Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 et 20 juin 2026, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 12 juin 2026 par laquelle la directrice territoriale de l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) l’a orientée, dans le cadre des conditions matérielles d’accueil, vers la structure d’hébergement « HUDA ADOMA Vaucluse » située à Avignon ;
2°) d’enjoindre à l’OFII de ne pas considérer son désaccord motivé comme un refus d’hébergement ;
3°) d’enjoindre à l’OFII de maintenir, dans l’attente du jugement au fond, ses conditions matérielles d’accueil et son accès à un hébergement ; d’enjoindre à l’OFII de réexaminer sans délai et de manière complète sa situation et d’examiner la possibilité de maintenir son hébergement actuel ou de lui proposer une solution d’hébergement à Briançon, dans le département des Hautes-Alpes ou à proximité raisonnable de Briançon et de Gap.
Vu :
- la requête n° 2610929 tendant à l’annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Trébuchet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante russe ayant demandé l’asile le 16 décembre 2024 et dont la qualité de réfugiée a été reconnue par une décision de la cour nationale du droit d’asile (CNDA) du 20 mai 2026, a bénéficié d’un hébergement au centre d’accueil des demandeurs d’asile Nord à Briançon à compter du 14 octobre 2024. En raison de violences conjugales, pour lesquelles elle a déposé plainte le 11 juin 2026, elle a sollicité auprès de l’OFII une séparation physique avec son conjoint et, par une décision du 12 juin 2026, la directrice territoriale de l’OFII a décidé de l’orienter vers la structure d’hébergement « HUDA ADOMA Vaucluse » à Avignon et lui a indiqué qu’elle était tenue de s’y présenter le 15 juin 2026. Mme B... demande au juge des référés de suspendre cette décision sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. Aux termes de l’article L. 555-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les décisions qui refusent, totalement ou partiellement, au demandeur d'asile le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou qui y mettent fin, totalement ou partiellement, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article
L. 921-1. »
4. Par sa décision du 12 juin 2026, la directrice territoriale de l’OFII a décidé d’orienter Mme B... vers la structure d’hébergement « HUDA ADOMA Vaucluse » située à Avignon, alors qu’elle était auparavant hébergée au centre d’accueil pour demandeur d’asile (CADA) Nord à Briançon, lui a indiqué qu’elle était tenue de s’y présenter le 15 juin 2026 et l’a informée de ce que la non-présentation au centre d’hébergement dans un délai de cinq jours pourra entraîner la cessation du bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Cette décision, qui met fin à l’hébergement dont elle bénéficiait à Briançon, doit être considérée comme entrant dans le champ des dispositions de l’article L. 555-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Elle relève, par conséquent, de la procédure prévue à l’article L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Cette procédure particulière, qui présente des garanties au moins équivalentes à celles des procédures régies par le livre V du code de justice administrative, eu égard aux pouvoirs confiés au juge par les dispositions de l’article L. 555-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, des délais qui lui sont impartis pour se prononcer et des conditions de son intervention, est exclusive de celles prévues par le livre V du code de justice administrative, en particulier la procédure de référé suspension. Il en résulte que les conclusions à fin de suspension de la requérante sont irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B...
Copie en sera adressée à l’Office français de l’immigration et de l’intégration
Fait à Marseille, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
signé
G. TREBUCHET
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière