Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2502598
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2502598 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2025 et des mémoires, enregistrés les 7, 8, 11, 28 décembre 2025 et 15 mai 2026, M. et Mme C... et A... B... demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d’annuler les saisies administratives à tiers détenteur émises par le comptable public d’Ornans à la demande de la communauté de communes Loue Lison et de la commune d’Eternoz-Vallée du Lison en vue du recouvrement de factures d’ordures ménagères, d’eau et d’assainissement, des 3 octobre 2025 d’un montant respectif de 219,70 euros et 921,92 euros, des 18 novembre 2025 d’un montant respectif de 667,88 euros et 104,30 euros, et du 3 décembre 2025 pour un montant de 104,30 euros ;
2°) d’enjoindre à « l’administration » :
- de leur rembourser les sommes prélevées à tort ;
- de leur communiquer l’intégralité des éléments justifiant les sommes réclamées ;
- de prendre en compte « l’atteinte grave et injustifiée portée à [leur] situation financière et familiale » ;
Un mémoire, enregistré le 15 juin 2026, pour le compte de la commune d’Eternoz-Vallée du Lison n’a pas été communiqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2026, la directrice départementale des finances publiques du Doubs conclut à l’incompétence du tribunal administratif et, à défaut, au rejet de la requête.
Des mémoires, enregistrés les 14 et 24 août 2026, présentés par M. et Mme B... n’ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (...) ».
2. Aux termes de l’article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : « (…) 1° En l’absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l’établissement public local permet l’exécution forcée d’office contre le débiteur. / (…) / L’action dont dispose le débiteur d’une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d’un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d’un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l’article L. 281 du livre des procédures fiscales. (…) » ;
3. Aux termes de l’article L. 281 du livre des procédures fiscales : « Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l’administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / (…) / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l’acte ; / 2° A l’exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l’obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l’exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l’administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l’exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés: / (…) c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l’exécution ».
4. Il résulte de ces dispositions que l’ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l’exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. Dans leur requête et leurs différents mémoires, notamment le mémoire, enregistré le 8 décembre 2025, M. et Mme B... sollicitent expressément, à titre principal, l’annulation des saisies administratives à tiers détenteur émises les 3 octobre, 18 novembre et 3 décembre 2025 à la demande de la communauté de communes Loue Lison et de la commune d’Eternoz-Vallée du Lison pour le recouvrement de factures d’ordures ménagères et de factures d’eau et d’assainissement. Or, ainsi qu’exposé aux points précédents, la contestation d’un acte de poursuite émis pour le recouvrement d’une créance non fiscale d’une collectivité territoriale relève de la compétence du juge de l’exécution, juge judiciaire, et non de celle des juridictions administratives. Par suite, la requête de M. et Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître en application du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C... et A... B..., à la direction des finances publiques du Doubs, à la communauté de communes Loue-Lison et à la commune d’Eternoz-Vallée du Lison.
A Besançon, le 1er septembre 2026.
Le président de la 1ère chambre,
A. Pernot
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances, de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2025 et des mémoires, enregistrés les 7, 8, 11, 28 décembre 2025 et 15 mai 2026, M. et Mme C... et A... B... demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d’annuler les saisies administratives à tiers détenteur émises par le comptable public d’Ornans à la demande de la communauté de communes Loue Lison et de la commune d’Eternoz-Vallée du Lison en vue du recouvrement de factures d’ordures ménagères, d’eau et d’assainissement, des 3 octobre 2025 d’un montant respectif de 219,70 euros et 921,92 euros, des 18 novembre 2025 d’un montant respectif de 667,88 euros et 104,30 euros, et du 3 décembre 2025 pour un montant de 104,30 euros ;
2°) d’enjoindre à « l’administration » :
- de leur rembourser les sommes prélevées à tort ;
- de leur communiquer l’intégralité des éléments justifiant les sommes réclamées ;
- de prendre en compte « l’atteinte grave et injustifiée portée à [leur] situation financière et familiale » ;
Un mémoire, enregistré le 15 juin 2026, pour le compte de la commune d’Eternoz-Vallée du Lison n’a pas été communiqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2026, la directrice départementale des finances publiques du Doubs conclut à l’incompétence du tribunal administratif et, à défaut, au rejet de la requête.
Des mémoires, enregistrés les 14 et 24 août 2026, présentés par M. et Mme B... n’ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (...) ».
2. Aux termes de l’article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : « (…) 1° En l’absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l’établissement public local permet l’exécution forcée d’office contre le débiteur. / (…) / L’action dont dispose le débiteur d’une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d’un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d’un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l’article L. 281 du livre des procédures fiscales. (…) » ;
3. Aux termes de l’article L. 281 du livre des procédures fiscales : « Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l’administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / (…) / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l’acte ; / 2° A l’exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l’obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l’exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l’administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l’exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés: / (…) c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l’exécution ».
4. Il résulte de ces dispositions que l’ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l’exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. Dans leur requête et leurs différents mémoires, notamment le mémoire, enregistré le 8 décembre 2025, M. et Mme B... sollicitent expressément, à titre principal, l’annulation des saisies administratives à tiers détenteur émises les 3 octobre, 18 novembre et 3 décembre 2025 à la demande de la communauté de communes Loue Lison et de la commune d’Eternoz-Vallée du Lison pour le recouvrement de factures d’ordures ménagères et de factures d’eau et d’assainissement. Or, ainsi qu’exposé aux points précédents, la contestation d’un acte de poursuite émis pour le recouvrement d’une créance non fiscale d’une collectivité territoriale relève de la compétence du juge de l’exécution, juge judiciaire, et non de celle des juridictions administratives. Par suite, la requête de M. et Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître en application du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C... et A... B..., à la direction des finances publiques du Doubs, à la communauté de communes Loue-Lison et à la commune d’Eternoz-Vallée du Lison.
A Besançon, le 1er septembre 2026.
Le président de la 1ère chambre,
A. Pernot
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances, de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier