LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2610275

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2610275

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2610275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGUEYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juin 2026, M. B... C... alias A... E..., représenté par Me Gueye, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 3 juin 2026 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l’a assigné à résidence pour une durée de 45 jours, avec obligation de se présenter une fois par jour au centre de rétention administrative du Canet, à Marseille, et lui interdisant de se déplacer hors du département dans autorisation préalable ;

2°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge du préfet la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Il soutient que :


En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
elle est entachée d’un défaut d’examen particulier ;
elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation alors que le centre de ses intérêts privés se situe en France ;
elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de pointage :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
elle est entachée d’un défaut d’examen particulier ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant assignation à résidence sur laquelle elle se fonde ;
- elle est disproportionnée alors qu’il ne dispose pas des moyens de se rendre au centre de rétention quotidiennement et que le préfet aurait pu lui imposer de se présenter dans un commissariat proche de sa résidence, seulement une fois par semaine ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de sortie du département des Bouches-du-Rhône :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales alors qu’il n’a jamais été condamné et ne représente pas une menace à l’ordre public.


Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2026, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Houvet pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d’éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu, au cours de l’audience publique, le rapport de Mme Houvet, les parties n’étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 3 juin 2026, le préfet des Bouches-du-Rhône a assigné M. B... C... alias A... E..., né le 2 juillet 2000 et de nationalité bosnienne, à résidence pour une durée de 45 jours, avec obligation de se présenter une fois par jour au centre de rétention administrative du Canet, à Marseille, et lui interdisant de se déplacer hors du département sans autorisation préalable. L’intéressé demande l’annulation de cet arrêté.

Sur la demande d’admission à l’aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d'urgence (…) l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président (…) ». Eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête, il y a lieu de prononcer l’admission provisoire du requérant à l’aide juridictionnelle.


Sur les conclusions à fin d’annulation :


3. En premier lieu, Mme D..., cheffe du bureau de l’éloignement, du contentieux et de l’asile, qui a signé l’arrêté attaqué, bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature accordée par un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er avril 2026, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l’arrêté en litige doit être écarté.


4. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui n’avait pas à faire état de l’ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle du requérant, comporte de façon suffisamment circonstanciée l’indication des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement, visant notamment les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile applicables à la situation du requérant. Dès lors, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.


5. En troisième lieu, il ne ressort d’aucune pièce du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône n’aurait pas procédé à un examen sérieux et individualisé de la situation personnelle du requérant, lequel ne mentionne d’ailleurs dans la requête aucun élément qui aurait été omis.


6. En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (…) ». Aux termes de l’article L. 733-1 de ce code : « L’étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. (…) ». Aux termes de l’article R. 733-1 de ce code : « L’autorité administrative qui a ordonné l’assignation à résidence de l’étranger (…) définit les modalités d’application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu’elle fixe dans la limite d’une présentation par jour, en précisant si l’obligation de présentation s’applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ». Les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l’encontre d’un étranger assigné à résidence, qui limitent l’exercice de sa liberté d’aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l’objectif qu’elles poursuivent, qui est de s'assurer du respect de l’interdiction faite à l’étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».


7. D’une part, si le requérant soutient qu’il vit en France depuis son enfance, cette circonstance n’est pas établie alors en tout état de cause que cet arrêté n’a pas pour objet de l’obliger à quitter le territoire français. S’il affirme que sa famille, notamment sa femme et ses deux filles qui seraient nées en France, réside en France, ainsi que ses parents, cela ne ressort d’aucune pièce du dossier. D’autre part, le requérant reconnaît dans ses écritures qu’il ne travaille pas, il ne peut donc utilement soutenir que l’obligation de se présenter au centre de rétention du Canet, à Marseille, tous les jours sauf le dimanche et les jours fériés porterait une atteinte excessive à sa vie privée, en l’absence de tout autre élément probant et dès lors que le requérant ne fait état d’aucune contrainte professionnelle ou familiale qui ferait obstacle au respect de cette obligation. La circonstance qu’il ne disposerait pas des moyens matériels ou financiers pour s’y rendre n’est pas établie, alors que ce centre se situe dans Marseille et qu’il n’établit pas que ce lieu ne serait pas accessible en transports en commun. Au regard de la situation du requérant, cette obligation de présentation quotidienne n’apparaît pas disproportionnée, alors que la plage horaire retenue lui permet de s’organiser souplement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le moyen tiré de l’erreur d’appréciation et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 733-1 et R. 733-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doivent être écartés.

8. En cinquième lieu, aux termes de l’article L. 733-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. (…) ». Aux termes de l’article L. 733-4 du même code : « L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger assigné à résidence la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1. » Aux termes de l’article R. 733-1 du même code : « L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. »


9. Il résulte de ces dispositions que la mesure d’assignation à résidence prise à l’encontre d’un étranger comporte les modalités de son exécution au nombre desquelles figurent le périmètre autorisé de circulation, la désignation du service chargé du pointage, la fréquence de pointage, la plage horaire d’interdiction de sortie de la résidence et la remise des pièces d’identité. Si ces modalités revêtent un caractère divisible de la mesure d’assignation elle-même, elles ne constituent pas des décisions distinctes de cette dernière. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer par voie d’exception, au soutien de la contestation de ces modalités, l’illégalité de la décision d’assignation à résidence.

10. En sixième lieu, l’absence de condamnation judiciaire alléguée, à la supposer établie en l’absence de production de son casier judiciaire, n’est pas de nature à démontrer l’illégalité de l’interdiction de sortir du département des Bouches-du-Rhône, alors que cette interdiction est tempérée par la possibilité qui lui est offerte de demander l’autorisation de quitter le département et étant précisé que l’arrêté attaqué ne retient pas que le requérante constituerait une menace à l’ordre public.


11. En septième lieu, si le requérant soutient que l’arrêté l’assignant à résidence comporte des conséquences d’une exceptionnelle gravité, ce qu’il n’étaye pas, ou qu’il ne connaît pas le pays dont il a la nationalité, cet arrêté n’a pas pour objet de l’obliger à quitter le territoire français.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation du requérant doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.



DECIDE :


Article 1er : M. B... C... alias A... E... est admis à l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. B... C... alias A... E... est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C... alias A... E... et au préfet des Bouches-du-Rhône


Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er juillet 2026.


La magistrate désignée,

Signé

HouvetLe greffier,

Signé

T. Marcon

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier


Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions