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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2604729

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2604729

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2604729
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSERGENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juin 2026, M. B... C... A..., représenté par Me Sergent, demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet de l’Aude du 20 mars 2026 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination, avec interdiction de retour d’une durée d’un an et signalement aux fins de non admission dans le système d’information Schengen.

Il soutient que :
la condition d’urgence est remplie car, faute de titre de séjour, son hébergement va prendre fin le 8 juillet 2026, et l’empêcher de pouvoir recevoir son enfant en garde partagée portant atteinte à lui-même et à son fils ;
la décision attaquée est illégale pour : 1) incompétence du signataire de l’acte attaqué, avec une signataire électronique non conforme à l’article L. 212-3 du code des relations entre le public et l’administration ; 2) erreurs de fait et défaut d’examen sérieux de sa situation dès lors qu’il a déposé une demande de titre de séjour le 18 mars 2025 non examiné par le préfet ; il justifie d’attaches réelles et stables sur le territoire français en étant entré en France en 2021 et étant père d’un enfant mineur résidant en France pour lequel il exerce son autorité parentale et bénéficie d’une résidence alternée ; 3) violation de l’article L. 423-23 du code précité et de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et erreur manifeste d’appréciation compte tenu de ce qui précède ; 4) méconnaissance de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile au vu de sa demande de titre de séjour sus rappelé ; 5) méconnaissance de l’article L. 613-1 du même code et erreur manifeste d’appréciation eu égard aux erreurs de fait, de droit et d’appréciation précités ; 6) la décision refusant d’accorder un délai de départ volontaire méconnait les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code précité dès lors qu’il justifie d’une demande de titre de séjour, en cours d’instruction, et justifie d’un domicile connu des services de la préfecture ; 7) méconnaissance de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant ; 8) la décision portant interdiction de retour d’une durée d’un an méconnait l’article L. 612-6 du code précité et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Vu :
la requête au fond n° 2604730 enregistrée le 10 juin 2026,
les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gayrard, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Gayrard, juge des référés, a été entendu au cours de l’audience publique du 26 mai 2026 à 14 heures 30.


Considérant ce qui suit :


M. B... C... A..., ressortissant nigérian né le 20 mai 1984, déclare être entré en France en 2021 et avoir déposé une demande de titre de séjour en qualité de parent d’enfant français le 18 mars 2025 à la préfecture des Pyrénées-Orientales. Interpellé le 15 mars 2026, il a fait l’objet d’un arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du même jour l’obligeant à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination et en lui interdisant d’y retourner pour une durée d’un an. M. A... demande au juge des référés de prononcer la suspension de l’exécution de cet arrêté.


Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».


Aux termes de l’article L. 722-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. (…). ». Selon les termes de l’article L. 722-8 du même code : « Lorsque l'étranger ne peut être éloigné en exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne peut pas procéder à l'exécution d'office de l'interdiction de retour assortissant cette obligation de quitter le territoire français. ».


Eu égard au caractère suspensif du recours contentieux prévu à l’article L. 722-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’obligation de quitter le territoire français dont fait l’objet M. A... n’est pas susceptible de recevoir exécution avant que le tribunal administratif n’ait statué au fond sur la légalité de l’arrêté préfectoral du 15 mars 2026. Cette procédure spéciale, prévue par le code précité, présente des garanties au moins équivalentes à celles prévues par le livre V du code de justice administrative dont, par suite, elle exclut que le requérant demande utilement l’application en formant un recours en référé prévu à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Il suit de là que les conclusions par lesquelles M. A... demande au juge des référés de prononcer la suspension de l’exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français sont irrecevables, ainsi que celles dirigées contre les autres décision en découlant, décisions refusant d’accorder un délai de départ volontaire ou lui interdisant de retourner sur le territoire national pour une durée d’un an. Ainsi, sans qu’il y ait lieu de se prononcer sur la condition d’urgence ou le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, la requête de M. A... peut être rejetée par application de l’article L.522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A... et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Fait à Montpellier, le 1er juillet 2026.


Le juge des référés,




J-P. GAYRARD



La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er juillet 2026,

Le greffier,



D. MARTINIER



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