Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a suspendu l'exécution d'un permis de construire délivré par le maire de Vico pour une maison individuelle avec piscine. Cette suspension a été ordonnée à la demande du préfet de la Corse-du-Sud, sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés de la méconnaissance des articles L. 121-8 et L. 121-16 du code de l'urbanisme, étaient de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'acte. Le terrain d'assiette du projet est situé dans un espace non urbanisé et au sein d'espaces naturels délimités par le plan d'aménagement et de développement durable de Corse (PADDUC).
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 4 février 2026, le préfet de la Corse-du-Sud demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 11 août 2025 par lequel le maire de Vico a délivré un permis de construire à M. C... A... pour la construction d’une maison individuelle avec piscine, sur un terrain cadastré section A n° 1236 situé lotissement A Torra.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l’article L. 121-8 du code de l’urbanisme, telles que précisées par le plan d’aménagement et de développement durable de Corse (PADDUC), le terrain d’assiette du projet étant inclus dans un espace non urbanisé de la commune ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l’article L. 121-16 du code de l’urbanisme, telles que précisées par le PADDUC ;
- le terrain d’assiette du projet se situe au sein des espaces naturels, sylvicoles et pastoraux délimités par le PADDUC.
Le déféré a été communiqué à la commune de Vico et à M. A... qui n’ont pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2600207 tendant à l’annulation de l’arrêté du 11 août 2025 du maire de Vico.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de Mme B....
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de la Corse-du-Sud demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 11 août 2025 par lequel le maire de Vico a délivré un permis de construire à M. A... pour la construction d’une maison individuelle avec piscine, sur un terrain cadastré section A n° 1236 situé lotissement A Torra.
2. Aux termes de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l’article L. 554-1 du code de justice administrative : « Le représentant de l’Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l’article L. 2131-2 qu’il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / (…) / Le représentant de l’Etat peut assortir son recours d’une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l’un des moyens invoqués paraît, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’acte attaqué. Il est statué dans un délai d’un mois. / Jusqu’à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d’urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l’Etat dans les dix jours à compter de la réception de l’acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d’un délai d’un mois à compter de la réception, si le juge des référés n’a pas statué, l’acte redevient exécutoire. (…) ».
3. En l’état de l’instruction, les moyens invoqués par le préfet de la Corse-du-Sud à l’appui de sa demande de suspension tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-16 du code de l’urbanisme sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 11 août 2025 du maire de Vico.
ORDONNE :
Article 1er : L’exécution de l’arrêté du 11 août 2025 du maire de Vico est suspendue.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Vico et à M. C... A....
Copie en sera transmise à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche et au procureur de la République près le tribunal judiciaire d’Ajaccio.
Fait à Bastia, le 27 février 2026.
La juge des référés,
Signé
C. B...
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Une greffière,