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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2600387

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2600387

jeudi 19 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2600387
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a suspendu l'exécution d'un permis de construire délivré par le maire d'Aleria. Le juge a estimé que les moyens soulevés par le préfet, concernant une méconnaissance du règlement du plan local d'urbanisme (article A2) et une violation de la procédure d'archéologie préventive (article R. 425-31 du code de l'urbanisme), créaient un doute sérieux sur la légalité de l'acte. La suspension a été ordonnée sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 27 février 2026, le préfet de la Haute-Corse demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 24 octobre 2025 par lequel le maire d’Aleria a délivré un permis de construire à M. B... E... pour l’extension d’une maison individuelle et l’installation d’une pergola sur terrasse existante, sur la parcelle cadastrée section AB n° 99, située lieudit Fontanone.

Il soutient que :
- l’arrêté attaqué méconnaît l’article A2 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune qui, dans son point 1. n’autorise les constructions à usage d’habitation qu’à la condition qu’elles soient directement nécessaires à l’activité d’une exploitation ou d’un groupement d’exploitations agricoles, ce qui n’est pas le cas en l’espèce, et qui, dans son point 2. autorise les travaux confortatifs des constructions d’habitation existantes à condition que les travaux n’entraînent pas un accroissement de la surface de plancher, alors que le projet porte sur la création de 24 m² de surface de plancher ;
- il méconnaît les dispositions de l’article R. 425-31 du code de l’urbanisme, dès lors que, le projet se situant en zone de présomption de prescription d’archéologie préventive, l’avis du service de l’archéologie préventive de la direction régionale des affaires culturelles aurait dû être sollicité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2026, la commune d’Aleria conclut au rejet du déféré.

Elle soutient que les moyens soulevés par le préfet de la Haute-Corse ne sont pas fondés.

Le déféré a été communiqué à M. E... qui n’a pas produit de mémoire.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2600386 tendant à l’annulation de l’arrêté du 24 octobre 2025 du maire d’Aleria.



Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme C...,
- et les observations de Mme A..., représentant le préfet de la Haute-Corse, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens, ainsi que les observations de M. D..., représentant la commune d’Aleria, qui maintient ses conclusions tendant au rejet du déféré.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de la Haute-Corse demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 24 octobre 2025 par lequel le maire d’Aleria a délivré un permis de construire à M. E... pour l’extension d’une maison individuelle et l’installation d’une pergola sur terrasse existante, sur la parcelle cadastrée section AB n° 99, située lieudit Fontanone.

2. Aux termes de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l’article L. 554-1 du code de justice administrative : « Le représentant de l’Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l’article L. 2131-2 qu’il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / (…) / Le représentant de l’Etat peut assortir son recours d’une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l’un des moyens invoqués paraît, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’acte attaqué. Il est statué dans un délai d’un mois. / Jusqu’à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d’urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l’Etat dans les dix jours à compter de la réception de l’acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d’un délai d’un mois à compter de la réception, si le juge des référés n’a pas statué, l’acte redevient exécutoire. (…) ».

3. En l’état de l’instruction, les moyens invoqués par le préfet de la Haute-Corse à l’appui de sa demande de suspension, tirés de la méconnaissance de l’article A2 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune et de l’article R. 425-31 du code de l’urbanisme, sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 24 octobre 2025 du maire d’Aleria.




ORDONNE :


Article 1er : L’exécution de l’arrêté du 24 octobre 2025 du maire d’Aleria est suspendue.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Haute-Corse, à la commune d’Aleria et à M. B... E....

Copie en sera adressée à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.


Fait à Bastia, le 19 mars 2026.


La juge des référés,


Signé

C. C...

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Un greffier,

Signé


A. Sapet


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