Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2605875

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2605875
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBABOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2026, Mme C... B... A..., représentée par Me Babou, demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et autorisation de travail, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que l’absence de récépissé l’autorisant à travailler la prive de la possibilité de conclure un contrat d’apprentissage, met en péril la formation en BTS dans laquelle elle est inscrite, qui est dispensée en alternance et la place dans une situation de précarité économique préoccupante ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’en application des articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, elle est bien fondée à obtenir la délivrance d’un récépissé l’autorisant à travailler dans l’attente de l’instruction de sa demande de délivrance d’un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » ;
- elle ne se heurte à aucune décision administrative

Par des pièces enregistrées le 27 juillet 2026, le préfet de la Gironde informe le tribunal qu’un titre de séjour valable du 18 mars 2026 au 17 mars 2027 a été fabriqué le 24 mars et que Mme B... A... a été invitée à se présenter au guichet aux horaires rappelés dans un message du 24 juillet 2026, afin que lui soit remis ce titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chauvin, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., ressortissante algérienne née le 5 juin 2005, entrée régulièrement en France le 18 aout 2014, a accompli l’intégralité de sa scolarité en France et a obtenu le baccalauréat en 2023 avant de poursuivre ses études en BTS Management opérationnel de la sécurité. Le 13 avril 2023, elle a sollicité la délivrance d’un certificat de résidence algérien « vie privée et familiale » au motif de l’admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 27 mars 2025, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé l’arrêté du 29 août 2023 du préfet du Nord rejetant cette demande et portant obligation de quitter le territoire français et a enjoint au préfet de la Gironde de délivrer à Mme B... A... un certificat de résidence mention « vie privée et familiale». Le 14 mai 2025, le préfet de la Gironde a délivré à l’intéressée un titre de séjour mention « étudiant élève » valable jusqu’au 13 mai 2026. Avant l’expiration de ce titre, le 13 mars 2026, Mme B... A... a de nouveau sollicité la délivrance d’un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale ». Elle demande dans la présente instance, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et autorisation de travail.

Sur les conclusions tendant à l’application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, prescrire toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Le juge des référés, saisi en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative pour prendre en cas d’urgence toute mesure utile, peut se prononcer sans tenir d’audience publique.
3. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.

4. Il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de la Gironde a accordé à Mme B... A... une carte de résidence algérien et l’a informée qu’elle pouvait venir récupérer cette carte au guichet. Dès lors qu’un titre de séjour lui a été délivré, la requérante ne peut plus prétendre à la délivrance d’un récépissé. Dans ces conditions, les conclusions qu’elle présente sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de de justice administrative doivent être regardées comme dépourvues d’objet. Il n’y a plus lieu d’y statuer.

Sur les conclusions tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B... A... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme B... A... sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, tendant à la délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.


Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... A... et à la préfète de la Gironde.


Fait à Bordeaux, le 3 aout 2026.


La juge des référés,



Chauvin

La République mande et ordonne la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,