Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2604606

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2604606
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant par ordonnance, a rejeté une requête en excès de pouvoir visant à obtenir la rectification d'une date erronée sur un arrêté municipal publié en ligne. Le juge a estimé que cette demande, qualifiée de demande de rectification d'un acte antidaté, relevait d'une mission d'administration active et non du contrôle juridictionnel. La requête a donc été jugée manifestement irrecevable au titre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le juge rappelant qu'il ne peut se substituer à l'administration pour modifier ses actes.

Texte intégral

La présidente de la 8ème chambreVu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mars 2026, M. A... B... saisit le tribunal d’une « demande de rectification d’un arrêté antidaté au Journal officiel ».



Vu les autres pièces du dossier.



Vu le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. (…) Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ».

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient au juge administratif ni d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à celle-ci.

4. Il ressort des pièces du dossier que l’immeuble situé 23, rue de l’Evêché à Marseille (13002) a fait l’objet d’un arrêté de mise en sécurité – procédure urgente n° 2026_00454_VDM du 10 février 2026 du maire de cette commune. M. B..., qui produit une capture d’écran datée du 9 mars 2026 du site internet de cette commune mentionnant que l’arrêté précité aurait été pris le 10 février 2023, sollicite la rectification de cette erreur de date, qu’il qualifie d’antidatation. Or, en vertu des principes rappelés au point précédent, il n’appartient pas au juge administratif de connaître de telles conclusions qui constituent des conclusions tendant à ce qu’il fasse œuvre d’administrateur, étant précisé au demeurant qu’il résulte de la consultation du site internet de cette commune que l’erreur a, depuis lors, été rectifiée, l’arrêté en cause apparaissant bien daté du 10 février 2026. Dès lors, la requête de M. B... est manifestement irrecevable et doit, par suite, être rejetée comme telle en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et bien qu’il ait été décidé de ne pas en faire application dans la présente instance, de rappeler au requérant qu’en vertu de l’article R. 741-12 du code de justice administrative : « Le juge peut infliger à l’auteur d’une requête qu’il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ».







O R D O N N E :







Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée à la commune de Marseille.



Fait à Marseille, le 26 mars 2026.



La présidente de la 8ème chambre,


Signé


E. Felmy



La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière