Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2026, la société Ambulances Boréales, représentée par Me Vivien, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du 28 avril 2026 du directeur général de l’Agence régionale de santé Provence-Alpes Côte d’Azur portant retrait de trois autorisations de mise en service de véhicule sanitaire hors quota qui lui avaient été délivrées (agrément n° 13-460) dans le département des Bouches-du-Rhône ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors que la décision contestée risque de provoquer des conséquences d’une gravité particulière sur sa situation financière ainsi qu’en atteste l’expert-comptable ; la décision contestée porte sur 3 véhicules sur 4 de sa flotte et sera applicable au 1er novembre 2026 ; en outre, les chiffres retenus par l’Agence régionale de santé sont contestables ; il existe une situation de carence et le retrait des autorisations de mise en service porterait manifestement atteinte à l’intérêt public lié à l’exercice de l’aide médicale urgente ;
- s’agissant de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- elle est entachée d’incompétence ;
- elle méconnaît l’obligation de motivation ;
- elle méconnaît la procédure contradictoire ;
- elle est entachée d’erreurs de droit ;
- l’Agence régionale de santé a appliqué un régime de sanction à des faits qui n’en relèvent pas et a, ainsi, appliqué des dispositions en dehors de leur champ d’application matériel ;
- l’Agence régionale de santé ne pouvait abroger une décision créatrice de droits ;
- la décision contestée repose sur des faits qui sont matériellement inexacts ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.
Vu :
- la requête n° 2611515 tendant à l’annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste au vu de la demande que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
2. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.
3. Pour justifier de l’urgence, la société Ambulances Boréales fait valoir que la décision contestée risque de provoquer des conséquences d’une gravité particulière sur sa situation financière dès lors qu’elle porte sur 3 véhicules sur 4 de sa flotte. Toutefois, alors au demeurant que la date de prise d’effet du « retrait des autorisations de mise en service » est fixée au 1er novembre 2026, si la société requérante produit une attestation de son expert-comptable, non datée, qui fait état d’une dégradation prévisible de sa trésorerie compte tenu de l’analyse des comptes annuels arrêtés au 30 juin 2025, cette attestation n’est pas assortie de documents financiers plus récents permettant d’établir que la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par ailleurs, la société Ambulances Boréales n’établit pas que « le retrait des autorisations de mise en service » porte atteinte à l’intérêt public lié à l’exercice de l’aide médicale urgente. Dans ces conditions, la condition d’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être considérée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Ambulances Boréales doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Ambulances Boréales est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Ambulances Boréales.
Copie en sera adressée à l’Agence régionale de santé Provence-Alpes Côte d’Azur.
Fait à Marseille, le 1er juillet 2026.
La juge des référés,
signé
S. CAROTENUTO
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,