Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2604837

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2604837
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, rejette la demande de M. B... visant à obtenir la délivrance d'un récépissé de séjour autorisant le travail. Le juge estime que la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas remplie, la situation invoquée perdurant depuis plus d'un mois et demi. La requête est donc rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code, sans préjudice d'autres voies de recours.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures, et d’examiner sa demande dans un délai déterminé.

Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée par sa situation personnelle et professionnelle, son récépissé ayant expiré le 3 février 2026 ;
- la carence de l’administration porte une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ». Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». En vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Il résulte de l’instruction que M. B..., de nationalité algérienne né le 19 mars 1973, était titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’au 5 août 2025, dont il a sollicité le renouvellement au mois de mai 2025. Il a été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction ayant expiré le 3 février 2026. S’il soutient que l’urgence est caractérisée par sa situation personnelle et professionnelle, ne percevant plus de ressources alors qu’il doit s’occuper de ses deux enfants, la situation dont il se prévaut perdure depuis plus d’un mois et demi à la date d’enregistrement de sa requête. Par suite et dans ces conditions, la condition d’urgence particulière mentionnée au 1. de la présente ordonnance n’est pas remplie. Il y a lieu, par conséquent, de rejeter la requête de M. B... en toutes ses conclusions en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans préjudice de l’exercice d’autres voies procédurales plus adaptées en vue de la délivrance du document provisoire de séjour sollicité.
ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône

Fait à Marseille, le 24 mars 2026.


Le juge des référés,
Signé
C. Tukov


La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier