Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a suspendu l'exécution de l'arrêté du 24 mars 2025 par lequel le maire d'Olmiccia n'avait pas fait opposition à une déclaration préalable de division d'un terrain en deux lots à bâtir. Saisi par le préfet de la Corse-du-Sud sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, le juge a estimé que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme était, en l'état, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. En effet, le projet prévoyait la création de deux accès alors que l'avis de la collectivité de Corse n'en autorisait qu'un seul, ce qui le soumettait à un permis d'aménager. La suspension a donc été ordonnée.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 28 janvier 2026, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 24 mars 2025 par lequel le maire de la commune d’Olmiccia n’a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par M. B... A..., en vue d’autoriser la division d’un terrain en deux lots en vue de construire, situé lieu-dit « Corbori », parcelle cadastrée A 148.
Il soutient que la décision attaquée méconnait les dispositions de l’article R. 421-19 du code de l’urbanisme dès lors qu’en l’espèce, le projet en litige prévoit la création d’un accès pour chaque lot, la collectivité de Corse n’ayant dans son avis favorable, autorisé qu’un seul accès ; par suite, ce projet était soumis à un permis d’aménager.
Le déféré a été communiqué à la commune d’Olmiccia et à M. B... A... qui n’ont pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2600163 tendant à l’annulation de l’arrêté du 24 mars 2025 du maire de la commune d’Olmiccia.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Saffour, greffière d’audience.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 24 mars 2025 par lequel le maire de la commune d’Olmiccia n’a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par M. B... A..., en vue d’autoriser la division d’un terrain en deux lots en vue de construire, situé lieu-dit « Corbori », parcelle cadastrée A 148.
2. Aux termes de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l’article L. 554-1 du code de justice administrative : « Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / (…) / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. (…) »
3. En l’état de l’instruction, le moyen soulevé est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 24 mars 2025 du maire de la commune d’Olmiccia.
ORDONNE :
Article 1er : L’exécution de l’arrêté du 24 mars 2025 du maire de la commune d’Olmiccia est suspendue.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Olmiccia et à M. B... A....
Fait à Bastia, le 19 février 2026.
La juge des référés, La greffière,
signé signé
Baux R. Saffour
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,