Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au greffe du tribunal le 15 juin 2026 sous le n° 2610550, M. B... A..., de nationalité gambienne, ayant pour avocat Me Merienne, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de liquider l’astreinte prononcée par le juge des référés du tribunal administratif de Marseille par ordonnance n° 2604959 du 8 avril 2026 ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône, qui n’a pas formé d’observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Brossier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
A été entendu au cours de l’audience publique du 1er juillet 2026 en présence de Mme Ibram, greffière, le rapport de M. Brossier, juge des référés, en l’absence des parties.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par ordonnance n° 2604959 du 8 avril 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône, de délivrer à M. A..., à titre provisoire, dans l’attente du jugement au fond, une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer sans délai, dans cette attente, un document provisoire de séjour l’autorisant à travailler. Cette ordonnance a été notifiée au préfet des Bouches-du-Rhône le 13 avril 2026. M. A... saisit le tribunal d’une demande de liquidation de cette astreinte.
Sur les conclusions aux fins de liquidation :
2. Aux termes de l’article L. 911-6 du code de justice administrative : « L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article L. 911-7 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution totale ou partielle ou d’exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l’astreinte qu’elle avait prononcée. Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ».
3. À la date de la présente ordonnance, le préfet des Bouches-du-Rhône n’a pas communiqué au greffe du tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter l’ordonnance du 8 avril 2026. Le préfet doit être, par suite, regardé comme n’ayant pas, à la date de la présente ordonnance, exécuté cette ordonnance, ainsi que le fait d’ailleurs valoir M. A.... Le délai d’exécution expirait le 13 mai 2026.
4. Il y a lieu, dès lors, de procéder au bénéfice de M. A... à la liquidation provisoire de l’astreinte pour la période courant du 14 mai 2026 inclus au 1er juillet 2026 inclus, au taux de 50 euros par jour, soit 2450 euros.
Sur les frais liés au litige :
5. Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation. ».
6. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête formées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : L’État est condamné à verser à M. A... la somme de 2450 euros, au titre de la liquidation provisoire de l’astreinte en cause, pour la période courant du 14 mai 2026 inclus au 1er juillet 2026 inclus.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2610550 de M. A... est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Merienne, et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône et au ministère public près la Cour des comptes.
Fait à Marseille, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
signé
J.B. BROSSIER
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,