Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2615374

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2615374
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28, 30 et 31 août 2026, M. A... C... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre aux autorités compétentes de mettre en œuvre les mesures nécessaires à l’évacuation humanitaire de son épouse, Mme E... B..., hors de Gaza et de délivrer à celle-ci un document d’entrée sur le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la décision du 1er juillet 2024 du président du tribunal désignant M. D... pour exercer les fonctions de juge des référés prévues au livre V du code de justice administrative.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. M. C..., ressortissant français, déclare avoir épousé par procuration Mme B..., Palestinienne, se trouvant dans la bande de Gaza. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nantes a refusé la transcription du mariage de Mme B... et de M. C... sur les registres de l’état civil français, au motif que le mariage a été célébré par procuration de l’époux, absent en raison de la situation prévalant dans la bande de Gaza. M. C... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre aux autorités compétentes de mettre en œuvre les mesures nécessaires à l’évacuation humanitaire de son épouse hors de Gaza et de délivrer à celle-ci un document d’entrée sur le territoire français.

3. En premier lieu, la mise en œuvre, par les autorités françaises, des mesures tendant à permettre à Mme B... de sortir de la bande de Gaza passe par l’inscription de son nom sur des listes des personnes à évacuer qui doivent être remises aux autorités israéliennes et égyptiennes afin que celles-ci les valident. Ces démarches, qui nécessitent l’engagement de négociations avec des gouvernements étrangers ou sont indissociables d’elles, mettent ainsi en cause les rapports entre l’État français et ces autorités et ne sont donc pas détachables de l'exercice des pouvoirs du Gouvernement dans la conduite des relations diplomatiques. En conséquence, la juridiction administrative n’est pas compétente pour connaître des conclusions présentées par M. C..., se disant époux de Mme B..., tendant à ce qu’il soit enjoint à l’État français de mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition pour permettre à celle-ci d’évacuer la bande de Gaza, notamment en inscrivant son nom sur la liste des personnes à évacuer et en remettant cette liste aux autorités étrangères concernées. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

4. En second lieu, il n’est pas établi ni même allégué que la seule détention d’un laissez-passer consulaire ou d’un visa à destination de la France permettrait par elle-même l’évacuation de Mme B... de la bande de Gaza ni qu’elle serait de nature à permettre d’accroître les chances de validation par les autorités étrangères concernées de l’inscription du nom de l’intéressée sur une liste des personnes à évacuer. Il ne ressort ainsi pas de la requête non plus que des pièces qui y sont jointes qu’une atteinte grave et manifestement illégale aurait été portée à une liberté fondamentale.

5. Il résulte de ce qui précède, alors au demeurant qu’aucune disposition du code de justice administrative ne donne compétence territoriale au tribunal administratif de Marseille pour connaître des conclusions présentées par M. C..., que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.







ORDONNE







Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C....


Fait à Marseille, le 1er septembre 2026.

Le juge des référés,
Signé
T. D...


La République mande et ordonne au ministre de l’Europe et des affaires étrangères en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
La greffière,