'urgence ou demande mal fondée). Le rejet implicite de la demande de titre de séjour est né en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (délai de quatre mois).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 10 mars 2026, Mme C... B... épouse A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :


1°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou un récépissé, dans le délai de 5 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;


2°) de mettre à la charge de l’État les frais de procédure.



Vu :
le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ». Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». L’article L. 522-3 de ce code prévoit cependant que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». L’article R. 432-2 du même code dispose que : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois... ».

La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai mentionné au point 2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme ce délai.

Il résulte de l’instruction que Mme B..., ressortissante malgache, était titulaire d’une carte de résident, valable du 9 novembre 2015 au 8 novembre 2025, dont elle a sollicité le renouvellement au moyen du téléservice Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) le 17 juillet 2025. Alors même qu’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande, valable jusqu’au 8 février 2026, lui a été délivrée, le préfet des Bouches-du-Rhône a, en application des dispositions précitées, rejeté implicitement la demande de l’intéressée au plus tard quatre mois après le 17 juillet 2025, soit le 17 novembre 2025. Par suite, à la date de la présente ordonnance, la mesure sollicitée fait obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet.

Dans ces conditions, la requête ne peut qu’être rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... épouse A....
Fait à Marseille, le 16 mars 2026.



Le juge des référés,


Signé


T. Trottier

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière