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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2603067

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2603067

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2603067
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBEZAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 juin 2026, la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) La Fabrique du Ventoux et l’association du même nom, représentées par Me Bezaud, demandent au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la commune de Malaucène de ne pas faire obstacle à la tenue du vide-greniers qu’elles organisent le 5 juillet 2026 sur le territoire de la commune, sous astreinte de 500 euros par heure de retard ;

2°) de suspendre la décision en date du 18 juin 2026 par laquelle le maire de Malaucène a émis un avis défavorable à la déclaration préalable de vente au déballage déposée par M. A... B... pour le compte de l'association La Fabrique du Ventoux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Malaucène une somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que leur vide-greniers est prévu le 5 juillet 2026 ;
- une communication autour de l’événement a été réalisée, des exposants ont été mobilisés, des frais de communication engagés, une organisation matérielle a été mise en place et l’annulation de l’événement risque d’entrainer un préjudice économique, logistique et réputationnel irréversible.


Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de commerce ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ».

2. Aux termes de son article L. 522-1 : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale ». Aux termes de son article L. 522-3 : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ». Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu’une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n’est pas de nature à caractériser l’existence d’une situation d’urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d’apprécier objectivement, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l’ensemble des circonstances de l’espèce, si la condition d’urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu’il entend défendre mais aussi l’intérêt public qui s’attache à l’exécution des mesures prises par l’administration.

4. Pour établir l’urgence justifiant de faire droit à ses conclusions, la SCIC La Fabrique du Ventoux soutient que la date du vide-greniers qu’elle organise est fixée au 5 juillet 2026, qu’elle a mis en place une communication autour de l’événement, que des exposants ont été mobilisés, qu’une organisation matérielle a été mise en place et que l’annulation de l’événement risque d’entrainer un préjudice économique, logistique et réputationnel irréversible. Toutefois, la SCIC La Fabrique du Ventoux n’étaye son argumentation d’aucune pièce de nature à corroborer l’existence d’une quelconque communication autour de l’événement, du préjudice financier qu’elle allègue, en termes de perte de chiffre d’affaires et de perte de marchandises, ainsi que l’incidence de l’éventuelle perte économique subie sur la situation et la pérennité de la société. Elle n’établit pas davantage le préjudice réputationnel qu’elle invoque par la seule affirmation d’un risque de décrédibilisation auprès de ses membres et partenaires. Dès lors qu’aucune des circonstances évoquées par la SCIC La Fabrique du Ventoux n’apparaît ainsi de nature à établir l’existence d’une urgence justifiant l’intervention, dans le très bref délai de quarante-huit heures, du juge des référés, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative doivent par suite être rejetées, par application de son article L. 522-3, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence d’une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Malaucène qui n’est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme demandée par la SCIC La Fabrique du Ventoux au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.





O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SCIC SAS La Fabrique du Ventoux et de l’association La Fabrique du Ventoux est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCIC La Fabrique du Ventoux, première requérante dénommée.

Copie en sera adressée pour information au maire de la commune de Malaucène.



Fait à Nîmes, le 1er juillet 2026.


Le juge des référés,





P. PERETTI



La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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