Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2606305

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2606305
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantVIDAL SÉBASTIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2026, la société à responsabilité limitée (SARL) Logistri Méditerranée, représentée par Me Vidal, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder une provision de 894 508,80 euros à la charge de l’État, correspondant à l’intégralité de la créance reconnue par l’administration fiscale ;

2°) d’ordonner, en tant que de besoin, l’ouverture d'une instruction contradictoire et la tenue d’une audience publique, conformément à l’article L. 522-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que l’obligation dont elle se prévaut est non sérieusement contestable dès lors que le caractère compensable de ses dettes n’est pas démontré.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Thévenet pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :

Sur la demande de provision :

1. Aux termes de l’article R. 541-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l’absence d’une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l’a saisi lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Il peut, même d’office, subordonner le versement de la provision à la constitution d’une garantie. » Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

2. Il résulte des dispositions précitées de l’article R. 541-1 du code de justice administrative que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s’assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l’existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n’a d’autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l’obligation dont les parties font état. Dans l’hypothèse où l’évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d’une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

3. Pour demander la condamnation de la direction de contrôle fiscal Sud-Pyrénées au paiement d’une provision d’un montant de 894 508,80 euros, la SARL Logistri Méditerranée soutient que cette somme n’est pas sérieusement contestable dès lors que l’administration et le juge des référés dans l’ordonnance n°2605856 du 20 juillet 2026, ne démontrent pas le caractère compensable des dettes dont elle resterait redevable à l’égard de l’Etat à hauteur de ce même montant.

4. Le moyen soulevé par la SARL Logistri Méditerranée révèle, en lui-même, le caractère sérieusement contestable de l’obligation dont elle se prévaut à l’égard de l’Etat. Ainsi, les éléments et arguments soumis par la SARL Logistri Méditerranée dans cette instance, ne sont pas de nature à établir, avec un degré suffisant de certitude, l’existence de l’obligation dont elle se prévaut. Par suite, il y a lieu de rejeter toutes les conclusions de la requête de la SARL Logistri Méditerranée, y compris celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Sur l’amende pour recours abusif :

5. Aux termes de l’article R. 741-12 du code de justice administrative : « Le juge peut infliger à l’auteur d’une requête qu’il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ». S’il n’y a pas lieu, dans la présente instance, de faire usage de cet article, la SARL Logistri Méditerranée est informée que l’application de ces dispositions est un pouvoir propre du juge dont il peut user lorsqu’il estime que la réitération de requête mal fondée, présente un caractère abusif.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de la SARL Logistri Méditerranée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée Logistri Méditerranée.


Fait à Montpellier, le 3 août 2026.


Le juge des référés,













F. Thévenet

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 août 2026.
Le greffier,


F. Balicki