Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2603776
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2603776 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET D' AVOCATS FONTAINE ASSOCIES |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2026, Mme G... F..., veuve B..., représentée par la société civile professionnelle (SCP) d’avocats Cabinet Fontaine & Floutier, demande au juge des référés :
1°) de prescrire une mesure d’expertise aux fins de d’apprécier l’étendue des désordres affectant le mur de clôture de sa propriété, située au 44 rue des Vignes sur le territoire de la commune de Perpignan (Pyrénées-Orientales), à l’angle du boulevard Docteur C... E..., d’en rechercher l’origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier ;
2°) de dire que l’expert adressera un pré-rapport aux parties ;
3°) de mettre les frais d’expertise à la charge de la commune de Perpignan.
Elle soutient que :
- un arbre implanté sur trottoir communal est tombé le 23 octobre 2025 et a occasionné des désordres sur sa clôture ; ce sinistre a donné lieu à une expertise amiable et à une réclamation indemnitaire adressée à la commune de Perpignan le 9 mars 2026 ;
- la chute d’un second arbre le 12 février 2026 a provoqué de nouveaux désordres sur sa propriété qui ont donné lieu à une seconde demande indemnitaire adressée à la commune le 10 mars 2026 ;
- l’expertise est utile à faire constater les éléments techniques dont la conservation est nécessaire à la solution du litige.
Par un mémoire, enregistré le 11 juin 2026, la commune de Perpignan et la société Paris nord assurances services (PNAS), représentées par Me Pierson, avocat, concluent au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à la mise hors de cause de la société PNAS, et, en tout état de cause, à ce qu’il soit mis à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- il n’est pas justifié de l’utilité de l’expertise sollicitée dès lors que la requérante a saisi le tribunal d’une requête indemnitaire le 22 mai 2026 ;
- la société PNAS n’est pas l’assureur de la commune mais un simple courtier.
Par un mémoire, enregistré le 17 juin 2026, la société d’assurance mutuelle MAPA, représentée par la SCP Doria Avocats, déclare ne pas s’opposer à la mesure d’expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d’usage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d’expertise :
1. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence d’une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (…) ».
2. L’utilité d’une mesure d’instruction ou d’expertise qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d’une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d’autres moyens et, d’autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l’intérêt que la mesure présente dans la perspective d’un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. S’il résulte également de l’article R. 625-1 du code de justice administrative qu’il peut être fait application des dispositions de l’article R. 532-1 alors même qu’une requête au fond est en cours d’instruction, il appartient au juge des référés d’apprécier l’utilité de la mesure demandée sur ce fondement.
4. Mme F... demande au juge des référés de prescrire une expertise en vue de déterminer l’étendue et l’origine des désordres affectant sa propriété à la suite de la chute, sur son mur de clôture, les 23 octobre 2025 et 12 février 2026, de deux arbres implantés sur le domaine public de la commune de Perpignan.
5. Il résulte toutefois de l’instruction que Mme F... a introduit devant le tribunal administratif de Montpellier, sous le n° 2604248, une requête tendant à la condamnation de la commune de Perpignan à l’indemniser des préjudices subis à raison des évènements exposés au point 4. Or, l’intéressée ne produit, à l’appui de la demande d’expertise qu’elle présente au juge des référés, aucun élément de nature à justifier qu’il fasse usage des pouvoir qu’il tient des dispositions citées au point 1, sans attendre que la formation de jugement chargée de l’instruction de la requête n° 2604248 ait pu elle-même en apprécier l’utilité. Ainsi, aucune circonstance particulière ne confèrerait à la mesure qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner un caractère d’utilité différent de celui de la mesure que le juge du fond pourra, le cas échéant, décider dans l’exercice de ses pouvoirs de direction de l’instruction.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme F... doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7.Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Perpignan et la société PNAS sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme F... est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Perpignan et de la société PNAS tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme G... F..., veuve B..., à la commune de Perpignan, à la société Paris nord assurances services (PNAS), à M. A... D... et à la société d’assurance mutuelle MAPA.
Fait à Montpellier, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er septembre 2026,
L’attaché,
Médéric Arias
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2026, Mme G... F..., veuve B..., représentée par la société civile professionnelle (SCP) d’avocats Cabinet Fontaine & Floutier, demande au juge des référés :
1°) de prescrire une mesure d’expertise aux fins de d’apprécier l’étendue des désordres affectant le mur de clôture de sa propriété, située au 44 rue des Vignes sur le territoire de la commune de Perpignan (Pyrénées-Orientales), à l’angle du boulevard Docteur C... E..., d’en rechercher l’origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier ;
2°) de dire que l’expert adressera un pré-rapport aux parties ;
3°) de mettre les frais d’expertise à la charge de la commune de Perpignan.
Elle soutient que :
- un arbre implanté sur trottoir communal est tombé le 23 octobre 2025 et a occasionné des désordres sur sa clôture ; ce sinistre a donné lieu à une expertise amiable et à une réclamation indemnitaire adressée à la commune de Perpignan le 9 mars 2026 ;
- la chute d’un second arbre le 12 février 2026 a provoqué de nouveaux désordres sur sa propriété qui ont donné lieu à une seconde demande indemnitaire adressée à la commune le 10 mars 2026 ;
- l’expertise est utile à faire constater les éléments techniques dont la conservation est nécessaire à la solution du litige.
Par un mémoire, enregistré le 11 juin 2026, la commune de Perpignan et la société Paris nord assurances services (PNAS), représentées par Me Pierson, avocat, concluent au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à la mise hors de cause de la société PNAS, et, en tout état de cause, à ce qu’il soit mis à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- il n’est pas justifié de l’utilité de l’expertise sollicitée dès lors que la requérante a saisi le tribunal d’une requête indemnitaire le 22 mai 2026 ;
- la société PNAS n’est pas l’assureur de la commune mais un simple courtier.
Par un mémoire, enregistré le 17 juin 2026, la société d’assurance mutuelle MAPA, représentée par la SCP Doria Avocats, déclare ne pas s’opposer à la mesure d’expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d’usage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d’expertise :
1. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence d’une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (…) ».
2. L’utilité d’une mesure d’instruction ou d’expertise qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d’une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d’autres moyens et, d’autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l’intérêt que la mesure présente dans la perspective d’un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. S’il résulte également de l’article R. 625-1 du code de justice administrative qu’il peut être fait application des dispositions de l’article R. 532-1 alors même qu’une requête au fond est en cours d’instruction, il appartient au juge des référés d’apprécier l’utilité de la mesure demandée sur ce fondement.
4. Mme F... demande au juge des référés de prescrire une expertise en vue de déterminer l’étendue et l’origine des désordres affectant sa propriété à la suite de la chute, sur son mur de clôture, les 23 octobre 2025 et 12 février 2026, de deux arbres implantés sur le domaine public de la commune de Perpignan.
5. Il résulte toutefois de l’instruction que Mme F... a introduit devant le tribunal administratif de Montpellier, sous le n° 2604248, une requête tendant à la condamnation de la commune de Perpignan à l’indemniser des préjudices subis à raison des évènements exposés au point 4. Or, l’intéressée ne produit, à l’appui de la demande d’expertise qu’elle présente au juge des référés, aucun élément de nature à justifier qu’il fasse usage des pouvoir qu’il tient des dispositions citées au point 1, sans attendre que la formation de jugement chargée de l’instruction de la requête n° 2604248 ait pu elle-même en apprécier l’utilité. Ainsi, aucune circonstance particulière ne confèrerait à la mesure qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner un caractère d’utilité différent de celui de la mesure que le juge du fond pourra, le cas échéant, décider dans l’exercice de ses pouvoirs de direction de l’instruction.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme F... doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7.Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Perpignan et la société PNAS sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme F... est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Perpignan et de la société PNAS tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme G... F..., veuve B..., à la commune de Perpignan, à la société Paris nord assurances services (PNAS), à M. A... D... et à la société d’assurance mutuelle MAPA.
Fait à Montpellier, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er septembre 2026,
L’attaché,
Médéric Arias
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