Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2026, la société TBH, représentée par Me Trapé, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution des poursuites engagées par la commune de Marseille au titre des créances litigieuses relatives aux frais d’hébergement d’urgence des occupants de l’immeuble situé 18 rue des Feuillants (13001) mis à sa charge ;
2°) de suspendre les effets de la saisie administrative à tiers détenteur du 6 mars 2026 pour un montant total de 104 479 euros et toute nouvelle mesure de recouvrement jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur le recours de plein contentieux indemnitaire introduit parallèlement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l’urgence est satisfaite, dès lors que les poursuites litigieuses risquent de compromettre sa situation économique en aggravant significativement ses difficultés de trésorerie ;
- la condition tenant à l’existence de moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité et à l’imputabilité des créances litigieuses est également satisfaite, dès lors que :
* plusieurs titres de recettes concernent des périodes antérieures au 25 novembre 2024, date à laquelle elle a fait l’acquisition de l’immeuble en cause ;
* la commune de Marseille ne démontre pas la qualité d’occupants protégés ;
* des incohérences affectent la liquidation des frais ;
* des carences fautives sont imputables à la commune de Marseille dans les conditions de mise en œuvre de son pouvoir de substitution prévu par les articles L. 521-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation et dans l’imputation des frais d’hébergement des occupants de l’immeuble.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Felmy, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes du second alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière ». En application de l’article L. 522-3 de ce même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables, qui ne présentent pas un caractère d’urgence ou qui sont manifestement mal fondées.
2. Si, par la présente requête, la société TBH demande la suspension des poursuites engagées par la commune de Marseille au titre des créances litigieuses relatives aux frais d’hébergement d’urgence des occupants de l’immeuble situé 18 rue des Feuillants (13001) mis à sa charge, et en particulier la suspension des effets de la saisie administrative à tiers détenteur du 6 mars 2026 pour un montant total de 104 479 euros, elle n’a pas introduit devant le tribunal administratif de requête au fond, distincte de sa demande en référé, tendant à l’annulation de cette décision, étant précisé que le recours indemnitaire dont la copie est produite ne saurait être regardé comme une telle requête au fond. Par suite, la présente demande en référé est manifestement irrecevable et doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société TBH est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société TBH.
Copie en sera adressée à la commune de Marseille.
Fait à Marseille, le 1er juillet 2026.
La juge des référés,
Signé
E. Felmy
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,