Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2611282

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2611282
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCARMIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juin 2026, Mme B... A..., représentée par Me Carmier, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre à l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l’exécution de la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 18 juin 2026 portant clôture de demande de délivrance de document de circulation pour mineurs pour ses trois enfants ;

3°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à titre provisoire lesdits documents, à défaut de procéder au réexamen de la demande ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’elle porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle et celle de ses enfants, qu’un voyage familial est prévu en Tunisie à partir du 11 juillet 2026.
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :
1. Mme B... A..., ressortissante tunisienne, a présenté une demande de documents pour étrangers mineurs au bénéfice de ses trois enfants en dernier lieu le 18 juin 2026. Elle demande la suspension de l’exécution de la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 18 juin 2026 portant clôture de demande.

Sur la demande présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». L’article L. 522-3 de ce code précise que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, et, l’urgence s’appréciant objectivement, compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l’urgence, la requérante fait notamment valoir qu’un voyage familial est prévu en Tunisie à partir du 11 juillet 2026, et qu’en raison d’un système de fraude généralisée, les délais de prise de rendez-vous consulaire en vue d’obtenir un visa-retour pour les enfants, une fois sur place, ont considérablement augmenté. Toutefois, ces éléments, anticipant des difficultés non encore survenues, ne permettent de remplir la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A... aux fins de suspension et d’injonction doivent être rejetées par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent également être rejetées, sans qu’il y ait lieu d’admettre la requérante au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône


Fait à Marseille, le 3 aout 2026.


Le juge des référés,


signé

C. TUKOV

La République mande et ordonne au Ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P. La greffière en chef,
La greffière,