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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2608204

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2608204

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2608204
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantRIKABI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mai 2026, Mme B... A..., représentée par Me Rikabi, demande au juge des référés, statuant en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision 28 avril 2025 par laquelle le Président du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône a procédé à la suppression de ses droits au revenu de solidarité active, a décidé la récupération, auprès de la requérante, d’un indu d’un montant de 8 243,70 euros, correspondant à un prétendu trop-perçu de RSA pour la période du 1er janvier 2024 au 31 mars 2025 ;
2°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, a procédé à la réduction du montant de l’aide personnalisée au logement de la requérante à la somme mensuelle de 36 euros ;

3°) d’enjoindre au président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône de la rétablir, à titre provisoire, dans l’intégralité de ses droits au revenu de solidarité active, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) d’enjoindre à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen des droits de la requérante à l’aide personnalisée au logement, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5 °) de mettre à la charge de l’Etat et de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- sa situation financière est précaire, étant dépourvu de toutes ressources ; son statut de réfugié caractérise une particulière vulnérabilité

il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :


Vu
La requête n°2515999 tendant à l’annulation de la décision attaquée ;
les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A... demande au juge des référés, statuant en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision 28 avril 2025 par laquelle le Président du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône a procédé à la suppression de ses droits au revenu de solidarité active, a décidé la récupération, auprès de la requérante, d’un indu d’un montant de 8 243,70 euros, correspondant à un prétendu trop-perçu de RSA pour la période du 1er janvier 2024 au 31 mars 2025, et de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, a procédé à la réduction du montant de l’aide personnalisée au logement de la requérante à la somme mensuelle de 36 euros.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. Il résulte des dispositions précitées que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte-tenu des circonstances de l’espèce.

4. Si Mme A... soutient que les décisions lui supprimant le bénéfice du RSA, lui réclamant un indu à ce titre et diminuant le montant de son APL à 36 euros, la placent dans une situation financière précaire, étant dépourvue de ressources, précarité accrue par sa particulière vulnérabilité due à son statut de réfugiée, lesdites décisions datent du 28 avril 2025, soit plus d’un an avant l’enregistrement de la présente requête. La requérante n’établit dès lors pas l’existence d’une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle.

5. Il s’ensuit que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions de l’article L 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E:


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée à la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône et au département des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 1er juillet 2026.

Le juge des référés,


signé


C. TUKOV

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière


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