Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2606175

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2606175
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLEDOUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2026, M. B... A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la commune de Carignan-de-Bordeaux de faire réaliser dans un délai d’un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, les études et travaux nécessaires à la sécurisation et au confortement du terrain communal par enrochement, soutènement, drainage ou tout autre dispositif techniquement adapté afin de supprimer tout risque d’éboulement et de prendre immédiatement toutes mesures conservatoires dans l’attente de la réalisation de ces travaux de mise en sécurité des lieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Carignan-de-Bordeaux une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les conditions requises par l’article L. 521-3 du code de justice administrative sont satisfaites dès lors qu’il est urgent que la commune de Carignan-de-Bordeaux prenne toute mesures utiles afin de sécuriser les lieux et que la réalisation des travaux requis ne fait pas manifestement obstacle à aucune décision administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chauvin, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :


1. M. B... A... est propriétaire d’une maison située 14 chemin de la Dévèze à Carignan-de-Bordeaux. Le 12 février 2026, un sinistre est survenu sur sa propriété à la suite d’une tempête du fait de la chute d’un arbre et d’un éboulement dans le ruisseau d’une partie de son terrain située en limite séparative avec la parcelle communale voisine. Estimant que cette parcelle présente une instabilité qui menace directement sa propriété, il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à commune de Carignan-de-Bordeaux de réaliser les travaux nécessaires à la mise en sécurité des lieux.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu’elle est dénuée d’urgence, ou qu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.

3. Par ailleurs, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque les effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

4. Par lettre recommandée contre accusé réception en date du 21 juillet 2026, M. A... a mis en demeure le maire de Carignan-de-Bordeaux de faire réaliser les études et travaux nécessaires à la sécurisation et au confortement du terrain communal (enrochement, soutènement, drainage ou tout autre dispositif techniquement adapté) afin de supprimer tout risque d’éboulement et de prendre immédiatement toutes mesures conservatoires dans l’attente de la réalisation de ces travaux de mise en sécurité des lieux, de procéder à la remise en état de sa parcelle et de l’indemniser de l’ensemble des préjudices qu’il estime avoir subis en lien avec le sinistre survenu le 12 février 2026.

5. Il ne résulte pas des pièces produites à l’appui de la requête, notamment du rapport de l’expertise diligentée par l’assureur de M. A... à la suite de la déclaration du sinistre survenu le 12 février 2026, et des photographies des lieux, qu’un terrain appartenant à la commune, ou un ouvrage public dont elle aurait la charge, menacerait de s’effondrer et de causer un dommage au requérant, ni qu’il existerait un risque d’instabilité ou tout autre risque pour la sécurité des biens ou des personnes. L’expert qui s’est rendu sur place n’a pas relevé l’urgence de la situation ni préconisé des travaux immédiats. Ainsi, le requérant ne justifie pas de l’urgence de la situation, ni que les mesures qu’il sollicite auraient pour objet de prévenir un péril grave, le risque allégué n’ayant, en l’espèce, ni un caractère imminent, ni même un caractère certain. Le maire ayant en outre été saisi par l’intéressé, la mesure sollicitée du juge des référés serait de nature à faire obstacle à l’exécution à la décision prise sur la demande de M. A....


5. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A... en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A....

Copie sera transmise pour information à la commune de Carignan-de-Bordeaux.



Fait à Bordeaux, le 3 aout 2026.

La juge des référés,




Chauvin

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,