Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme B... visant à contester une facture de redevance d'enlèvement des ordures ménagères. Le tribunal a estimé que le litige, portant sur l'exécution d'un contrat liant l'usager à un service public industriel et commercial, relevait manifestement de la compétence des juridictions judiciaires. Cette solution s'appuie sur l'article L. 2333-76 du code général des collectivités territoriales et le rejet est prononcé en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 février 2026, Mme A... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler la facture émise à son encontre le 13 janvier 2026 par le service de gestion comptable de Venarey-les-Laumes en vue du recouvrement de la somme de 52,02 euros correspondant à la redevance d’enlèvement des ordures ménagères à laquelle elle a été assujettie pour le 2ème semestre 2025 par la communauté de communes du Montbardois ;
2°) de prononcer la décharge de l’obligation de payer ladite somme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales et le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. (…) ».
D’autre part, aux termes de l'article L. 2333-76 du code général des collectivités territoriales : « Les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les syndicats mixtes qui bénéficient de la compétence prévue à l'article L. 2224-13 peuvent instituer une redevance d'enlèvement des ordures ménagères calculée en fonction du service rendu dès lors qu'ils assurent au moins la collecte des déchets des ménages. (...) ». Par ces dispositions, le législateur a entendu permettre aux communes, à leurs groupements et aux établissements publics locaux, en substituant une rémunération directe du service par l’usager à l’ancienne taxe d’enlèvement des ordures ménagères qui était une recette de nature fiscale, de gérer le service d’enlèvement des ordures ménagères comme une activité industrielle et commerciale. Les litiges nés des rapports entre un service public industriel et commercial et ses usagers, qui sont des rapports de droit privé, relèvent de la compétence des juridictions de l’ordre judiciaire.
Dès lors que la communauté de communes du Montbardois a décidé d’instituer la redevance prévue à l’article L. 2333-76 du code général des collectivités territoriales, et en a fixé le tarif, le service d’enlèvement des ordures ménagères qu’elle gère doit être regardé comme ayant un caractère industriel et commercial. La requête de Mme B..., qui conteste le montant de la cotisation de redevance d’enlèvement des ordures ménagères à laquelle elle a été assujettie pour son cabinet de massage, porte ainsi sur les conditions d’exécution d’un contrat de droit privé qui la lie à un établissement public de coopération intercommunale. Le présent litige ne relève, dès lors, manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.
Dès lors, la requête de Mme B... doit être rejetée, en application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée comme portée devant un ordre juridictionnel incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Copie en sera adressée, pour information, à la communauté de communes du Montbardois.
Fait à Dijon le 20 mars 2026.
Le président,
P. Nicolet
La république mande et ordonne au préfet de la Côte-d’Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,