Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2603590

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2603590
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2026, Mme B... A... demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution d’une décision implicite, née selon elle le 2 juin 2026, par laquelle le préfet du Gard aurait rejeté sa demande tendant à la communication de plusieurs dossiers relatifs à des demandes de certificat d’urbanisme et d’enjoindre au préfet du Gard de lui communiquer sans délai ces dossiers.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle dispose d’un délai de dix jours pour faire appel du jugement du 22 juillet 2026 qu’elle produit ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse eu égard à « l’ensemble des moyens » qu’elle invoque, alors qu’un avis favorable a été émis par la commission d’accès aux documents administratifs.


Vu :
- la copie de la requête en annulation produite par la requérante ;
- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Mouret, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce.

3. Pour justifier de l’urgence qu’il y aurait à suspendre la décision implicite qu’elle conteste, la requérante se borne à se référer à un jugement rendu le 22 juillet 2026 par la juge d’application des peines du tribunal judiciaire d’Alès avant de relever qu’elle dispose d’un délai de dix jours pour faire appel de ce jugement. Ce faisant, l’intéressée, qui au demeurant n’établit ni même n’allègue que la production des documents dont elle indique avoir sollicité la communication serait nécessaire dans le cadre de cette procédure judiciaire, ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle d’obtenir, à bref délai, une mesure provisoire, dans l’attente qu’il soit statué sur la requête au fond. Par suite, la condition d’urgence requise par l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner la recevabilité de la requête au fond produite par la requérante ni de se prononcer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite en litige, que la requête de Mme A..., y compris ses conclusions à fin d’injonction, doit être rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Nîmes, le 3 août 2026.

Le juge des référés,



R. MOURET

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.