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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2501996

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2501996

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2501996
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2025, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 29 août 2025 par laquelle la présidente du conseil départemental du Doubs a rejeté le recours préalable exercé à l’encontre de la décision du 20 février 2025 portant refus de lui délivrer la carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ».

Elle soutient que la décision attaquée est entachée d’une erreur d’appréciation dès lors que son état de santé entraîne des limitations fonctionnelles significatives dans ses déplacements à pied, qu’elle est handicapée et souffre de pathologies chroniques dont l’impact est insuffisamment pris en compte, qu’elle avait obtenu cette carte il y a plus de dix ans, qu’elle souffre de sclérose en plaque évolutive depuis 30 ans et d’une polyarthrite rhumatoïde diagnostiquée depuis dix ans, rendant les longues marches extrêmement douloureuses, voire impossibles.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2026, la présidente du conseil départemental du Doubs conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la décision attaquée n’est pas entachée d’une erreur d’appréciation au regard des éléments du dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l’audience publique, après l’appel de l’affaire, les parties n’étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l’instruction a été prononcée en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Di Candia, président, a été entendu.



Considérant ce qui suit :

Mme A... B... a déposé auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Doubs un dossier afin d’obtenir le renouvellement de sa carte « mobilité inclusion » (CMI) portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ». Par une décision du 20 février 2025, la présidente du département du Doubs a refusé de lui délivrer la CMI sollicitée. Mme B... a présenté un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, explicitement rejeté par une décision du 29 août 2025.

D’une part, aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. – La carte " mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / (...) 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) ». Le IV de l’article R. 241-12-1 du même code dispose que : « Pour l’attribution de la mention “ stationnement pour personnes handicapées ”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur ».

D'autre part, selon l’annexe de l’arrêté ministériel du 3 janvier 2017 visé ci-dessus, pris pour l’application de ces dispositions : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou ; / [b] - ou la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; / - une prothèse de membre inférieur ; / - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l’accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : / Ce critère concerne les personnes atteintes d’une altération d’une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu’elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. / Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. / La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière. / (...). 3. Dispositions communes : / La réduction de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied ou le besoin d’accompagnement doit être définitif ou d’une durée prévisible d’au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées. (...) ».

Dans le cas d’un contentieux portant sur une demande de carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », c’est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.

Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d’annulation d’une décision lui refusant la délivrance d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » d’établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu’elle est atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.

Si Mme B... fait valoir qu’elle souffre d’une sclérose en plaque évolutive depuis trente ans, associée à une polyarthrite rhumatoïde diagnostiquée depuis dix ans, elle n’apporte aucun élément de nature à établir que son périmètre de marche est inférieur à 200 mètres. Le département du Doubs fait valoir au contraire que son périmètre de marche est limité de manière intermittente et qu’elle effectue l’ensemble des activités liées à la mobilité seule sans aucune aide. Ainsi, il ne résulte pas de l’instruction que Mme B... remplirait les critères fixés par les dispositions citées au point 2 pour l’obtention d’une CMI mention stationnement. Dès lors, le moyen tiré de ce qu’en refusant de lui attribuer la CMI mention stationnement, la présidente du conseil départemental du Doubs aurait fait une inexacte application des dispositions précitées doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., au département du Doubs.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la maison départementale des personnes handicapées du Doubs.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.


Le président,



O. Di CandiaLa greffière,



N. Viennet


La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,


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