Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B... qui contestait une contrainte pour le recouvrement d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale. La juridiction a constaté que le requérant, bien qu'invité à régulariser sa demande, n'avait pas fourni dans les délais l'argumentation et les pièces nécessaires pour étayer ses moyens. En conséquence, la requête a été jugée irrecevable en application de l'article R. 222-1 (7°) du code de justice administrative, faute de précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien-fondé des arguments présentés.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2025, M. A... B... forme opposition à la contrainte émise le 23 septembre 2025 par la mutualité sociale agricole du Languedoc en vue du recouvrement d’un trop-perçu d’allocation de logement sociale d’un montant de 233,34 euros et demande à défaut une remise gracieuse totale.
Il soutient que :
- le trop-perçu résulte d’une erreur de la mutualité sociale agricole ;
- il a toujours transmis l’ensemble des documents demandés dans les délais et a agi en toute bonne foi ;
- sa situation financière est particulièrement fragile ;
- le remboursement de cette somme mettrait en péril son équilibre budgétaire déjà précaire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (…), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ; (…). ».
L’article R. 772-6 du même code, applicable aux contentieux sociaux dont relève la présente requête, dispose que : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ».
Par un courrier recommandé en date du 19 décembre 2025 auquel était joint le formulaire prévu par l’article R. 772-7 du code de justice administrative, M. B... a été invité à régulariser sa requête et à produire devant le tribunal, dans un délai de quinze jours, à peine d’irrecevabilité, une argumentation destinée à montrer que la décision contestée a méconnu ses droits ainsi que tous documents jugés utiles pour justifier sa demande.
Alors que M. B... n’a pas retourné ce formulaire, ni dans le délai de quinze jours qui lui a été imparti, ni à la date de la présente ordonnance, sa requête, qui ne comporte que des moyens manifestement non assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. M. B... peut s’il s’y croit fondé demander un échéancier de paiement auprès de la caisse d’allocations familiales de l’Hérault.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Copie en sera adressée à la mutualité sociale agricole du Languedoc.
Fait à Montpellier, le 10 mars 2026.
La présidente de la 1ère Chambre,
F. Corneloup
La République mande et ordonne au ministre du Travail et de la Solidarité en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 10 mars 2026
La greffière,
M. C...