Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2026, M. B... A..., représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés de suspendre l’exécution de l’arrêté du 3 juin 2026 par lequel le sous-préfet de Dunkerque a prononcé une autorisation de conduire restreinte aux seuls véhicules équipés d’un dispositif homologué d’éthylotest anti-démarrage (EAD) installé par un professionnel agréé, pour une durée de six mois.
Il soutient que :
Sur l’urgence :
- la détention d’un permis de conduire est indispensable à l’exercice de son activité professionnelle ;
- aucun mode de transport alternatif, y compris les transports en commun, n’est matériellement compatible avec les contraintes opérationnelles qui s’imposent à lui.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
- il appartient à l’administration de justifier que l’auteur de l’acte disposait d’une délégation de signature régulièrement publiée ;
- l’arrêté attaqué n’est pas suffisamment motivé ;
- le préfet a commis une erreur d’appréciation au regard de l’article L. 224-2 du code de la route ;
- la situation d’urgence n’étant pas caractérisée, le préfet aurait dû respecter une procédure contradictoire préalable en l’informant de son intention de prendre la mesure en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Cheylan, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre, qu’il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. La condition d’urgence s’apprécie objectivement et globalement au regard de l’intérêt du demandeur mais aussi de l’intérêt public et notamment, s’agissant d’une décision d’invalidation ou de suspension d’un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
3. Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de l’arrêté préfectoral en litige, le requérant expose que la détention d’un permis de conduire est indispensable à l’exercice de son activité professionnelle et qu’aucun mode de transport alternatif, y compris les transports en commun, n’est matériellement compatible avec les contraintes opérationnelles qui s’imposent à lui. Toutefois, contrairement à ce qu’écrit le requérant, l’arrêté préfectoral du 3 juin 2026 joint à sa requête n’a pas pour objet de suspendre son permis de conduire mais d’accorder une autorisation de conduire restreinte aux seuls véhicules équipés d’un dispositif homologué d’éthylotest anti-démarrage installé par un professionnel agréé, pour une durée de six mois. Cette autorisation de conduite restreinte a été prise en raison d’une mesure de rétention de son permis de conduire, qui a été prononcée le 2 juin 2026 à la suite d’un contrôle d’alcoolémie révélant un taux d’alcool de 0,46 mg/l. Ainsi, le requérant a contribué à la situation d’urgence qu’il invoque. En outre, compte tenu de la gravité de l’infraction commise, les circonstances invoquées doivent céder devant les exigences de protection de la sécurité routière établies en faveur de l’intérêt général. Dès lors, la condition d’urgence, qui doit s’apprécier objectivement et globalement, ne peut pas être considérée comme remplie. Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Caen, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
Signé
F. CHEYLAN
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. LEGRAND