Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2600732
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2600732 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS DE ANGELIS-SEMIDEI-VUILLQUEZ |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 avril et 15 juin 2026, la commune de Sari-Solenzara, représentée par Me Thibaudeau, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert à l’effet de déterminer les causes et les responsabilités des désordres qui affectent le port de plaisance à la suite des travaux de redéploiement engagés en novembre 2021 et d’indiquer la nature, le coût et la durée des travaux nécessaires pour remédier aux causes des désordres.
Elle soutient que :
- elle a entrepris en 2021 une opération de construction s’inscrivant dans le cadre de travaux de redéploiement de son port de plaisance ;
- le maître d’œuvre a organisé les opérations préalables à la réception le 5 juillet 2023, faisant état de nombreuses réserves d’ordre général et concernant les pontons ;
- outre les réserves à lever, il a été constaté l’apparition de nombreux désordres et dysfonctionnements, après quelques semaines d’utilisation ;
- elle subit actuellement un préjudice considérable du fait des nombreux désordres, outre la dangerosité avérée des équipements qui présentent un risque important pour la sécurité des usagers et tiers ;
- une mesure d’expertise est utile pour déterminer les causes et les responsabilités des désordres qui affectent le port de plaisance et déterminer les travaux de nature à y remédier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2026, la SAS Etude Conception Réalisation (ECR) doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2026, la société anonyme de droit monégasque Travaux maritimes et sous-marins de Monaco, représentée par Me Faccendini, demande sa mise hors de cause.
Elle soutient que les travaux qui lui ont été confiés et qu’elle a réalisés n’ont donné lieu à aucune réserve et n’ont généré aucun désordre.
Par des mémoires en défense, enregistré les 29 avril et 4 juin 2026, la SAS Nova Nautic, représentée par Me Lentilhac, ne s’oppose pas à la mesure d’expertise sollicitée, demande que la mission de l’expert soit complétée et que soit rejetée la demande de mise hors de cause des compagnies MMA IARD et MMA IARD Assurances Mutuelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2026, la SA MAAF Assurances, prise en sa qualité d’assureur de la SAS EGTP, représentée par Me Finalteri, ne s’oppose pas à la mesure d’expertise sollicitée et demande que la mission de l’expert soit complétée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2026, la SAS Qualiconsult, représentée par la SCP Raffin & Associés, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2026, la société Axa France Iard, agissant en qualité d’assureur de la société Terraco, représentée par Me Savelli, déclare ne pas s’opposer à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2026, la SAS Rocca E Terra, représentée par Me Bergant, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2026, la SARL Travaux maritimes internationaux, représentée par Me Paolini, déclare ne pas s’opposer à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2026, la société Groupama Méditerranée, agissant en qualité d’assureur de la société ECR, représentée par Me Tertian, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée et demande à ce qu’il soit ordonné aux sociétés ECR et Corinthe Ingénierie de communiquer leurs attestations d’assurance de responsabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2026, la société mutuelle d’assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP), agissant en sa qualité d’assureur de la SAS Terrassements Corse Terraco, représentée par Me Gasquet-Seatelli, demande sa mise hors de cause.
Elle soutient qu’elle n’était pas l’assureur en risque pour l’opération de travaux publics en cause.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 mai et 12 juin 2026, les compagnies d’assurance MMA Iard assurances mutuelles et MMA Iard, agissant en qualité d’assureur de la société Nova Nautic, représentées par Me Reina, demandent leur mise hors de cause et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la commune de Sari-Solenzara au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que le 16 octobre 2023, la police souscrite par la société Nova Nautic a été résiliée à son initiative et qu’elle a souscrit une nouvelle police d’assurance auprès de CHUBB à compter de cette date.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2026, la SARL Société Insulaire Pétrolière, représentée par la SELAS Tarin Lemarie, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée, demande que la mission de l’expert soit complétée et demande à ce qu’il soit ordonné à la société Corinthe de communiquer l’identité de sa compagnie d’assurance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2026, la SAS entreprise Jean Negri & Fils et son assureur, la société QBE Europe, représentées par Me Bardon, concluent au rejet de la requête.
Elles soutiennent que les désordres allégués concernent exclusivement des prestations qui ne sont pas en lien avec la prestation de leur assurée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2026, la SAS Terrassements Corse Terraco, représentée par Me Genuini, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme C..., vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d’expertise :
1. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (...) ». Il appartient, en vertu de ces dispositions, au juge des référés saisi d’une demande d’expertise de rechercher dans quelle mesure cette expertise peut être utile à la solution d’un éventuel litige, en tenant compte, notamment, de l’existence d’une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d’autres moyens et de l’intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
2. La demande d’expertise présentée par la commune de Sari-Solenzara à l’effet de désigner un expert en vue de constater les désordres qui affectent le port de plaisance à la suite des travaux de redéploiement qu’elle a entrepris en 2021 entre dans le champ d’application des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Il y a lieu, par suite, de faire droit à la demande présentée par la commune de Sari-Solenzara, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l’expert comme il est dit à l’article 1er de la présente ordonnance.
Sur les demandes de mise hors de cause :
3. Peuvent être appelées en qualité de parties à une expertise, ordonnée sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d’être engagé devant le juge de l’action qui motive l’expertise. En outre, le juge du référé peut appeler à l’expertise, en qualité de sachant, toute personne dont la présence est de nature à éclairer ses travaux. Par ailleurs, la mise en cause d’une partie dans une expertise, simple mesure d’instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge aucunement de l’existence et de l’étendue des responsabilités des parties.
4. La mesure d’expertise sollicitée au contradictoire des sociétés ayant participé aux travaux publics en cause n’apparaît pas dépourvue d’utilité à leur encontre. La présence aux opérations d’expertise de leurs assureurs n’est pas davantage dépourvue d’utilité. En tout état de cause, il appartiendra à l’expert, s’il l’estime pertinent, dès les investigations contradictoires réalisées lors de la première réunion d’expertise, de solliciter du juge des référés, en fournissant toute justification, la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire, comme de demander le cas échéant l’extension des opérations à d’autres parties, en application des dispositions de l’article R. 532-3 du code de justice administrative. Dans ces conditions, il n’y a pas lieu de faire droit aux différentes demandes de mise hors de cause.
Sur le surplus des conclusions des parties :
5. D’une part, il n’appartient pas au juge des référés saisi sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative d’ordonner la production de documents.
6. D’autre part, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune de Sari-Solenzara une quelconque somme au titre des frais exposés par les compagnies d’assurance MMA Iard assurances mutuelles et MMA Iard et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A... B..., inscrit sur la liste des experts auprès de la cour administrative d’appel de Marseille, domicilié 12 boulevard Stéphanopoli de Comêne, immeuble le Mercure B, à Ajaccio, est désigné en qualité d’expert avec pour mission de :
1°) prendre connaissance des pièces du dossier et se faire remettre tous les documents relatifs à la conception et à l’exécution des travaux publics en cause, en précisant les liens contractuels unissant les parties ;
2°) se rendre sur les lieux en présence des parties et de leurs conseils, ou de ceux-ci dûment appelés, et d’entendre tous sachants ;
3°) procéder au constat et au relevé détaillé de tous les désordres en indiquant leur date d’apparition et en déterminer l’origine et les causes ; dire si les dommages sont dus à plusieurs causes, et dans cette hypothèse, fournir tous les éléments permettant d’apprécier dans quelles conditions ils sont imputables à chacune d’elles et d’évaluer les proportions relevant de chacune de ces causes ; préciser si les malfaçons et/ou désordres constatés étaient soit connus, soit apparents à la date de la réception et dire si les désordres et malfaçons constatés pouvaient être détectés dans toute leur ampleur et importance, le cas échéant, lors de la réception et de la levée des réserves ;
4°) se prononcer dans les meilleurs délais sur les mesures conservatoires éventuellement nécessaires pour garantir la sécurité des usagers, après avoir relevé si les défauts ou insuffisances présentent, et pour chacun d’entre eux, un danger pour les usagers du port et en cas de péril avéré, décrire les mesures à prendre pour lever l’état de péril, le cas échéant en les chiffrant ;
5°) Décrire les conditions d’utilisation de l’installation par la commune et par les usagers du port de plaisance avant et après l’apparition des désordres ; déterminer si cette utilisation était conforme à celle décrite dans les documents de marchés et les préconisations du fournisseur ; si elle a pu les aggraver et dans l’affirmative, d’en évaluer les conséquences ;
6°) déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés ; indiquer la nature et la durée des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l’ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant le cas échéant s’il en résulte une plus-value pour les bâtiments en cause ;
7°) décrire et chiffrer les différents préjudices subis ou à subir par la commune du fait des désordres qui affectent cet équipement public, s’agissant notamment des préjudices immatériels qui s’y rapportent, outre celles se rattachant aux périodes d’indisponibilité liées aux futurs travaux de remise en état ;
8°) recueillir tout élément technique et de fait de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis ;
9°) de manière générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l’examen des questions précédemment définies.
L’expert disposera des pouvoirs d’investigation les plus étendus. Il pourra faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l’accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l’autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 3 : Avant de commencer ses travaux, l’expert accomplira les formalités prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L’expertise aura lieu contradictoirement en présence de la commune de Sari-Solenzara, la SAS Corinthe ingénierie, la SAS Terrassements Corse Terraco, la SA Axa France Iard, la société mutuelle d’assurance du bâtiment et des travaux publics, la société Travaux maritimes et sous-marins de Monaco, la SAS entreprise Jean Negri & Fils, la société QBE Europe SA/NV, la SARL Insulaire Pétrolière, la SASU Nova Nautic, la compagnie d’assurances MMA IARD Assurances Mutuelles, la compagnie d’assurances MMA Iard, la SARL Travaux maritimes internationaux, la SAS EGTP, la SA MAAF assurances, la SAS Etude Conception Réalisation, à la compagnie d’assurance Groupama Méditerranée, la SARL Compagnie d’études et de réalisation électromécaniques, à la société Qualiconsult sécurité et la SAS Rocca e Terra.
Article 5 : L’expert avertira les parties conformément aux dispositions de l’article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L’expert, après avoir recueilli et consigné les observations des parties sur les constatations auxquelles il procède et les conclusions qu’il envisage d’en tirer, déposera son rapport au greffe par voie électronique dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l’expert au demandeur et aux personnes intéressées mentionnées à l’article 4 de la présente ordonnance. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique. L’expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 7 : Les frais et honoraires de l’expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l’ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Sari-Solenzara, à la SAS Corinthe ingénierie, à la SAS Terrassements Corse Terraco, à la SA Axa France Iard, à la société mutuelle d’assurance du bâtiment et des travaux publics, à la société Travaux maritimes et sous-marins de Monaco, à la SAS entreprise Jean Negri & Fils, à la société QBE Europe SA/NV, à la SARL Insulaire Pétrolière, à la SASU Nova Nautic, à la compagnie d’assurances MMA IARD Assurances Mutuelles, à la compagnie d’assurances MMA Iard, à la SARL Travaux maritimes internationaux, à la SAS EGTP, à la SA MAAF assurances, à la SAS Etude Conception Réalisation, à la compagnie d’assurance Groupama Méditerranée, à la SARL Compagnie d’études et de réalisation électromécaniques, à la société Qualiconsult sécurité, à la SAS Rocca e Terra et à M. A... B..., expert.
Fait à Bastia, le 3 août 2026.
La juge des référés
Signé
C. C...
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. Mannoni
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 avril et 15 juin 2026, la commune de Sari-Solenzara, représentée par Me Thibaudeau, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert à l’effet de déterminer les causes et les responsabilités des désordres qui affectent le port de plaisance à la suite des travaux de redéploiement engagés en novembre 2021 et d’indiquer la nature, le coût et la durée des travaux nécessaires pour remédier aux causes des désordres.
Elle soutient que :
- elle a entrepris en 2021 une opération de construction s’inscrivant dans le cadre de travaux de redéploiement de son port de plaisance ;
- le maître d’œuvre a organisé les opérations préalables à la réception le 5 juillet 2023, faisant état de nombreuses réserves d’ordre général et concernant les pontons ;
- outre les réserves à lever, il a été constaté l’apparition de nombreux désordres et dysfonctionnements, après quelques semaines d’utilisation ;
- elle subit actuellement un préjudice considérable du fait des nombreux désordres, outre la dangerosité avérée des équipements qui présentent un risque important pour la sécurité des usagers et tiers ;
- une mesure d’expertise est utile pour déterminer les causes et les responsabilités des désordres qui affectent le port de plaisance et déterminer les travaux de nature à y remédier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2026, la SAS Etude Conception Réalisation (ECR) doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2026, la société anonyme de droit monégasque Travaux maritimes et sous-marins de Monaco, représentée par Me Faccendini, demande sa mise hors de cause.
Elle soutient que les travaux qui lui ont été confiés et qu’elle a réalisés n’ont donné lieu à aucune réserve et n’ont généré aucun désordre.
Par des mémoires en défense, enregistré les 29 avril et 4 juin 2026, la SAS Nova Nautic, représentée par Me Lentilhac, ne s’oppose pas à la mesure d’expertise sollicitée, demande que la mission de l’expert soit complétée et que soit rejetée la demande de mise hors de cause des compagnies MMA IARD et MMA IARD Assurances Mutuelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2026, la SA MAAF Assurances, prise en sa qualité d’assureur de la SAS EGTP, représentée par Me Finalteri, ne s’oppose pas à la mesure d’expertise sollicitée et demande que la mission de l’expert soit complétée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2026, la SAS Qualiconsult, représentée par la SCP Raffin & Associés, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2026, la société Axa France Iard, agissant en qualité d’assureur de la société Terraco, représentée par Me Savelli, déclare ne pas s’opposer à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2026, la SAS Rocca E Terra, représentée par Me Bergant, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2026, la SARL Travaux maritimes internationaux, représentée par Me Paolini, déclare ne pas s’opposer à la mesure d’expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2026, la société Groupama Méditerranée, agissant en qualité d’assureur de la société ECR, représentée par Me Tertian, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée et demande à ce qu’il soit ordonné aux sociétés ECR et Corinthe Ingénierie de communiquer leurs attestations d’assurance de responsabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2026, la société mutuelle d’assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP), agissant en sa qualité d’assureur de la SAS Terrassements Corse Terraco, représentée par Me Gasquet-Seatelli, demande sa mise hors de cause.
Elle soutient qu’elle n’était pas l’assureur en risque pour l’opération de travaux publics en cause.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 mai et 12 juin 2026, les compagnies d’assurance MMA Iard assurances mutuelles et MMA Iard, agissant en qualité d’assureur de la société Nova Nautic, représentées par Me Reina, demandent leur mise hors de cause et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la commune de Sari-Solenzara au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que le 16 octobre 2023, la police souscrite par la société Nova Nautic a été résiliée à son initiative et qu’elle a souscrit une nouvelle police d’assurance auprès de CHUBB à compter de cette date.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2026, la SARL Société Insulaire Pétrolière, représentée par la SELAS Tarin Lemarie, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée, demande que la mission de l’expert soit complétée et demande à ce qu’il soit ordonné à la société Corinthe de communiquer l’identité de sa compagnie d’assurance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2026, la SAS entreprise Jean Negri & Fils et son assureur, la société QBE Europe, représentées par Me Bardon, concluent au rejet de la requête.
Elles soutiennent que les désordres allégués concernent exclusivement des prestations qui ne sont pas en lien avec la prestation de leur assurée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2026, la SAS Terrassements Corse Terraco, représentée par Me Genuini, doit être regardée comme ne s’opposant pas à la mesure d’expertise sollicitée.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme C..., vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d’expertise :
1. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (...) ». Il appartient, en vertu de ces dispositions, au juge des référés saisi d’une demande d’expertise de rechercher dans quelle mesure cette expertise peut être utile à la solution d’un éventuel litige, en tenant compte, notamment, de l’existence d’une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d’autres moyens et de l’intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
2. La demande d’expertise présentée par la commune de Sari-Solenzara à l’effet de désigner un expert en vue de constater les désordres qui affectent le port de plaisance à la suite des travaux de redéploiement qu’elle a entrepris en 2021 entre dans le champ d’application des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Il y a lieu, par suite, de faire droit à la demande présentée par la commune de Sari-Solenzara, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l’expert comme il est dit à l’article 1er de la présente ordonnance.
Sur les demandes de mise hors de cause :
3. Peuvent être appelées en qualité de parties à une expertise, ordonnée sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d’être engagé devant le juge de l’action qui motive l’expertise. En outre, le juge du référé peut appeler à l’expertise, en qualité de sachant, toute personne dont la présence est de nature à éclairer ses travaux. Par ailleurs, la mise en cause d’une partie dans une expertise, simple mesure d’instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge aucunement de l’existence et de l’étendue des responsabilités des parties.
4. La mesure d’expertise sollicitée au contradictoire des sociétés ayant participé aux travaux publics en cause n’apparaît pas dépourvue d’utilité à leur encontre. La présence aux opérations d’expertise de leurs assureurs n’est pas davantage dépourvue d’utilité. En tout état de cause, il appartiendra à l’expert, s’il l’estime pertinent, dès les investigations contradictoires réalisées lors de la première réunion d’expertise, de solliciter du juge des référés, en fournissant toute justification, la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire, comme de demander le cas échéant l’extension des opérations à d’autres parties, en application des dispositions de l’article R. 532-3 du code de justice administrative. Dans ces conditions, il n’y a pas lieu de faire droit aux différentes demandes de mise hors de cause.
Sur le surplus des conclusions des parties :
5. D’une part, il n’appartient pas au juge des référés saisi sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative d’ordonner la production de documents.
6. D’autre part, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune de Sari-Solenzara une quelconque somme au titre des frais exposés par les compagnies d’assurance MMA Iard assurances mutuelles et MMA Iard et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A... B..., inscrit sur la liste des experts auprès de la cour administrative d’appel de Marseille, domicilié 12 boulevard Stéphanopoli de Comêne, immeuble le Mercure B, à Ajaccio, est désigné en qualité d’expert avec pour mission de :
1°) prendre connaissance des pièces du dossier et se faire remettre tous les documents relatifs à la conception et à l’exécution des travaux publics en cause, en précisant les liens contractuels unissant les parties ;
2°) se rendre sur les lieux en présence des parties et de leurs conseils, ou de ceux-ci dûment appelés, et d’entendre tous sachants ;
3°) procéder au constat et au relevé détaillé de tous les désordres en indiquant leur date d’apparition et en déterminer l’origine et les causes ; dire si les dommages sont dus à plusieurs causes, et dans cette hypothèse, fournir tous les éléments permettant d’apprécier dans quelles conditions ils sont imputables à chacune d’elles et d’évaluer les proportions relevant de chacune de ces causes ; préciser si les malfaçons et/ou désordres constatés étaient soit connus, soit apparents à la date de la réception et dire si les désordres et malfaçons constatés pouvaient être détectés dans toute leur ampleur et importance, le cas échéant, lors de la réception et de la levée des réserves ;
4°) se prononcer dans les meilleurs délais sur les mesures conservatoires éventuellement nécessaires pour garantir la sécurité des usagers, après avoir relevé si les défauts ou insuffisances présentent, et pour chacun d’entre eux, un danger pour les usagers du port et en cas de péril avéré, décrire les mesures à prendre pour lever l’état de péril, le cas échéant en les chiffrant ;
5°) Décrire les conditions d’utilisation de l’installation par la commune et par les usagers du port de plaisance avant et après l’apparition des désordres ; déterminer si cette utilisation était conforme à celle décrite dans les documents de marchés et les préconisations du fournisseur ; si elle a pu les aggraver et dans l’affirmative, d’en évaluer les conséquences ;
6°) déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés ; indiquer la nature et la durée des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l’ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant le cas échéant s’il en résulte une plus-value pour les bâtiments en cause ;
7°) décrire et chiffrer les différents préjudices subis ou à subir par la commune du fait des désordres qui affectent cet équipement public, s’agissant notamment des préjudices immatériels qui s’y rapportent, outre celles se rattachant aux périodes d’indisponibilité liées aux futurs travaux de remise en état ;
8°) recueillir tout élément technique et de fait de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis ;
9°) de manière générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l’examen des questions précédemment définies.
L’expert disposera des pouvoirs d’investigation les plus étendus. Il pourra faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l’accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l’autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 3 : Avant de commencer ses travaux, l’expert accomplira les formalités prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L’expertise aura lieu contradictoirement en présence de la commune de Sari-Solenzara, la SAS Corinthe ingénierie, la SAS Terrassements Corse Terraco, la SA Axa France Iard, la société mutuelle d’assurance du bâtiment et des travaux publics, la société Travaux maritimes et sous-marins de Monaco, la SAS entreprise Jean Negri & Fils, la société QBE Europe SA/NV, la SARL Insulaire Pétrolière, la SASU Nova Nautic, la compagnie d’assurances MMA IARD Assurances Mutuelles, la compagnie d’assurances MMA Iard, la SARL Travaux maritimes internationaux, la SAS EGTP, la SA MAAF assurances, la SAS Etude Conception Réalisation, à la compagnie d’assurance Groupama Méditerranée, la SARL Compagnie d’études et de réalisation électromécaniques, à la société Qualiconsult sécurité et la SAS Rocca e Terra.
Article 5 : L’expert avertira les parties conformément aux dispositions de l’article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L’expert, après avoir recueilli et consigné les observations des parties sur les constatations auxquelles il procède et les conclusions qu’il envisage d’en tirer, déposera son rapport au greffe par voie électronique dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l’expert au demandeur et aux personnes intéressées mentionnées à l’article 4 de la présente ordonnance. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique. L’expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 7 : Les frais et honoraires de l’expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l’ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Sari-Solenzara, à la SAS Corinthe ingénierie, à la SAS Terrassements Corse Terraco, à la SA Axa France Iard, à la société mutuelle d’assurance du bâtiment et des travaux publics, à la société Travaux maritimes et sous-marins de Monaco, à la SAS entreprise Jean Negri & Fils, à la société QBE Europe SA/NV, à la SARL Insulaire Pétrolière, à la SASU Nova Nautic, à la compagnie d’assurances MMA IARD Assurances Mutuelles, à la compagnie d’assurances MMA Iard, à la SARL Travaux maritimes internationaux, à la SAS EGTP, à la SA MAAF assurances, à la SAS Etude Conception Réalisation, à la compagnie d’assurance Groupama Méditerranée, à la SARL Compagnie d’études et de réalisation électromécaniques, à la société Qualiconsult sécurité, à la SAS Rocca e Terra et à M. A... B..., expert.
Fait à Bastia, le 3 août 2026.
La juge des référés
Signé
C. C...
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. Mannoni
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