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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2501757

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2501757

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2501757
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 août 2025, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 20 juin 2025 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Saône a rejeté le recours préalable exercé à l’encontre de la décision du 28 mars 2025 portant refus de lui délivrer une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ».

Elle soutient qu’elle a droit à la délivrance d’une telle carte dès lors qu’elle a obtenu la carte « mobilité inclusion » portant la mention priorité, qu’elle a de nombreux problèmes de santé qui l’empêchent de se déplacer (dépression, pertes de mémoire hernie inguinale l’empêchant de conduire, fracture de la cheville, fissuration du ménisque affectant son intégralité ostéo-cartilagineuse et ligamentaire, épine calcanéenne, hernie discale médiane, asthénie, dyspnée).

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2026, le département de la Haute-Saône, représenté par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requérante ne justifie pas remplir les critères lui permettant d’obtenir une carte de mobilité inclusion portant la mention stationnement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l’audience publique, après l’appel de l’affaire, les parties n’étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l’instruction a été prononcée en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Di Candia, président a été entendu

Considérant ce qui suit :

Mme B... A... a déposé auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de la Haute-Saône un dossier afin d’obtenir le renouvellement, selon ses dires, de la carte « mobilité inclusion » (CMI) portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ». Par une décision du 28 mars 2025, le président du conseil départemental de la Haute-Saône a refusé de renouveler la CMI sollicitée. Mme A... a présenté un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, explicitement rejeté par une décision du 20 juin 2025.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

D’une part, aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. – La carte " mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / (...) 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) ». Le IV de l’article R. 241-12-1 du même code dispose que : « Pour l’attribution de la mention “ stationnement pour personnes handicapées ”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur ».

D'autre part, selon l’annexe de l’arrêté ministériel du 3 janvier 2017 visé ci-dessus, pris pour l’application de ces dispositions : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou ; / [b] - ou la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; / - une prothèse de membre inférieur ; / - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l’accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : / Ce critère concerne les personnes atteintes d’une altération d’une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu’elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. / Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. / La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière. / (...). 3. Dispositions communes : / La réduction de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied ou le besoin d’accompagnement doit être définitif ou d’une durée prévisible d’au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées. (...) ».

Dans le cas d’un contentieux portant sur une demande de carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », c’est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.

Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d’annulation d’une décision lui refusant la délivrance d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » d’établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu’elle est atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.

En l’espèce, si Mme A... énumère les nombreux problèmes de santé dont elle souffre (dépression, pertes de mémoire, hernie inguinale l’empêchant de conduire, fracture de la cheville, fissuration du ménisque affectant son intégralité ostéo-cartilagineuse et ligamentaire, épine calcanéenne, hernie discale médiane, asthénie, dyspnée), les documents médicaux qu’elle produit ne sont pas de nature à établir qu’elle remplirait les conditions prévues par les dispositions précitées. En particulier, aucun des documents médicaux produit ne fait mention d’un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou d’un recours systématique à une aide pour les déplacements extérieurs. D’autre part, à supposer que la requérante ait, comme elle le prétend, obtenu le bénéfice d’une CMI portant la mention « priorité », ces éléments sont sans incidence sur la décision attaquée dès lors que les critères d’attribution de ces deux dispositifs sont différents de ceux devant être remplis pour bénéficier d’une CMI mention stationnement pour personnes handicapées. Ainsi, il ne résulte pas de l’instruction que Mme A... remplirait les critères fixés par les dispositions citées au point 2 pour l’obtention d’une CMI mention stationnement. Dès lors, le moyen tiré de ce qu’en refusant de lui attribuer la CMI mention stationnement, le président du conseil départemental de la Haute-Saône aurait fait une inexacte application des dispositions précitées doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au département de la Haute-Saône.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Saône.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.


Le président,



O. Di CandiaLa greffière,



N. Viennet

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,


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