Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2610314
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2610314 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | PORTA |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 juin 2026, le 6 juillet 2026 et le 20 juillet 2026, Mme C... A..., représenté par Me Porta, demande au juge des référés, statuant en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner, à titre principal, à l’Office français de la biodiversité de restituer ses animaux et d’organiser le rapatriement de ceux-ci à son domicile ;
2°) d’ordonner, à titre principal, à l’Office français de la biodiversité de lui communiquer toutes les informations relatives au placement de ses animaux et particulièrement le lieu où ils sont détenus, afin de lui permettre d’exercer toutes voies de droits utiles ;
3°) d’assortir l’injonction d’un délai d’exécution d’un mois à compter de l’ordonnance à intervenir, et d’une astreinte de 250 € par jour de retard passé ce délai ;
4°) de mettre à la charge de l’office français de la biodiversité à lui verser la somme de 2400 € sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- le litige n’est en lien avec aucune procédure judiciaire ;
- les conditions d’urgence et d’utilité sont remplies.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 juin 2026 et le 9 juillet 2026, l’office français de la biodiversité, représenté par le directeur général en exercice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le litige est porté devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- le tribunal administratif de Marseille n’est pas compétent territorialement ;
- l’urgence n’est pas caractérisée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la compétence de la juridiction administrative :
1. Il résulte de l’instruction que, le 18 novembre 2022, Mme A... a été constituée gardienne de trois chats de race Savannah à son domicile à Rognes (13840), par un procès-verbal de saisie réalisé par des agents de l’office français de la biodiversité, sur instruction du vice-procureur de la République du tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence. Il est constant que, postérieurement à cette décision judiciaire, des agents de l’office français de la biodiversité (OFB) ont procédé à la saisie des animaux le 14 janvier 2023, au motif que Mme A... n’aurait disposé ni d’une autorisation de détention des animaux, ni d’un enclos homologué. Il résulte de l’instruction et notamment des échanges entre le parquet du tribunal judiciaire d’Aix en Provence qu’il n’existe aucune procédure judiciaire en lien avec la saisie pratiquée le 14 janvier 2023 ou avec la détention des animaux saisis sous l’autorité de l’OFB. Par suite le présent litige tendant à faire cesser la détention par l’OFB des animaux relève de la juridiction administrative. L’exception d’incompétence de cet ordre de juridiction doit être écarté.
Sur la compétence territoriale :
2. Aux termes de l’article R. 312-8 du code de justice administrative que « les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions ». Il résulte de l’instruction que le présent litige relatif à la décision administrative du 14 janvier 2023 de saisir les animaux de la requérante, alors domiciliée dans le département des Bouches-du-Rhône ressortissant à la compétence du tribunal administratif de Marseille. L’exception d’incompétence territoriale doit être écartée.
Sur le bien-fondé de la requête :
3. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative » ; aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais » ; aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.» ;
4. Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d’urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c’est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu’elles ne fassent pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
5. Il résulte de l’instruction que l’un des trois animaux saisis par l’OFB est décédé et que cet organisme n’a répondu aux demandes de la requérante tendant à l’obtention d’information sur les conditions dans lesquelles sont détenus et soignés les deux animaux. Dans ces conditions, compte-tenu des inquiétudes légitimes de la requérante sur la qualité des soins dispensés à ses animaux et de l’intérêt pour elle à pouvoir accueillir à nouveau ses animaux dans ses installations ayant fait l’objet d’une autorisation du préfet de la Haute-Corse pour l’élevage non professionnel de chats Savannah, les conditions d’urgence et d’utilité doivent être regardées comme remplies.
En ce qui concerne la mesure tendant à la restitution des chats Savannah :
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 1 que la détention des chats Savannah appartenant à la requérante ne trouve son fondement dans aucune procédure judiciaire. Il résulte en revanche de l’instruction que la détention trouve son fondement dans la décision du 14 janvier 2023, par laquelle les agents de l’OFB ont décidé de saisir les animaux et de les placer en détention. Par suite, cette décision, fût-elle dépourvue de tout fondement légal, constitue une décision administrative à laquelle la mesure tendant à la restitution des chats Savannah, demandée par la requérante, tend à faire obstacle. Par suite, il appartient à la requérante, si elle s’y estime fondée, de contester la légalité de cette décision, en formant un recours pour excès de pouvoir et en l’assortissant, le cas échéant, d’un recours en référé suspension. En revanche, la demande tendant à la restitution des chats Savannah tend à faire obstacle à une décision administrative et doit être rejetée.
En ce qui concerne la mesure tendant à la communication des informations relatives au placement des chats Savannah :
7. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent, que la décision de placement en détention et par suite la décision de maintenir les chats en détention ne trouvent leur fondement dans aucune base légale. Ainsi et compte tenu de l’urgence de la situation caractérisée au point 5, la demande de l’intéressée tendant à ce que lui soient communiquées les informations relatives au lieu et aux conditions de détention de ses chats vise à permettre à la requérante d’apprécier l’opportunité de mener des actions pour garantir la survie et le bien-être des animaux et pour en obtenir la restitution des animaux. Par suite, cette demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et revêt un caractère utile. Il y a dès lors lieu d’enjoindre à l’OFB de communiquer à Mme A... les informations relatives au lieu et aux conditions de détention de ses chats, dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les conclusions relatives aux frais d’avocat :
8. Dans les circonstances de l’espèce il y a lieu de mettre à la charge de l’OFB le versement à Mme A... de la somme de 2000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à l’OFB de communiquer à Mme A..., résidant 11 Stradella di San Petru, lieu-dit A Menta, à Poggio d’Oletta (20232), les informations relatives aux conditions et au lieu de rétention de ses chats Savannah dans le délai de sept jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 2 : L’office français de la biodiversité versera à Mme A... la somme de 2000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A..., et à l’office français de la biodiversité.
Fait à Marseille, le 3 août 2026
Le juge des référés,
Signé
Jean-Marie B...
La République mande et ordonne au ministre chargé de l’environnement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière,
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 juin 2026, le 6 juillet 2026 et le 20 juillet 2026, Mme C... A..., représenté par Me Porta, demande au juge des référés, statuant en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner, à titre principal, à l’Office français de la biodiversité de restituer ses animaux et d’organiser le rapatriement de ceux-ci à son domicile ;
2°) d’ordonner, à titre principal, à l’Office français de la biodiversité de lui communiquer toutes les informations relatives au placement de ses animaux et particulièrement le lieu où ils sont détenus, afin de lui permettre d’exercer toutes voies de droits utiles ;
3°) d’assortir l’injonction d’un délai d’exécution d’un mois à compter de l’ordonnance à intervenir, et d’une astreinte de 250 € par jour de retard passé ce délai ;
4°) de mettre à la charge de l’office français de la biodiversité à lui verser la somme de 2400 € sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- le litige n’est en lien avec aucune procédure judiciaire ;
- les conditions d’urgence et d’utilité sont remplies.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 juin 2026 et le 9 juillet 2026, l’office français de la biodiversité, représenté par le directeur général en exercice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le litige est porté devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- le tribunal administratif de Marseille n’est pas compétent territorialement ;
- l’urgence n’est pas caractérisée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la compétence de la juridiction administrative :
1. Il résulte de l’instruction que, le 18 novembre 2022, Mme A... a été constituée gardienne de trois chats de race Savannah à son domicile à Rognes (13840), par un procès-verbal de saisie réalisé par des agents de l’office français de la biodiversité, sur instruction du vice-procureur de la République du tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence. Il est constant que, postérieurement à cette décision judiciaire, des agents de l’office français de la biodiversité (OFB) ont procédé à la saisie des animaux le 14 janvier 2023, au motif que Mme A... n’aurait disposé ni d’une autorisation de détention des animaux, ni d’un enclos homologué. Il résulte de l’instruction et notamment des échanges entre le parquet du tribunal judiciaire d’Aix en Provence qu’il n’existe aucune procédure judiciaire en lien avec la saisie pratiquée le 14 janvier 2023 ou avec la détention des animaux saisis sous l’autorité de l’OFB. Par suite le présent litige tendant à faire cesser la détention par l’OFB des animaux relève de la juridiction administrative. L’exception d’incompétence de cet ordre de juridiction doit être écarté.
Sur la compétence territoriale :
2. Aux termes de l’article R. 312-8 du code de justice administrative que « les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions ». Il résulte de l’instruction que le présent litige relatif à la décision administrative du 14 janvier 2023 de saisir les animaux de la requérante, alors domiciliée dans le département des Bouches-du-Rhône ressortissant à la compétence du tribunal administratif de Marseille. L’exception d’incompétence territoriale doit être écartée.
Sur le bien-fondé de la requête :
3. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative » ; aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais » ; aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.» ;
4. Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d’urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c’est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu’elles ne fassent pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
5. Il résulte de l’instruction que l’un des trois animaux saisis par l’OFB est décédé et que cet organisme n’a répondu aux demandes de la requérante tendant à l’obtention d’information sur les conditions dans lesquelles sont détenus et soignés les deux animaux. Dans ces conditions, compte-tenu des inquiétudes légitimes de la requérante sur la qualité des soins dispensés à ses animaux et de l’intérêt pour elle à pouvoir accueillir à nouveau ses animaux dans ses installations ayant fait l’objet d’une autorisation du préfet de la Haute-Corse pour l’élevage non professionnel de chats Savannah, les conditions d’urgence et d’utilité doivent être regardées comme remplies.
En ce qui concerne la mesure tendant à la restitution des chats Savannah :
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 1 que la détention des chats Savannah appartenant à la requérante ne trouve son fondement dans aucune procédure judiciaire. Il résulte en revanche de l’instruction que la détention trouve son fondement dans la décision du 14 janvier 2023, par laquelle les agents de l’OFB ont décidé de saisir les animaux et de les placer en détention. Par suite, cette décision, fût-elle dépourvue de tout fondement légal, constitue une décision administrative à laquelle la mesure tendant à la restitution des chats Savannah, demandée par la requérante, tend à faire obstacle. Par suite, il appartient à la requérante, si elle s’y estime fondée, de contester la légalité de cette décision, en formant un recours pour excès de pouvoir et en l’assortissant, le cas échéant, d’un recours en référé suspension. En revanche, la demande tendant à la restitution des chats Savannah tend à faire obstacle à une décision administrative et doit être rejetée.
En ce qui concerne la mesure tendant à la communication des informations relatives au placement des chats Savannah :
7. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent, que la décision de placement en détention et par suite la décision de maintenir les chats en détention ne trouvent leur fondement dans aucune base légale. Ainsi et compte tenu de l’urgence de la situation caractérisée au point 5, la demande de l’intéressée tendant à ce que lui soient communiquées les informations relatives au lieu et aux conditions de détention de ses chats vise à permettre à la requérante d’apprécier l’opportunité de mener des actions pour garantir la survie et le bien-être des animaux et pour en obtenir la restitution des animaux. Par suite, cette demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et revêt un caractère utile. Il y a dès lors lieu d’enjoindre à l’OFB de communiquer à Mme A... les informations relatives au lieu et aux conditions de détention de ses chats, dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les conclusions relatives aux frais d’avocat :
8. Dans les circonstances de l’espèce il y a lieu de mettre à la charge de l’OFB le versement à Mme A... de la somme de 2000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à l’OFB de communiquer à Mme A..., résidant 11 Stradella di San Petru, lieu-dit A Menta, à Poggio d’Oletta (20232), les informations relatives aux conditions et au lieu de rétention de ses chats Savannah dans le délai de sept jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 2 : L’office français de la biodiversité versera à Mme A... la somme de 2000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A..., et à l’office français de la biodiversité.
Fait à Marseille, le 3 août 2026
Le juge des référés,
Signé
Jean-Marie B...
La République mande et ordonne au ministre chargé de l’environnement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière,
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