Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2026, la société par actions simplifiée (SAS) Sulo France, représentée par Me de Metz-Pazzis, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative, l’annulation de la procédure, lancée par le syndicat intercommunal de collecte et de traitement des déchets ménagers et assimilés (SICTOM) de la zone de Dole, de passation de l’accord-cadre à bons de commande ayant pour objet l’acquisition et le « rétrofit » de conteneurs enterrés pour la collecte des ordures ménagères résiduelles, des emballages, du verre et du papier et la fourniture de pièces détachées ;
2°) d’enjoindre au SICTOM de la zone de Dole, s’il entend conclure le même accord-cadre, de reprendre la procédure de passation conformément aux dispositions en vigueur ;
3°) de mettre à la charge du SICTOM de la zone de Dole une somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- elle a intérêt à agir contre les deux lots du marché en litige dès lors qu’elle a été dissuadée de soumissionner au lot n°1 par les manquements reprochés au pouvoir adjudicateur ;
- le marché aurait dû être passé selon une procédure formalisée eu égard à son montant total de 300 000 euros hors taxes ;
- le SICTOM de la zone de Dole s’est abstenu d’établir un devis quantitatif estimatif (DQE) pour lui permettre d’apprécier le critère prix du marché en litige ; les soumissionnaires ont seulement eu à remplir un bordereau des prix unitaires (BPU) qui ne comporte aucune quantité prévisionnelle pour les cuves à remplacer et les pièces détachées de sorte que le pouvoir adjudicateur n’a pas complètement défini son besoin en méconnaissance des dispositions de l’article L. 2111-1 du code de la commande publique ;
- la méthode du critère prix du marché est irrégulière en ce qu’elle ne garantit pas d’avoir permis d’identifier l’offre la moins onéreuse ; il résulte du rapport d’analyse des offres que, pour déterminer le prix le moins-disant, l’acheteur public s’est borné à additionner toutes les lignes du BPU or il n’est pas réaliste que le SICTOM commande une unité de chaque ligne de prix pendant toute la durée du marché.
Le SICTOM de la zone de Dole a fait parvenir au tribunal le 30 juin 2026 des pièces établissant la signature du marché en litige dès le 17 juin 2026. Ces pièces ont été communiquées à la société requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. A... en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En 2026, le SICTOM de la zone de Dole a lancé un marché public sous la forme d’un accord-cadre à bons de commande ayant pour objet l’acquisition et le « rétrofit » de conteneurs enterrés pour la collecte des ordures ménagères résiduelles, des emballages, du verre et du papier et la fourniture de pièces détachées. La procédure suivie était adaptée et le marché comportait deux lots. Plusieurs offres ont été reçues dont celle de la société Sulo France qui n’a soumissionné que pour le lot n°2. Par un courrier du 17 juin 2026, le SICTOM de la zone de Dole a informé la société Sulo France, que son offre, ayant obtenu la note globale de 87,18/100, n’était pas retenue et que le lot n°2 était attribué à la société Astech dont l’offre avait obtenu la note globale de 98/100. Estimant que le pouvoir adjudicateur avait commis des manquements à ses obligations de publicité et de mise en concurrence, la société Sulo France, dont l’offre a été classée deuxième au terme de la procédure de mise en concurrence, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 551-1 du code de justice administrative, d’annuler la procédure de passation du marché pour l’ensemble des lots.
2. Aux termes de l’article L. 551-1 du code de justice administrative : « Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. (…) Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ». Aux termes de l’article R. 222-1 du même code : « Les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
3. Il résulte de ces dispositions que les pouvoirs conférés au juge des référés, en vertu de l’article L. 551-1 du code de justice administrative rappelé ci-dessus, ne peuvent plus être exercés après la conclusion du contrat. Ainsi, passé la date de cette signature, la demande présentée sur ce fondement au juge des référés est irrecevable.
4. Il résulte de l’instruction que le SICTOM de la zone de Dole a signé les actes d’engagement des lots 1 et 2 du marché en litige le 17 juin 2026 et les a notifiés à la société Astech, déclarée attributaire, le 23 juin suivant. Par suite, la requête de la société Sulo France, qui a été enregistrée le 28 juin 2026, soit postérieurement à la date de signature de chaque lot du marché, est entachée d’une irrecevabilité insusceptible d’être régularisée.
5. Dans ces conditions, il y a lieu, en application des dispositions du 4° de l’article
R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter la requête de la société Sulo France en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Sulo France est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Sulo France et au SICTOM de la zone de Dole.
Fait à Besançon, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
A. A...
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière