Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2614053

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2614053
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCANDAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 août 2026, M. C... A..., représenté par Me Candar, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article
L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des
Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa demande dans un délai d’un mois à compter de l’ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans un délai de sept jours, une attestation l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée ; il justifie d’une promesse d’embauche ferme datée du
7 juillet 2026, il n’a reçu aucun récépissé de demande ou attestation de prolongation d’instruction et, en l’absence de ressources propres, la charge financière du foyer pèse sur son épouse alors que les époux sont engagés depuis 2023 dans un parcours d’assistance médicale à la procréation par fécondation in vitro ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors qu’elle est dépourvue de motivation, qu’elle méconnaît l’article L. 423-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2614056 tendant à l’annulation de la décision contestée.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B..., vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre donnant droit au séjour, comme d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. M. A..., ressortissant algérien, a sollicité le 8 août 2025 la délivrance d’un titre de séjour en qualité d’époux d’une ressortissante française. Pour justifier de l’urgence à suspendre la décision implicite par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande, il fait valoir, alors qu’aucun document provisoire de séjour ne lui a été délivré, qu’il bénéficie d’une promesse d’embauche pour un contrat de travail à durée indéterminée à compter du 1er septembre 2026 et que pèsent sur son épouse les charges du foyer. Ce faisant, M. A..., qui ne précise d’ailleurs pas les ressources de son foyer, ne justifie d’aucune circonstance particulière nécessitant de bénéficier à bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Par suite, la condition d’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.







O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A....

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.


Fait à Marseille, le 3 août 2026.


La juge des référés,

Signé

S. B...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,