Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2603685
lundi 3 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2603685 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 août 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la décision du 4 juin 2026 par laquelle la directrice départementale des finances publiques du Gard a désigné les membres titulaires et suppléants amenés à siéger en tant que commissaires de la commission communale des impôts directs (CCID) de Lézan.
Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée en ce que :
* la proximité immédiate de l’échéance du 4 août 2026 correspondant à l’expiration du délai de recours contre la décision attaquée l’expose à un risque de forclusion et à une atteinte grave et immédiate à ses droits si aucune mesure conservatoire n’est ordonnée avant ce délai afin de préserver sa situation de contribuable local et de garantir l’effectivité de son droit au recours ;
* l’exécution de cette décision conduirait à installer une commission dont la composition est sérieusement contestée alors qu’elle est investie de missions majeures en matière d’évaluation des valeurs locatives foncières et d’impositions directes locales susceptibles d’affecter directement ses intérêts en tant que contribuable ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que :
* elle a été prise à l’issue d’une procédure irrégulière à défaut de mise en demeure préalable suite au constat de l’envoi d’une liste de membres incomplète le 18 mai 2026 et permettant une nomination d’office dans les conditions prévues par l’article 1650 du code général des impôts ;
* elle méconnaît les dispositions de l’article 1650 du code général des impôts dans la mesure où la liste de candidats transmises par la commune le 18 juin 2026 ne fait plus apparaître le nom de certains candidats figurant dans la liste approuvée par la délibération du conseil municipal du 27 avril 2026, qui était complète, sans aucune délibération modificative ultérieure ;
* la composition de la commission retenue sur la base de ces éléments est irrégulière et porte atteinte au principe d’impartialité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Vosgien, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
1. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité. Si l'article L. 522-1 du même code impose au juge des référés de statuer au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, et d’informer sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique, l'article L. 522-3 de ce code lui permet néanmoins de rejeter une demande par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1, lorsqu’elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, qu’elle ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'une demande de suspension d'une décision administrative d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. Pour justifier de l’urgence à prononcer la suspension de la décision en litige désignant les membres titulaires et suppléants, amenés à siéger en tant que commissaires de la commission communale des impôts directs (CCID) de Lézan, Mme B... soutient que l’imminence de l’échéance du 4 août 2026, correspondant à l’expiration du délai de recours contre la décision contestée l’expose à un risque de forclusion et à une atteinte grave et immédiate à ses droits si aucune mesure conservatoire n’est ordonnée avant ce délai afin de préserver sa situation de contribuable local et de garantir l’effectivité de son droit au recours. Toutefois, et alors qu’il lui appartient, en tout état de cause, de former un recours au fond tendant à l’annulation de cette décision préalablement ou concomitamment au présent référé tendant à la suspension de son exécution, ces circonstances ne suffisent pas à caractériser l’existence d’une situation d’urgence, qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision contestée compte tenu notamment des missions dont la CCID de Lézan est investie. A cet égard, la requérante, qui ne produit aucun élément concernant les prochaines dates auxquelles cette commission sera amenée à siéger, ne précise pas en quoi l’irrégularité supposée de sa composition serait susceptible de préjudicier de manière grave et immédiate à sa situation en tant que contribuable local ou à un intérêt public. Par suite, la condition d’urgence exigée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas remplie en l’espèce.
4. Il résulte de ce qui précède qu’à défaut d’urgence particulière, il y a lieu de faire application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter la requête de Mme B....
5. Aux termes de l’article R. 741-12 du code de justice administrative : « Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ». S’il n’y a pas lieu, en l’espèce, de faire application de ces dispositions à l’égard de Mme B..., il apparaît utile d’en rappeler l’existence à la requérante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Copie pour information en sera transmise à la directrice départementale des finances publiques du Gard.
Fait à Nîmes, le 3 août 2026.
La juge des référés,
S. VOSGIEN
La République mande et ordonne au ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 3 août 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la décision du 4 juin 2026 par laquelle la directrice départementale des finances publiques du Gard a désigné les membres titulaires et suppléants amenés à siéger en tant que commissaires de la commission communale des impôts directs (CCID) de Lézan.
Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée en ce que :
* la proximité immédiate de l’échéance du 4 août 2026 correspondant à l’expiration du délai de recours contre la décision attaquée l’expose à un risque de forclusion et à une atteinte grave et immédiate à ses droits si aucune mesure conservatoire n’est ordonnée avant ce délai afin de préserver sa situation de contribuable local et de garantir l’effectivité de son droit au recours ;
* l’exécution de cette décision conduirait à installer une commission dont la composition est sérieusement contestée alors qu’elle est investie de missions majeures en matière d’évaluation des valeurs locatives foncières et d’impositions directes locales susceptibles d’affecter directement ses intérêts en tant que contribuable ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que :
* elle a été prise à l’issue d’une procédure irrégulière à défaut de mise en demeure préalable suite au constat de l’envoi d’une liste de membres incomplète le 18 mai 2026 et permettant une nomination d’office dans les conditions prévues par l’article 1650 du code général des impôts ;
* elle méconnaît les dispositions de l’article 1650 du code général des impôts dans la mesure où la liste de candidats transmises par la commune le 18 juin 2026 ne fait plus apparaître le nom de certains candidats figurant dans la liste approuvée par la délibération du conseil municipal du 27 avril 2026, qui était complète, sans aucune délibération modificative ultérieure ;
* la composition de la commission retenue sur la base de ces éléments est irrégulière et porte atteinte au principe d’impartialité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Vosgien, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
1. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité. Si l'article L. 522-1 du même code impose au juge des référés de statuer au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, et d’informer sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique, l'article L. 522-3 de ce code lui permet néanmoins de rejeter une demande par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1, lorsqu’elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, qu’elle ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'une demande de suspension d'une décision administrative d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. Pour justifier de l’urgence à prononcer la suspension de la décision en litige désignant les membres titulaires et suppléants, amenés à siéger en tant que commissaires de la commission communale des impôts directs (CCID) de Lézan, Mme B... soutient que l’imminence de l’échéance du 4 août 2026, correspondant à l’expiration du délai de recours contre la décision contestée l’expose à un risque de forclusion et à une atteinte grave et immédiate à ses droits si aucune mesure conservatoire n’est ordonnée avant ce délai afin de préserver sa situation de contribuable local et de garantir l’effectivité de son droit au recours. Toutefois, et alors qu’il lui appartient, en tout état de cause, de former un recours au fond tendant à l’annulation de cette décision préalablement ou concomitamment au présent référé tendant à la suspension de son exécution, ces circonstances ne suffisent pas à caractériser l’existence d’une situation d’urgence, qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision contestée compte tenu notamment des missions dont la CCID de Lézan est investie. A cet égard, la requérante, qui ne produit aucun élément concernant les prochaines dates auxquelles cette commission sera amenée à siéger, ne précise pas en quoi l’irrégularité supposée de sa composition serait susceptible de préjudicier de manière grave et immédiate à sa situation en tant que contribuable local ou à un intérêt public. Par suite, la condition d’urgence exigée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas remplie en l’espèce.
4. Il résulte de ce qui précède qu’à défaut d’urgence particulière, il y a lieu de faire application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter la requête de Mme B....
5. Aux termes de l’article R. 741-12 du code de justice administrative : « Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ». S’il n’y a pas lieu, en l’espèce, de faire application de ces dispositions à l’égard de Mme B..., il apparaît utile d’en rappeler l’existence à la requérante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Copie pour information en sera transmise à la directrice départementale des finances publiques du Gard.
Fait à Nîmes, le 3 août 2026.
La juge des référés,
S. VOSGIEN
La République mande et ordonne au ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.