Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant par ordonnance, rejette la requête de contribuables demandant la décharge de leur taxe d'habitation. La juridiction estime la requête manifestement irrecevable car les requérants n'ont pas produit la décision de rejet de leur réclamation préalable obligatoire auprès du service des impôts, comme l'exige l'article R. 190-1 du Livre des Procédures Fiscales. Le rejet est prononcé sur le fondement de l'article R. 222-1 du Code de Justice Administrative, pour défaut de régularisation d'une irrecevabilité manifeste.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2026, Mme B... et M. A... C... demandent au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle ils ont été assujettis dans les rôles de la commune de Saint-Briac-sur-mer au titre de l'année 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le livre des procédures fiscales et le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. (…) ».
Aux termes de l’article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : « Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. / (…) ».
A l’appui de leur requête, les requérants n’ont ni produit la décision de rejet de leur éventuelle réclamation contentieuse ni justifié de ce qu’ils avaient déposé devant le service des impôts cette réclamation, exigée par l’article R. 190-1 du livre des procédures fiscales. Si, en réponse à une demande de régularisation du 16 février 2026, ils ont produit, à nouveau, un courrier du conciliateur fiscal en date du 10 février 2026, celui-ci n’est aucunement assimilable à une décision de rejet d’une réclamation contentieuse. Ainsi, la requête ne satisfait pas aux exigences de l’article R. 412-1 du code de justice administrative. Elle est donc manifestement irrecevable et doit, à ce titre, être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... et M. A... C....
Fait à Rennes, le 17 mars 2026.
Le président de la 2ème chambre,
signé
T. Jouno
La République mande et ordonne au ministre de l'action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.