Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2026, Mme B... A..., représentée par Me Blazy, avocate, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) à titre principal, d’enjoindre à la préfecture de l’Hérault de lui remettre un récépissé l’autorisant à travailler dans l’attente de l’examen de sa demande de carte de résident déposée le 18 juin 2026 ;
2°) à titre subsidiaire, de la recevoir pour le dépôt de sa demande de carte de résident, d’examiner cette demande, et de lui remettre un récépissé l’autorisant à travailler dans l’attente de cet examen ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à lui verser au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l’urgence est établie dès lors qu’elle bénéficie de titres de séjour en qualité de mère d'enfant français depuis 2020 et se trouve dans l'impossibilité de déposer sa demande de renouvellement, malgré ses démarches répétées ;
- la mesure est utile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
2. Le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 521-3 du code de justice administrative peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, au jour où il statue, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si cette situation est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, au requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre.
3. Il résulte de l’instruction que le conseil Mme A... a enjoint, dans un délai de huit jours à compter de la réception du courrier, la préfecture de l’Hérault à remettre à Mme A..., un récépissé l’autorisant à travailler. La préfecture de l’Hérault a accusé réception de ce courrier, le 18 juin 2026. Eu égard au délai laissé par son conseil et à celui nécessaire à l’administration pour instruire une telle demande, la condition d’urgence ne peut être considérée comme satisfaite. Ainsi, Mme A... n’établit ni l’existence d’une situation d’urgence qui préjudicierait suffisamment gravement et immédiatement à sa situation, ni l’utilité de la mesure qu’elle sollicite dans la présente instance. Par suite, la requête de Mme A... doit être rejetée, dans toutes ses conclusions y compris celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
Sur l’amende pour recours abusif :
4. Aux termes de l’article R. 741-12 du code de justice administrative : « Le juge peut infliger à l’auteur d’une requête qu’il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ». S’il n’y a pas lieu, dans la présente instance, de faire usage de cet article, Mme A... est informée que si le droit à un recours effectif est une garantie fondamentale de l’Etat de droit, il ne saurait toutefois conduire à solliciter inutilement le service public de la justice, dont le fonctionnement représente un coût pour la collectivité et que l’application de ces dispositions est un pouvoir propre du juge dont il peut user lorsqu’il estime que la requête présente un caractère abusif.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Copie en sera adressée à la préfète de l’Hérault.
Fait à Montpellier, le 1er juillet 2026
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande à la préfète de l’Hérault en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er juillet 2026.
Le greffier,
D. Martinier