Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2606297
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2606297 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | JEANNEL |
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606297, l’association pour la protection des rivières de Crac’h (APRC), représentée par Me Jeannel, demande au juge des référés :
1°) A titre principal, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral (SPPL) et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, celle de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles YL58 C219 C220 C223 C540 C224 C539 C226 C227 C228 C229 C417 C204 C452 C541 C420 F683 F684 F686 F22 F801 G2 G4 G5 G1247 G52 G1240 G1586 G1760 G1442 G1424 G1441 G1426 G1427 G1425 G87 G97 G96 G95 G94 G1198 G1199 G131 G130 G137 G136 G134 G133 G135 G145 G146 G148 G149 G1778 G155 G156 G158 G157 G726 G727 G1316 G1317 G1915(ex G750+G729) G752 G757 G1903 (ex G755+G756) G1821 G758 G763 G764 G765 G759 G760 G761 G784 G766 G1820 G775 G1872 G769 G770 G1871 G1825, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, celle de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL au droit de ces parcelles et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- s’agissant de l’urgence : les articles L. 122-2, L. 122-11 et L. 414-4 du code de l’environnement prévoient des mécanismes de suspension automatique d’un acte administratif ayant des incidences notables sur l’environnement lorsque celles-ci n’ont pas été évaluées. L’indigence de l’évaluation des incidences Natura 2000 impose la suspension immédiate de l’arrêté en application de l’article L. 414-4 du code de l’environnement. Les travaux de débroussaillage prévus à compter du 7 septembre 2026 ne constituent pas une simple opération d'entretien. Ils constituent la première phase de mise en œuvre de la SPPL et produiront des effets immédiats, avant même que le juge du fond ne puisse se prononcer ;
- les opérations de débroussaillage permises par l’arrêté du 20 décembre 2024 portent atteinte à plusieurs intérêts publics qu’elle défend : d’une part, ces travaux vont porter une atteinte grave et irréversible à des espèces protégées d’oiseaux ; d’autre part, ils accroissent le risque de départ de feu dans les boisements localisés autour de la rivière de Crac’h, exposant tant la biodiversité, que les personnes et les biens, à un risque pour leur sécurité. Il existe en effet un risque majeur de départ de feu et de propagation d’incendie dans les communes de Carnac et de Crac’h qui sont, qui plus est, au moment du dépôt de ce référé suspension, sous le coup de mesures de protection prises par préfet. En outre, ces opérations de débroussaillage risquent d’aggraver l’érosion des falaises qui surplombent certaines parties de la rivière. Enfin, elles constituent une ouverture de facto des zones sensibles au public et présentent en cela un caractère irréversible ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
* l’arrêté aurait dû faire l’objet d’une évaluation préalable de ses impacts sur l’environnement ; il appartenait au préfet de faire usage de ses pouvoirs en soumettant le projet de tracé à l’examen au cas par cas prévu au IV de l’article L. 122-1 du code de l’environnement ;
* les modifications et suspensions du tracé de la SPPL ont été approuvées et modifiées sans avoir donné lieu à une évaluation appropriée des incidences Natura 2000 de ce chemin piétonnier. Dès lors qu’un projet est susceptible de porter atteinte significativement à un site Natura 2000, il doit faire l’objet d’une évaluation appropriée de ses incidences et ne peut être réalisé si une atteinte à l’intégrité du site est caractérisée, sauf à ce que des mesures à même de l’écarter avec certitude aient été prises. En l’espèce, l’évaluation des incidences Natura 2000 de la mise en œuvre de la SPPL est insuffisante et incomplète à plusieurs titres : d’une part, elle souffre de nombreuses insuffisances méthodologiques. D’autre part, elle ne recense pas la totalité des espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 situées à proximité ont été créées. En outre, l’analyse des effets temporaires ou permanents, directs ou indirects de la mise en œuvre de la SPPL n’a pas été correctement évaluée. Enfin, l’atteinte aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 situés à proximité de la rivière de Crac’h n’est pas évaluée ;
* l’arrêté a été pris en violation de l’article L. 414-4 du code de l’environnement : en premier lieu, l’étude des incidences Natura 2000 sous-estime manifestement les impacts de la mise en œuvre de la SPPL sur de nombreuses espèces pour la conservation desquelles ces zones ont été désignées. En deuxième lieu, l’impact d’une augmentation de la fréquentation piétonne, voire d’une hyper-fréquentation, sur les espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 proches ont été désignées, n’est pas évalué. En troisième lieu, l’adoption de distances d’envol erronées ou inadaptées pour les espèces d’oiseaux qui fréquentent la rivière pour s’y nourrir, s’y reposer ou s’y reproduire, conduit à une appréciation inexacte des incidences de la mise en œuvre de la SPPL et notamment de l’efficacité des mesures de réduction retenues pour réduire ces incidences. En quatrième lieu, l’étude d’incidence Natura 2000 ne procède pas à l’évaluation des incidences de la SPPL sur les objectifs de conservation des deux zones Natura 2000 situées à proximité. En cinquième et dernier lieu, il ressort des diagnostics écologiques effectués entre 2023 et 2024 que la mise en œuvre de la SPPL aura en réalité une incidence préjudiciable sur les objectifs de conservation des sites Natura 2000 Golfe du Morbihan et Baie de Quiberon ;
* le tracé de la SPPL entraîne un risque caractérisé pour de nombreuses espèces protégées, de sorte que ses modifications et suspensions causent une atteinte interdite par l’article L. 411-1 du code de l’environnement. En l’espèce, la présence de spécimens d’espèces protégées d’oiseaux a été identifiée à de multiples endroits sur le tracé de la SPPL et en proximité. La rivière de Crac’h constitue en effet pour ces espèces une zone de reproduction, d’alimentation, de repos et une halte migratoire. La fréquentation de ce sentier par les piétons va les perturber dans l’accomplissement de leur cycle biologique. La mise en œuvre de la SPPL entraine donc pour ces espèces protégées un risque d’atteinte caractérisée qu’interdit l’article L. 411-1 du code de l’environnement, sans que les mesures de réduction proposées permettent de le réduire efficacement ;
* l’arrêté méconnaît les articles L. 121-32 et R. 121-13 du code de l’urbanisme ;
* il méconnaît les dispositions du code de l’urbanisme en matière de protection de la biodiversité et de sécurité. En l’espèce, le tracé de la SPPL compromet la conservation de plusieurs sites qui doivent être protégés pour des raisons écologiques et expose également les piétons à des risques pour leur sécurité compte tenu de sa submersion régulière. Il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté compte tenu des erreurs manifestes d’appréciation qui ont mené à son adoption.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire à son rejet.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable :
* la requête en référé-suspension étant l’accessoire d’une requête au fond, celle-ci doit, à peine d’irrecevabilité, comporter un objet identique à la requête principale au fond. Les conclusions formulées par la requérante diffèrent profondément dans leur objet ;
* de surcroît, les référés-suspensions, qu’ils soient introduits en application de l’article L. 122-11 du code de l’environnement ou de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, doivent être dirigés à l’encontre d’actes administratifs existants en droit positif. Or, il est certain qu’aucun permis d’aménager ni aucun préavis de travaux n’a encore été édicté à ce jour ;
- s’agissant de l’urgence sur la demande de suspension en application des articles L. 414-4 et L. 122-11 du code de l’environnement : Le présent projet, compte tenu de ses caractéristiques, dans la mesure où il ne se trouve, ni dans le périmètre d’un site Natura 2000, ni à proximité immédiate d’une zone de protection spéciale, ni dans un site d’importance communautaire, ne rentre pas dans les cas prévus à l’article L. 414-4 du code de l’environnement et à l’arrêté du 18 mai 2011 fixant la liste locale des documents de planification, programmes, projets, manifestations et interventions soumis à l’évaluation des incidences Natura 2000. Dès lors, la réalisation d’une étude d’incidences Natura 2000 ne s’imposait pas. Toutefois, bien qu’elle ne soit pas juridiquement obligatoire, celle-ci a néanmoins été conduite afin de prendre en considération les spécificités environnementales du secteur. Considérant que les projets réalisés sur la rivière de Crac’h ne peuvent être exempts de tout contrôle au regard du régime Natura 2000, une évaluation d’incidence a en effet été réalisée afin de s’assurer que la mise en place d’une SPPL n’est pas susceptible de porter atteinte, directement ou indirectement, et de manière significative, aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 voisins, notamment ceux du Golfe du Morbihan et de la baie de Quiberon. Si la requérante soutient que l’évaluation d’incidence Natura 2000 réalisée serait inappropriée et comporterait de nombreuses insuffisances quant aux effets du projet sur les caractéristiques du site et ses fonctions écologiques et ainsi porterait une atteinte significative aux sites Natura 2000 voisins, en l’espèce, l’évaluation d’incidences a été conduite par le bureau Synergis Environnement. Contrairement à ce que prétend la requérante, une étude sérieuse et complète a été menée conformément à l’article R. 414-23 du code de l’environnement qui en fixe le contenu ;
- s’agissant de l’urgence sur la demande de suspension en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
* au regard des travaux annoncés comme débutant à partir du 7 septembre 2026, qui présenteraient un caractère difficilement réversible pour les espèces protégées présentes sur le site. Ces travaux ne sont pas assez importants pour être réalisés sous l’empire d’un permis d’aménager, puisqu’ils consistent en une simple opération de débroussaillage qui restera limitée au strict nécessaire pour le passage des piétons et sera mise en œuvre en dehors des espaces remarquables du littoral. Ainsi ces travaux n’ont absolument aucune conséquence irréversible. En outre, il est à noter que le débroussaillage se distingue de façon très nette du défrichement, qui consiste pour sa part en la coupe d’arbres afin de détruire l’état boisé d’un terrain et de mettre fin à sa destination forestière ;
* les craintes vis-à-vis du risque d’incendie associé à l’opération de débroussaillage ne sont pas justifiées. Le courrier informant les riverains du futur sentier côtier d’une opération de débroussaillement leur a été adressé le 17 juillet 2026, soit plusieurs semaines avant la publication, sur le site internet de la préfecture, le 6 août 2026, du communiqué de presse relatif à la prévention des feux de forêt et interdisant, dans ce contexte, le débroussaillage. Par ailleurs, cette opération est prévue pour l’heure « à partir » du 7 septembre prochain. Le calendrier de mise en œuvre de cette opération pourra être adapté en fonction du contexte de la sécheresse. En tout état de cause le débroussaillement ne pourra avoir lieu que pour autant que son interdiction actuelle sera levée ;
* sur le fait que les opérations de débroussaillage accentueront le phénomène d’érosion côtière, il n’en est rien. L’érosion côtière ne constitue pas un risque naturel majeur dans la mesure où il s’agit d’un aléa naturel observable, mais dont la progression est relativement lente et dont les impacts sont aisément anticipables et limités ;
* sur le fait que les travaux de débroussaillage projetés constitueront une ouverture des zones sensibles au public ; le simple débroussaillage de l’emplacement de la sente n’aura pas pour effet immédiat d’ouvrir le sentier côtier au public, bien au contraire. Il n’emportera pas davantage de destruction de nids des espèces protégées d’oiseaux, car l’opération projetée ne consiste pas en un défrichement ; les mesures d’évitement, de réduction et de compensation des impacts du débroussaillage ont, de plus, été pleinement envisagées par l’étude d’incidences Natura 2000 ;
* la requérante a déposé sa requête en recours pour excès de pouvoir devant le tribunal le 18 juin 2025 à l’encontre de l’arrêté du 20 décembre 2024. Elle a attendu le 11 août 2026, soit plus d’un an, avant de déposer sa requête en référé-suspension ;
* La SPPL répond à l’intérêt public, reconnu par la loi littoral, qui est de permettre le libre accès du public au rivage ;
- aucun des moyens soulevés n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
* le moyen tiré de l’absence de soumission du projet à une procédure d’évaluation environnementale au cas par cas ne peut qu’être écarté comme inopérant, dès lors que le projet de SPPL, quand bien même il s’inscrit dans un site présentant des enjeux écologiques, ne présente ni l’ampleur ni les caractéristiques susceptibles de dénaturer le site ou de porter atteinte de manière significative à l’environnement ;
* le moyen tiré de ce que le projet n’a pas fait l’objet d’une évaluation appropriée en raison d’une analyse insuffisante des effets de la SPPL ne peut qu’être écarté ;
* l’évaluation de l’impact du projet sur les objectifs des sites Natura 2000 les plus proches, réalisée dans le cadre de la SPPL de la rivière de Crac’h est régulière et suffisante ;
* le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l’environnement est inopérant ;
* le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 121-32 et R. 121-13 du code de l'urbanisme doit être écarté.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 26 août 2026, l’association pour la protection des rivières de Crac’h conclut aux mêmes fins que précédemment.
Elle fait valoir que :
- contrairement à ce que soutient le préfet, la recevabilité d’une requête en référé suspension n’est pas conditionnée à l’identité de son objet avec celle de la requête introduite pour la réformation de l’acte dont la suspension est recherchée ;
- la suspension de l’exécution des décisions doit nécessairement entraîner celle des actes qui y trouveront leur fondement, dans l’attente du jugement à venir sur la requête en annulation ;
- aucune évaluation de l’incidence du tracé de la SPPL sur les objectifs de conservation des sites, pour l’Avocette élégante, le Chevalier culblanc, le Guillemot de Troïl, la Sterne pierregarin, le Bécasseau maubèche, le Chevalier gambette, le Héron gardebœufs, le Tournepierre à collier, la Bécassine des marais, le Faucon pèlerin, la Huîtrier pie, le Balbuzard pêcheur, le Goéland leucophée, la Spatule blanche, le Busard des roseaux, le Grèbe à cou noir, et la Sterne, n’a été effectuée. L’évaluation des incidences Natura 2000 réalisée pour les autres espèces d’oiseaux confine à l’inexistence, compte tenu de ses insuffisances ;
- c’est à tort que le préfet soutient que la modification du tracé de la SPPL et son absence de suspension, n’avaient pas à être précédées d’une évaluation environnementale. Seule une évaluation environnementale ou une étude d’impact aurait permis d’écarter le risque d’atteinte interdite que présente la mise en œuvre de la SPPL pour 99 espèces protégées. En l’absence d’une telle étude d’impact et de mise en œuvre d’une évaluation environnementale, la suspension de l’arrêté en cause s’impose donc également en application de l’article L. 122-11 et L. 122-2 du code de l’environnement.
La commune de Carnac n’a pas produit à l’instance.
II. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606298, l’association pour la protection des rivières de Crac’h (APRC), représentée par Me Jeannel, demande au juge des référés :
1°) A titre principal, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Crac’h, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux, et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, celle de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Crac’h, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles YL57, YL58, YL54, YK31, YK30, YK5, YK1, YK2 , YK183, YK137, YK138, YK134, YK117, YI6,YI9, YI5,YI4,YI1,YI2, YI3,YI112, YI113, YI114, YI115,YI95, YI94, YI91, YI92, YI93, YI150, YI149, YI89, YI149, YI88, YI87, YI86, YI130, et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL au droit de ces parcelles et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient les mêmes moyens que ceux développés sous le numéro précédent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir les mêmes moyens que sous le numéro précédent.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 26 août 2026, l’association pour la protection des rivières de Crac’h conclut aux mêmes fins que précédemment.
La commune de Crac’h n’a pas produit à l’instance.
III. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606299, la SCI Kastell Vihan, représentée par Me Jeannel, demande au juge des référés :
1°) A titre principal d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles C204, C226, C227 et C539 et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- s’agissant de l’urgence : les articles L. 122-2, L. 122-11 et L. 414-4 du code de l’environnement prévoient des mécanismes de suspension automatique d’un acte administratif ayant des incidences notables sur l’environnement lorsque celles-ci n’ont pas été évaluées. L’indigence de l’évaluation des incidences Natura 2000 impose la suspension immédiate de l’arrêté en application de l’article L. 414-4 du code de l’environnement. Les travaux de débroussaillage prévus à compter du 7 septembre 2026 ne constituent pas une simple opération d'entretien. Ils constituent la première phase de mise en œuvre de la SPPL et produiront des effets immédiats, avant même que le juge du fond ne puisse se prononcer ;
- les opérations de débroussaillage permises par l’arrêté du 20 décembre 2024 portent atteinte à plusieurs intérêts publics qu’elle défend : d’une part, ces travaux vont porter une atteinte grave et irréversible à des espèces protégées d’oiseaux ; d’autre part, ils accroissent le risque de départ de feu dans les boisements localisés autour de la rivière de Crac’h, exposant tant la biodiversité, que les personnes et les biens, à un risque pour leur sécurité. Il existe un risque majeur de départ de feu et de propagation d’incendie dans les communes de Carnac et de Crac’h qui sont, qui plus est, au moment du dépôt de ce référé suspension, sous le coup des mesures de protection prises par préfet du département, comme l’atteste l’arrêté préfectoral du 6 août 2026. Ils constituent une ouverture de facto des zones sensibles au public et présente en cela un caractère irréversible. Enfin, ces travaux portent atteinte à son droit de propriété et à la sécurité des biens et des personnes qui se trouvent sur ses parcelles. Elle n’a pas donné son accord pour leur réalisation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
* l’arrêté aurait dû faire l’objet d’une évaluation préalable de ses impacts sur l’environnement ; il appartenait au préfet de faire usage de ses pouvoirs en soumettant le projet de tracé à l’examen au cas par cas prévu au IV de l’article L. 122-1 du code de l’environnement ;
* les modifications et suspensions du tracé de la SPPL ont été approuvées et modifiées sans avoir donné lieu à une évaluation appropriée des incidences Natura 2000 de ce chemin piétonnier. Dès lors qu’un projet est susceptible de porter atteinte significativement à un site Natura 2000, il doit faire l’objet d’une évaluation appropriée de ses incidences et ne peut être réalisé si une atteinte à l’intégrité du site est caractérisée sauf à ce que des mesures à même de l’écarter avec certitude aient été prises. En l’espèce, l’évaluation des incidences Natura 2000 de la mise en œuvre de la SPPL est insuffisante et incomplète à plusieurs titres : elle souffre de nombreuses insuffisances méthodologiques, l’évaluation des incidences Natura 2000 ne recense pas la totalité des espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 situées à proximité ont été créées, l’analyse des effets temporaires ou permanents, directs ou indirects de la mise en œuvre de la SPPL n’a pas été correctement évaluée ; l’atteinte aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 situés à proximité de la rivière de Crac’h n’est pas évaluée ;
* l’arrêté a été pris en violation de l’article L. 414-4 du code de l’environnement : en premier lieu, l’étude des incidences Natura 2000 sous-estime manifestement les impacts de la mise en œuvre de la SPPL sur de nombreuses espèces pour la conservation desquelles ces zones ont été désignées. En deuxième lieu, l’impact d’une augmentation de la fréquentation piétonne, voire d’une hyper-fréquentation, sur les espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 proches ont été désignées, n’est pas évalué. En troisième lieu, l’adoption de distances d’envol erronées ou inadaptées pour les espèces d’oiseaux qui fréquentent la rivière pour s’y nourrir, s’y reposer ou s’y reproduire, conduit à une appréciation inexacte des incidences de la mise en œuvre de la SPPL et notamment de l ’efficacité des mesures de réduction retenues pour réduire ces incidences. En quatrième lieu, l’étude d’incidence Natura 2000 ne procède pas à l’évaluation des incidences de la SPPL sur les objectifs de conservation des deux zones Natura 2000 situées à proximité. En cinquième et dernier lieu, il ressort des diagnostics écologiques effectués entre 2023 et 2024 que la mise en œuvre de la SPPL aura en réalité une incidence préjudiciable sur les objectifs de conservation des sites Natura 2000 Golfe du Morbihan et Baie de Quiberon ;
* le tracé de la SPPL entraîne un risque caractérisé pour de nombreuses espèces protégées, de sorte que ses modifications et suspensions causent une atteinte interdite par l’article L. 411-1 du code de l’environnement. En l’espèce, la présence de spécimens d’espèces d’oiseaux protégés a été identifiée à de multiples endroits sur le tracé de la SPPL et en proximité. La rivière de Crac’h constitue en effet pour ces espèces une zone de reproduction, d’alimentation, de repos, et une halte migratoire. La fréquentation de ce sentier par les piétons va les perturber dans l’accomplissement de leur cycle biologique. La mise en œuvre de la SPPL entraine donc pour ces espèces protégées un risque d’atteinte caractérisée à ces espèces qu’interdit l’article L. 411-1 du code de l’environnement, sans que les mesures de réduction proposées permettent de le réduire efficacement ;
* l’arrêté méconnaît les dispositions du code de l’urbanisme en matière de protection de la biodiversité et de sécurité. En l’espèce, le tracé de la SPPL compromet la conservation de plusieurs sites qui doivent être protégés pour des raisons écologiques et expose également les piétons à des risques pour leur sécurité compte tenu de sa submersion régulière. Il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté compte tenu des erreurs manifestes d’appréciation qui ont mené à son adoption ;
* l’arrêté méconnaît l’article L. 113-2 du code de l’urbanisme ;
* il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation tenant à l’absence de suspension de la SPPL au droit des parcelles C204, C226, C227 et C539.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir les mêmes moyens que sous le numéro précédent. En outre, sur le fait que les travaux de débroussaillage porteraient atteinte au droit de propriété et à la sécurité des biens et des personnes, il met en avant le fait que les SPPL visent à garantir le principe de l’usage libre et gratuit du littoral par le public. Ce motif d’intérêt général justifie des limitations, sans dépossession, du droit de propriété. La requérante est parfaitement informée, depuis qu’elle a signé l’acte notarié d’achat de sa propriété le 14 janvier 2020, que ses parcelles sont grevées d’une servitude de passage des piétons le long du littoral.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 26 août 2026, la SCI Kastell Vihan conclut aux mêmes fins que précédemment.
La commune de Carnac n’a pas produit à l’instance.
IV. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606300, M. D... E... et Mme G... A... H..., représentés par Me Jeannel, demandent au juge des référés :
1°) A titre principal d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles C219, C220, C223, C224 et C540 et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- s’agissant de l’urgence : les articles L. 122-2, L. 122-11 et L. 414-4 du code de l’environnement prévoient des mécanismes de suspension automatique d’un acte administratif ayant des incidences notables sur l’environnement lorsque celles-ci n’ont pas été évaluées. L’indigence de l’évaluation des incidences Natura 2000 impose la suspension immédiate de l’arrêté en application de l’article L. 414-4 du code de l’environnement. Les travaux de débroussaillage prévus à compter du 7 septembre 2026 ne constituent pas une simple opération d'entretien. Ils constituent la première phase de mise en œuvre de la SPPL et produiront des effets immédiats, avant même que le juge du fond ne puisse se prononcer ;
- les opérations de débroussaillage permises par l’arrêté du 20 décembre 2024 portent atteinte à plusieurs intérêts publics : d’une part, ces travaux vont porter une atteinte grave et irréversible à des espèces protégées d’oiseaux ; d’autre part, ils accroissent le risque de départ de feu dans les boisements localisés autour de la rivière de Crac’h, exposant tant la biodiversité, que les personnes et les biens, à un risque pour leur sécurité. Il existe un risque majeur de départ de feu et de propagation d’incendie dans les communes de Carnac et de Crac’h qui sont, qui plus est, au moment du dépôt de ce référé suspension, sous le coup des mesures de protection prises par préfet du département, comme l’atteste l’arrêté préfectoral du 6 août 2026. Ils constituent une ouverture de facto des zones sensibles au public et présente en cela un caractère irréversible. Enfin, ces travaux portent atteinte à leur droit de propriété et à la sécurité des biens et des personnes qui se trouvent sur ses parcelles. Ils n’ont pas donné leur accord pour leur réalisation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
* l’arrêté aurait dû faire l’objet d’une évaluation préalable de ses impacts sur l’environnement ; il appartenait au préfet de faire usage de ses pouvoirs en soumettant le projet de tracé à l’examen au cas par cas prévu au IV de l’article L. 122-1 du code de l’environnement ;
* les modifications et suspensions du tracé de la SPPL ont été approuvées et modifiées sans avoir donné lieu à une évaluation appropriée des incidences Natura 2000 de ce chemin piétonnier. Dès lors qu’un projet est susceptible de porter atteinte significativement à un site Natura 2000, il doit faire l’objet d’une évaluation appropriée de ses incidences et ne peut être réalisé si une atteinte à l’intégrité du site est caractérisée sauf à ce que des mesures à même de l’écarter avec certitude aient été prises. En l’espèce, l’évaluation des incidences Natura 2000 de la mise en œuvre de la SPPL est insuffisante et incomplète à plusieurs titres : elle souffre de nombreuses insuffisances méthodologiques, l’évaluation des incidences Natura 2000 ne recense pas la totalité des espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 situées à proximité ont été créées, l’analyse des effets temporaires ou permanents, directs ou indirects de la mise en œuvre de la SPPL n’a pas été correctement évaluée, l’atteinte aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 situés à proximité de la rivière de Crac’h n’est pas évaluée ;
* l’arrêté a été pris en violation de l’article L. 414-4 du code de l’environnement : en premier lieu, l’étude des incidences Natura 2000 sous-estime manifestement les impacts de la mise en œuvre de la SPPL sur de nombreuses espèces pour la conservation desquelles ces zones ont été désignées. En deuxième lieu, l’impact d’une augmentation de la fréquentation piétonne, voire d’une hyper-fréquentation, sur les espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 proches ont été désignées, n’est pas évalué. En troisième lieu, l’adoption de distances d’envol erronées ou inadaptées pour les espèces d’oiseaux qui fréquentent la rivière pour s’y nourrir, s’y reposer ou s’y reproduire, conduit à une appréciation inexacte des incidences de la mise en œuvre de la SPPL et notamment de l ’efficacité des mesures de réduction retenues pour réduire ces incidences. En quatrième lieu, l’étude d’incidence Natura 2000 ne procède pas à l’évaluation des incidences de la SPPL sur les objectifs de conservation des deux zones Natura 2000 situées à proximité. En cinquième et dernier lieu, il ressort des diagnostics écologiques effectués entre 2023 et 2024 que la mise en œuvre de la SPPL aura en réalité une incidence préjudiciable sur les objectifs de conservation des sites Natura 2000 Golfe du Morbihan et Baie de Quiberon ;
* le tracé de la SPPL entraîne également un risque caractérisé pour de nombreuses espèces protégées, de sorte que ses modifications et suspensions causent une atteinte interdite par l’article L. 411-1 du code de l’environnement. En l’espèce, la présence de spécimens d’espèces d’oiseaux protégés a été identifiée à de multiples endroits sur le tracé de la SPPL et en proximité. La rivière de Crac’h constitue en effet pour ces espèces une zone de reproduction, d’alimentation, de repos, et une halte migratoire. La fréquentation de ce sentier par les piétons va les perturber dans l’accomplissement de leur cycle biologique. La mise en œuvre de la SPPL entraine donc pour ces espèces protégées un risque d’atteinte caractérisée à ces espèces qu’interdit l’article L. 411-1 du code de l’environnement, sans que les mesures de réduction proposées permettent de le réduire efficacement ;
* l’arrêté méconnaît les dispositions du code de l’urbanisme en matière de protection de la biodiversité et de sécurité. En l’espèce, le tracé de la SPPL compromet la conservation de plusieurs sites qui doivent être protégés pour des raisons écologiques et expose également les piétons à des risques pour leur sécurité compte tenu de sa submersion régulière. Il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté compte tenu des erreurs manifestes d’appréciation qui ont mené à son adoption ;
* l’arrêté méconnaît l’article L. 113-2 du code de l’urbanisme ;
* il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation tenant à l’absence de suspension de la SPPL au droit des parcelles C219, C 220, C223, C224 et C540.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir les mêmes moyens que sous le numéro précédent.
La commune de Carnac n’a pas produit à l’instance.
V. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606301, M. B... et Mme F... C... et Mme G... A... H..., représentés par Me Jeannel, demandent au juge des référés :
1°) A titre principal d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Crac’h, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions, et par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024, pour la section 11, portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Crac’h, ainsi que la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles YL54 à YL57 et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) en tout état de cause de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- sur la condition d’urgence :
* les opérations de débroussaillage projetées interviennent dans un secteur utilisé par les oiseaux tout au long de leur cycle biologique. Le débroussaillage projeté ne constitue donc pas une simple intervention ponctuelle sur la végétation, mais supprimera des habitats et des zones refuges, favorisera la fréquentation humaine d'un secteur aujourd'hui préservé et entraînera un dérangement durable des espèces ;
* les opérations concernent également une zone humide sur la parcelle YL 54 présentant des fonctionnalités écologiques essentielles. Au-delà de la suppression de la végétation, elles modifieront les conditions d’accueil des espèces animale et végétale dépendantes de ce milieu et accroîtront durablement la fréquentation humaine du secteur ;
* il existe un risque immédiat pour la sécurité des personnes. C’est la particularité de la digue Becquerel et elle n’existe nulle part ailleurs sur le linéaire de Crac’h. Plusieurs expertises et constats convergent pour établir que cette digue présente plusieurs désordres structurels, de phénomènes d'érosion, affouillements, dégradation des murs en pierres sèches, instabilité de certaines portions de la digue, présence de cavités et risques d'effondrements localisés. Ces désordres sont également visibles sur le terrain, tous éléments susceptibles de constituer un danger pour les personnes qui circuleraient sur l’ouvrage ;
* les opérations projetées ne sont pas de simples travaux préparatoires. Elles modifieront immédiatement et durablement les conditions écologique et matérielle du site, et entraîneront l’ouverture au public d’un ouvrage actuellement interdit d’accès pour des raisons de sécurité. La suspension sollicitée répond ainsi à un double intérêt public : protéger la biodiversité et les espèces protégées jusqu’à ce qu’il soit statué sur la légalité du tracé, et éviter l’ouverture au public d’un ouvrage dont la dangerosité est reconnue ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
* il méconnaît les articles L. 121-32 et R. 121-13 du code de l’urbanisme : la servitude devait être suspendue au droit de la digue ;
* il méconnaît l’article L. 411-1 du code de l’environnement en l’absence de dérogation « espèces protégées » ;
* il méconnaît l’article L. 411-4 du code de l’environnement : l’insuffisance de l’évaluation des incidences Natura 2000 équivaut à une absence ;
* le tracé a été approuvé au prix de contradictions internes ;
* le préfet ne pouvait tenir pour acquise l’absence d’atteinte aux objectifs de conservation, en méconnaissance de l’article L. 414-4 VI du code de l’environnement. Les atteintes aux espèces protégées d’oiseaux demeurent en méconnaissance de l’article L. 411-1 du code de l’environnement ;
* en s’abstenant de faire usage des pouvoirs qu’il tient des dispositions de l’article R. 122-2-1 du code de l’environnement, le préfet a entaché son arrêté d’illégalité ;
* l’arrêté méconnaît l’article L. 121-33 du code de l’urbanisme : la SPPL passe à moins de 15 mètres d’un bâtiment à usage d’habitation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir les mêmes moyens que sous le numéro précédent.
Par un mémoire en réplique, enregistrée le 26 août 2026, M. et Mme C... et Mme A... H... concluent aux mêmes fins que précédemment.
La commune de Crac’h n’a pas produit à l’instance.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes en annulation.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de l’environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 26 août 2026 à 14 h 30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- les observations de Me Jeannel, représentant les requérants, qui développe oralement les moyens soulevés dans ses requête et mémoire, notamment s’agissant de la requête présentée sous le numéro 2606300 pour laquelle elle n’a pas produit de mémoire en réplique,
- et celles du représentant de l’association pour la protection des rivières de Crac’h.
Le préfet du Morbihan n’était ni présent ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
M. et Mme C... et Mme A... H... ont produit une note en délibéré, enregistrée le 28 août 2026 sous le n° 2606301, qui n’a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. L’association pour la protection des rivières de Crac’h, association agrée au titre de la protection de l’environnement, la SCI Kastell Vihan, M. E..., Mme A... H... et M. et Mme C..., nus-propriétaires ou usufruitiers de parcelles localisées en bordure de rivière, demandent au juge des référés d’ordonner la suspension de l’exécution des arrêtés du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur les communes de Carnac et de Crac’h, ainsi que celle des décisions implicites de rejet de leurs recours gracieux, et de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL.
2. Les requêtes nos 2606297, 2606298, 2606299, 2606300 et 2606301 présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. En premier lieu, les conclusions principales des recours en annulation des requêtes enregistrées au fond sont identiques à celles présentées devant le juge des référés, de sorte que la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Morbihan tirée de l’irrecevabilité des requêtes en suspension doit en tout état de cause être écartée.
4. En second lieu, la demande de suspension ne saurait porter que sur un acte existant et non sur un acte hypothétique. Par suite, ainsi que le préfet du Morbihan le fait valoir en défense, les conclusions des requérants présentées à titre principal, en tant qu’ils demandent au juge d’ordonner la suspension, par voie de conséquence de la suspension de l’exécution des arrêtés du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur les communes de Carnac et de Crac’h, ainsi que les décision implicites portant rejet de leurs recours gracieux, de celle de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL, sont irrecevables.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
5. Selon l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».
En ce qui concerne la condition d’urgence :
6. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce.
7. Pour justifier l’urgence qu’il y aurait à ordonner la suspension de l’exécution des arrêtés en litige, les requérants soutiennent tout d’abord que les opérations en cause vont porter une atteinte grave et irréversible à plusieurs espèces protégées d’oiseaux, faisant valoir, au soutien de leur argumentation, les résultats de différentes études, notamment celle du bureau d’études Ouest’Am qui, toutes, pointent la présence régulière le long du tracé sur les communes de Carnac et de Crac’h, de nombreuses espèces protégées d’oiseaux, au titre desquelles figurent l’Aigrette garzette, le Balbuzard pêcheur, le Bécasseau variable, la Bondrée apivore, la Bourscarle de cetti, le Bruant jaune, le Chevalier guignette, la Cisticole des joncs, l’Engoulevent d’Europe, le Faucon crécerelle, le Héron garde-bœufs, l’Hirondelle de fenêtre, la Linotte mélodieuse, le Martin pêcheur, le Martinet noir, le Pic noir, le Serin cini, la Spatule blanche, la Sterne caugek, la Sterne pierregarin, le Tadorne de Belon, le Tarier pâtre et le Verdier d’Europe, mettant en exergue leur déclin consécutivement à la destruction de leurs habitats, alors même qu’il n’est pas contesté que la rivière de Crac’h constitue une zone refuge pour des espèces d’avifaune pour la conservation desquelles les zones Natura 2000 voisines ont été désignées. Il résulte par ailleurs de l’instruction, outre les documents produits par les requérants, notamment des explications orales données à la barre lors de l’audience, que le cycle biologique de ces espèces, à savoir la période de nidification, la période postnuptiale, la période hivernale et la période prénuptiale, est de nature à être affecté de manière grave et irréversible par les travaux de débroussaillage projetés du fait de la destruction de nids ainsi que le passage subséquent des piétons, sans que le préfet, absent à l’audience, lequel se borne à faire valoir la faible ampleur de la sente ainsi créée, n’apporte d’éléments en sens contraire quant à la destruction à venir d’arbres, alors même que le courrier destiné aux propriétaires fait état d’« actions ponctuelles de sécurisation des arbres voisins du tracé » et que la notice d’incidence Natura 2000 elle-même souligne que « l’instauration d’une SPPL de droit engendre la venue de piétons à proximité de l’estran [et est] une source potentielle majeure de dérangement pour l’avifaune », et que les mesures d’évitement (recul du tracé) et de réduction (écran végétal et platelage) annoncées par l’autorité administrative apparaissent en l’état insuffisantes pour palier le risque ainsi avéré, notamment au regard de la sensibilité auditive des volatiles. S’il est indéniable qu’un intérêt public s’attache au projet en litige en vue de permettre le libre accès du public au rivage, il convient également de prendre en considération, dans le cadre de l’appréciation globale de la situation, l’intérêt certain qui s'attache à la protection de la biodiversité qui se trouve sur le terrain d’assiette du projet contre une atteinte difficilement réparable, alors même que ce dernier est à ce jour vierge de toute fréquentation humaine au regard des obstacles naturels qui en l’état l’obèrent. Enfin, concernant spécifiquement la commune de Crac’h, les requérants établissent un risque immédiat pour la sécurité des personnes s’agissant de la digue Becquerel, au regard des désordres structurels qui déjà l’affectent. La condition d’urgence doit dès lors être regardée comme remplie sur ce seul fondement et pour ces seuls motifs, sans que puisse utilement y faire obstacle la circonstance, au regard des faits de l’espèce, que les présentes requêtes en suspension ont été introduites plusieurs mois après celles en annulation.
En ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées :
8. En l’état de l’instruction, les moyens, tels qu’énoncés dans les visas de la présente ordonnance, tirés de ce que les arrêtés contestés ont été pris en violation de l’article L. 411-1 du code de l’environnement et des articles L. 121-32 et R. 121-13 du code de l’urbanisme, sont propres à créer un doute sérieux quant à leur légalité.
9. En application de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, aucun autre moyen n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
10. Les deux conditions prévues à l’article L. 521-1 du code de justice administrative étant satisfaites, il y a lieu de suspendre l’exécution des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
11. La présente ordonnance, qui suspend l’exécution des décisions en litige, n’implique aucune mesure d’injonction. Les conclusions présentées en ce sens par les requérants, tendant à ce que le préfet prenne « toute mesure conservatoire (…) pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL », doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 500 euros à chacun des requérants, à savoir l’association pour la protection des rivières de Crac’h, la SCI Kastell Vihan, M. E..., Mme A... H... et les consorts C..., sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, soit la somme totale de 2 500 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution des arrêtés du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur les communes de Carnac et de Crac’h, ainsi que celle des décisions implicites portant rejet des recours gracieux, est suspendue.
Article 2 : L’Etat versera la somme de 500 euros à l’association pour la protection des rivières de Crac’h sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : L’Etat versera la somme de 500 euros à la SCI Kastell Vihan sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : L’Etat versera la somme de 500 euros à M. D... E... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : L’Etat versera la somme de 500 euros à Mme G... A... H... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : L’Etat versera la somme globale de 500 euros à M. B... et Mme F... C... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association pour la protection des rivières de Crac’h, à la SCI Kastell Vihan, à Mme G... A... H..., première dénommée, désignée représentante unique des requérants dans l’instance n° 2606300, à Mme F... C..., première dénommée, désignée représentante unique dans l’instance n° 2606301, au préfet du Morbihan, à la commune de Carnac et à la commune de Crac’h.
Fait à Rennes, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
signé
L. Bouchardon
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
I. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606297, l’association pour la protection des rivières de Crac’h (APRC), représentée par Me Jeannel, demande au juge des référés :
1°) A titre principal, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral (SPPL) et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, celle de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles YL58 C219 C220 C223 C540 C224 C539 C226 C227 C228 C229 C417 C204 C452 C541 C420 F683 F684 F686 F22 F801 G2 G4 G5 G1247 G52 G1240 G1586 G1760 G1442 G1424 G1441 G1426 G1427 G1425 G87 G97 G96 G95 G94 G1198 G1199 G131 G130 G137 G136 G134 G133 G135 G145 G146 G148 G149 G1778 G155 G156 G158 G157 G726 G727 G1316 G1317 G1915(ex G750+G729) G752 G757 G1903 (ex G755+G756) G1821 G758 G763 G764 G765 G759 G760 G761 G784 G766 G1820 G775 G1872 G769 G770 G1871 G1825, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, celle de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL au droit de ces parcelles et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- s’agissant de l’urgence : les articles L. 122-2, L. 122-11 et L. 414-4 du code de l’environnement prévoient des mécanismes de suspension automatique d’un acte administratif ayant des incidences notables sur l’environnement lorsque celles-ci n’ont pas été évaluées. L’indigence de l’évaluation des incidences Natura 2000 impose la suspension immédiate de l’arrêté en application de l’article L. 414-4 du code de l’environnement. Les travaux de débroussaillage prévus à compter du 7 septembre 2026 ne constituent pas une simple opération d'entretien. Ils constituent la première phase de mise en œuvre de la SPPL et produiront des effets immédiats, avant même que le juge du fond ne puisse se prononcer ;
- les opérations de débroussaillage permises par l’arrêté du 20 décembre 2024 portent atteinte à plusieurs intérêts publics qu’elle défend : d’une part, ces travaux vont porter une atteinte grave et irréversible à des espèces protégées d’oiseaux ; d’autre part, ils accroissent le risque de départ de feu dans les boisements localisés autour de la rivière de Crac’h, exposant tant la biodiversité, que les personnes et les biens, à un risque pour leur sécurité. Il existe en effet un risque majeur de départ de feu et de propagation d’incendie dans les communes de Carnac et de Crac’h qui sont, qui plus est, au moment du dépôt de ce référé suspension, sous le coup de mesures de protection prises par préfet. En outre, ces opérations de débroussaillage risquent d’aggraver l’érosion des falaises qui surplombent certaines parties de la rivière. Enfin, elles constituent une ouverture de facto des zones sensibles au public et présentent en cela un caractère irréversible ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
* l’arrêté aurait dû faire l’objet d’une évaluation préalable de ses impacts sur l’environnement ; il appartenait au préfet de faire usage de ses pouvoirs en soumettant le projet de tracé à l’examen au cas par cas prévu au IV de l’article L. 122-1 du code de l’environnement ;
* les modifications et suspensions du tracé de la SPPL ont été approuvées et modifiées sans avoir donné lieu à une évaluation appropriée des incidences Natura 2000 de ce chemin piétonnier. Dès lors qu’un projet est susceptible de porter atteinte significativement à un site Natura 2000, il doit faire l’objet d’une évaluation appropriée de ses incidences et ne peut être réalisé si une atteinte à l’intégrité du site est caractérisée, sauf à ce que des mesures à même de l’écarter avec certitude aient été prises. En l’espèce, l’évaluation des incidences Natura 2000 de la mise en œuvre de la SPPL est insuffisante et incomplète à plusieurs titres : d’une part, elle souffre de nombreuses insuffisances méthodologiques. D’autre part, elle ne recense pas la totalité des espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 situées à proximité ont été créées. En outre, l’analyse des effets temporaires ou permanents, directs ou indirects de la mise en œuvre de la SPPL n’a pas été correctement évaluée. Enfin, l’atteinte aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 situés à proximité de la rivière de Crac’h n’est pas évaluée ;
* l’arrêté a été pris en violation de l’article L. 414-4 du code de l’environnement : en premier lieu, l’étude des incidences Natura 2000 sous-estime manifestement les impacts de la mise en œuvre de la SPPL sur de nombreuses espèces pour la conservation desquelles ces zones ont été désignées. En deuxième lieu, l’impact d’une augmentation de la fréquentation piétonne, voire d’une hyper-fréquentation, sur les espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 proches ont été désignées, n’est pas évalué. En troisième lieu, l’adoption de distances d’envol erronées ou inadaptées pour les espèces d’oiseaux qui fréquentent la rivière pour s’y nourrir, s’y reposer ou s’y reproduire, conduit à une appréciation inexacte des incidences de la mise en œuvre de la SPPL et notamment de l’efficacité des mesures de réduction retenues pour réduire ces incidences. En quatrième lieu, l’étude d’incidence Natura 2000 ne procède pas à l’évaluation des incidences de la SPPL sur les objectifs de conservation des deux zones Natura 2000 situées à proximité. En cinquième et dernier lieu, il ressort des diagnostics écologiques effectués entre 2023 et 2024 que la mise en œuvre de la SPPL aura en réalité une incidence préjudiciable sur les objectifs de conservation des sites Natura 2000 Golfe du Morbihan et Baie de Quiberon ;
* le tracé de la SPPL entraîne un risque caractérisé pour de nombreuses espèces protégées, de sorte que ses modifications et suspensions causent une atteinte interdite par l’article L. 411-1 du code de l’environnement. En l’espèce, la présence de spécimens d’espèces protégées d’oiseaux a été identifiée à de multiples endroits sur le tracé de la SPPL et en proximité. La rivière de Crac’h constitue en effet pour ces espèces une zone de reproduction, d’alimentation, de repos et une halte migratoire. La fréquentation de ce sentier par les piétons va les perturber dans l’accomplissement de leur cycle biologique. La mise en œuvre de la SPPL entraine donc pour ces espèces protégées un risque d’atteinte caractérisée qu’interdit l’article L. 411-1 du code de l’environnement, sans que les mesures de réduction proposées permettent de le réduire efficacement ;
* l’arrêté méconnaît les articles L. 121-32 et R. 121-13 du code de l’urbanisme ;
* il méconnaît les dispositions du code de l’urbanisme en matière de protection de la biodiversité et de sécurité. En l’espèce, le tracé de la SPPL compromet la conservation de plusieurs sites qui doivent être protégés pour des raisons écologiques et expose également les piétons à des risques pour leur sécurité compte tenu de sa submersion régulière. Il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté compte tenu des erreurs manifestes d’appréciation qui ont mené à son adoption.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire à son rejet.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable :
* la requête en référé-suspension étant l’accessoire d’une requête au fond, celle-ci doit, à peine d’irrecevabilité, comporter un objet identique à la requête principale au fond. Les conclusions formulées par la requérante diffèrent profondément dans leur objet ;
* de surcroît, les référés-suspensions, qu’ils soient introduits en application de l’article L. 122-11 du code de l’environnement ou de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, doivent être dirigés à l’encontre d’actes administratifs existants en droit positif. Or, il est certain qu’aucun permis d’aménager ni aucun préavis de travaux n’a encore été édicté à ce jour ;
- s’agissant de l’urgence sur la demande de suspension en application des articles L. 414-4 et L. 122-11 du code de l’environnement : Le présent projet, compte tenu de ses caractéristiques, dans la mesure où il ne se trouve, ni dans le périmètre d’un site Natura 2000, ni à proximité immédiate d’une zone de protection spéciale, ni dans un site d’importance communautaire, ne rentre pas dans les cas prévus à l’article L. 414-4 du code de l’environnement et à l’arrêté du 18 mai 2011 fixant la liste locale des documents de planification, programmes, projets, manifestations et interventions soumis à l’évaluation des incidences Natura 2000. Dès lors, la réalisation d’une étude d’incidences Natura 2000 ne s’imposait pas. Toutefois, bien qu’elle ne soit pas juridiquement obligatoire, celle-ci a néanmoins été conduite afin de prendre en considération les spécificités environnementales du secteur. Considérant que les projets réalisés sur la rivière de Crac’h ne peuvent être exempts de tout contrôle au regard du régime Natura 2000, une évaluation d’incidence a en effet été réalisée afin de s’assurer que la mise en place d’une SPPL n’est pas susceptible de porter atteinte, directement ou indirectement, et de manière significative, aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 voisins, notamment ceux du Golfe du Morbihan et de la baie de Quiberon. Si la requérante soutient que l’évaluation d’incidence Natura 2000 réalisée serait inappropriée et comporterait de nombreuses insuffisances quant aux effets du projet sur les caractéristiques du site et ses fonctions écologiques et ainsi porterait une atteinte significative aux sites Natura 2000 voisins, en l’espèce, l’évaluation d’incidences a été conduite par le bureau Synergis Environnement. Contrairement à ce que prétend la requérante, une étude sérieuse et complète a été menée conformément à l’article R. 414-23 du code de l’environnement qui en fixe le contenu ;
- s’agissant de l’urgence sur la demande de suspension en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
* au regard des travaux annoncés comme débutant à partir du 7 septembre 2026, qui présenteraient un caractère difficilement réversible pour les espèces protégées présentes sur le site. Ces travaux ne sont pas assez importants pour être réalisés sous l’empire d’un permis d’aménager, puisqu’ils consistent en une simple opération de débroussaillage qui restera limitée au strict nécessaire pour le passage des piétons et sera mise en œuvre en dehors des espaces remarquables du littoral. Ainsi ces travaux n’ont absolument aucune conséquence irréversible. En outre, il est à noter que le débroussaillage se distingue de façon très nette du défrichement, qui consiste pour sa part en la coupe d’arbres afin de détruire l’état boisé d’un terrain et de mettre fin à sa destination forestière ;
* les craintes vis-à-vis du risque d’incendie associé à l’opération de débroussaillage ne sont pas justifiées. Le courrier informant les riverains du futur sentier côtier d’une opération de débroussaillement leur a été adressé le 17 juillet 2026, soit plusieurs semaines avant la publication, sur le site internet de la préfecture, le 6 août 2026, du communiqué de presse relatif à la prévention des feux de forêt et interdisant, dans ce contexte, le débroussaillage. Par ailleurs, cette opération est prévue pour l’heure « à partir » du 7 septembre prochain. Le calendrier de mise en œuvre de cette opération pourra être adapté en fonction du contexte de la sécheresse. En tout état de cause le débroussaillement ne pourra avoir lieu que pour autant que son interdiction actuelle sera levée ;
* sur le fait que les opérations de débroussaillage accentueront le phénomène d’érosion côtière, il n’en est rien. L’érosion côtière ne constitue pas un risque naturel majeur dans la mesure où il s’agit d’un aléa naturel observable, mais dont la progression est relativement lente et dont les impacts sont aisément anticipables et limités ;
* sur le fait que les travaux de débroussaillage projetés constitueront une ouverture des zones sensibles au public ; le simple débroussaillage de l’emplacement de la sente n’aura pas pour effet immédiat d’ouvrir le sentier côtier au public, bien au contraire. Il n’emportera pas davantage de destruction de nids des espèces protégées d’oiseaux, car l’opération projetée ne consiste pas en un défrichement ; les mesures d’évitement, de réduction et de compensation des impacts du débroussaillage ont, de plus, été pleinement envisagées par l’étude d’incidences Natura 2000 ;
* la requérante a déposé sa requête en recours pour excès de pouvoir devant le tribunal le 18 juin 2025 à l’encontre de l’arrêté du 20 décembre 2024. Elle a attendu le 11 août 2026, soit plus d’un an, avant de déposer sa requête en référé-suspension ;
* La SPPL répond à l’intérêt public, reconnu par la loi littoral, qui est de permettre le libre accès du public au rivage ;
- aucun des moyens soulevés n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
* le moyen tiré de l’absence de soumission du projet à une procédure d’évaluation environnementale au cas par cas ne peut qu’être écarté comme inopérant, dès lors que le projet de SPPL, quand bien même il s’inscrit dans un site présentant des enjeux écologiques, ne présente ni l’ampleur ni les caractéristiques susceptibles de dénaturer le site ou de porter atteinte de manière significative à l’environnement ;
* le moyen tiré de ce que le projet n’a pas fait l’objet d’une évaluation appropriée en raison d’une analyse insuffisante des effets de la SPPL ne peut qu’être écarté ;
* l’évaluation de l’impact du projet sur les objectifs des sites Natura 2000 les plus proches, réalisée dans le cadre de la SPPL de la rivière de Crac’h est régulière et suffisante ;
* le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l’environnement est inopérant ;
* le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 121-32 et R. 121-13 du code de l'urbanisme doit être écarté.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 26 août 2026, l’association pour la protection des rivières de Crac’h conclut aux mêmes fins que précédemment.
Elle fait valoir que :
- contrairement à ce que soutient le préfet, la recevabilité d’une requête en référé suspension n’est pas conditionnée à l’identité de son objet avec celle de la requête introduite pour la réformation de l’acte dont la suspension est recherchée ;
- la suspension de l’exécution des décisions doit nécessairement entraîner celle des actes qui y trouveront leur fondement, dans l’attente du jugement à venir sur la requête en annulation ;
- aucune évaluation de l’incidence du tracé de la SPPL sur les objectifs de conservation des sites, pour l’Avocette élégante, le Chevalier culblanc, le Guillemot de Troïl, la Sterne pierregarin, le Bécasseau maubèche, le Chevalier gambette, le Héron gardebœufs, le Tournepierre à collier, la Bécassine des marais, le Faucon pèlerin, la Huîtrier pie, le Balbuzard pêcheur, le Goéland leucophée, la Spatule blanche, le Busard des roseaux, le Grèbe à cou noir, et la Sterne, n’a été effectuée. L’évaluation des incidences Natura 2000 réalisée pour les autres espèces d’oiseaux confine à l’inexistence, compte tenu de ses insuffisances ;
- c’est à tort que le préfet soutient que la modification du tracé de la SPPL et son absence de suspension, n’avaient pas à être précédées d’une évaluation environnementale. Seule une évaluation environnementale ou une étude d’impact aurait permis d’écarter le risque d’atteinte interdite que présente la mise en œuvre de la SPPL pour 99 espèces protégées. En l’absence d’une telle étude d’impact et de mise en œuvre d’une évaluation environnementale, la suspension de l’arrêté en cause s’impose donc également en application de l’article L. 122-11 et L. 122-2 du code de l’environnement.
La commune de Carnac n’a pas produit à l’instance.
II. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606298, l’association pour la protection des rivières de Crac’h (APRC), représentée par Me Jeannel, demande au juge des référés :
1°) A titre principal, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Crac’h, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux, et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, celle de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Crac’h, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles YL57, YL58, YL54, YK31, YK30, YK5, YK1, YK2 , YK183, YK137, YK138, YK134, YK117, YI6,YI9, YI5,YI4,YI1,YI2, YI3,YI112, YI113, YI114, YI115,YI95, YI94, YI91, YI92, YI93, YI150, YI149, YI89, YI149, YI88, YI87, YI86, YI130, et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL au droit de ces parcelles et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient les mêmes moyens que ceux développés sous le numéro précédent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir les mêmes moyens que sous le numéro précédent.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 26 août 2026, l’association pour la protection des rivières de Crac’h conclut aux mêmes fins que précédemment.
La commune de Crac’h n’a pas produit à l’instance.
III. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606299, la SCI Kastell Vihan, représentée par Me Jeannel, demande au juge des référés :
1°) A titre principal d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles C204, C226, C227 et C539 et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- s’agissant de l’urgence : les articles L. 122-2, L. 122-11 et L. 414-4 du code de l’environnement prévoient des mécanismes de suspension automatique d’un acte administratif ayant des incidences notables sur l’environnement lorsque celles-ci n’ont pas été évaluées. L’indigence de l’évaluation des incidences Natura 2000 impose la suspension immédiate de l’arrêté en application de l’article L. 414-4 du code de l’environnement. Les travaux de débroussaillage prévus à compter du 7 septembre 2026 ne constituent pas une simple opération d'entretien. Ils constituent la première phase de mise en œuvre de la SPPL et produiront des effets immédiats, avant même que le juge du fond ne puisse se prononcer ;
- les opérations de débroussaillage permises par l’arrêté du 20 décembre 2024 portent atteinte à plusieurs intérêts publics qu’elle défend : d’une part, ces travaux vont porter une atteinte grave et irréversible à des espèces protégées d’oiseaux ; d’autre part, ils accroissent le risque de départ de feu dans les boisements localisés autour de la rivière de Crac’h, exposant tant la biodiversité, que les personnes et les biens, à un risque pour leur sécurité. Il existe un risque majeur de départ de feu et de propagation d’incendie dans les communes de Carnac et de Crac’h qui sont, qui plus est, au moment du dépôt de ce référé suspension, sous le coup des mesures de protection prises par préfet du département, comme l’atteste l’arrêté préfectoral du 6 août 2026. Ils constituent une ouverture de facto des zones sensibles au public et présente en cela un caractère irréversible. Enfin, ces travaux portent atteinte à son droit de propriété et à la sécurité des biens et des personnes qui se trouvent sur ses parcelles. Elle n’a pas donné son accord pour leur réalisation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
* l’arrêté aurait dû faire l’objet d’une évaluation préalable de ses impacts sur l’environnement ; il appartenait au préfet de faire usage de ses pouvoirs en soumettant le projet de tracé à l’examen au cas par cas prévu au IV de l’article L. 122-1 du code de l’environnement ;
* les modifications et suspensions du tracé de la SPPL ont été approuvées et modifiées sans avoir donné lieu à une évaluation appropriée des incidences Natura 2000 de ce chemin piétonnier. Dès lors qu’un projet est susceptible de porter atteinte significativement à un site Natura 2000, il doit faire l’objet d’une évaluation appropriée de ses incidences et ne peut être réalisé si une atteinte à l’intégrité du site est caractérisée sauf à ce que des mesures à même de l’écarter avec certitude aient été prises. En l’espèce, l’évaluation des incidences Natura 2000 de la mise en œuvre de la SPPL est insuffisante et incomplète à plusieurs titres : elle souffre de nombreuses insuffisances méthodologiques, l’évaluation des incidences Natura 2000 ne recense pas la totalité des espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 situées à proximité ont été créées, l’analyse des effets temporaires ou permanents, directs ou indirects de la mise en œuvre de la SPPL n’a pas été correctement évaluée ; l’atteinte aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 situés à proximité de la rivière de Crac’h n’est pas évaluée ;
* l’arrêté a été pris en violation de l’article L. 414-4 du code de l’environnement : en premier lieu, l’étude des incidences Natura 2000 sous-estime manifestement les impacts de la mise en œuvre de la SPPL sur de nombreuses espèces pour la conservation desquelles ces zones ont été désignées. En deuxième lieu, l’impact d’une augmentation de la fréquentation piétonne, voire d’une hyper-fréquentation, sur les espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 proches ont été désignées, n’est pas évalué. En troisième lieu, l’adoption de distances d’envol erronées ou inadaptées pour les espèces d’oiseaux qui fréquentent la rivière pour s’y nourrir, s’y reposer ou s’y reproduire, conduit à une appréciation inexacte des incidences de la mise en œuvre de la SPPL et notamment de l ’efficacité des mesures de réduction retenues pour réduire ces incidences. En quatrième lieu, l’étude d’incidence Natura 2000 ne procède pas à l’évaluation des incidences de la SPPL sur les objectifs de conservation des deux zones Natura 2000 situées à proximité. En cinquième et dernier lieu, il ressort des diagnostics écologiques effectués entre 2023 et 2024 que la mise en œuvre de la SPPL aura en réalité une incidence préjudiciable sur les objectifs de conservation des sites Natura 2000 Golfe du Morbihan et Baie de Quiberon ;
* le tracé de la SPPL entraîne un risque caractérisé pour de nombreuses espèces protégées, de sorte que ses modifications et suspensions causent une atteinte interdite par l’article L. 411-1 du code de l’environnement. En l’espèce, la présence de spécimens d’espèces d’oiseaux protégés a été identifiée à de multiples endroits sur le tracé de la SPPL et en proximité. La rivière de Crac’h constitue en effet pour ces espèces une zone de reproduction, d’alimentation, de repos, et une halte migratoire. La fréquentation de ce sentier par les piétons va les perturber dans l’accomplissement de leur cycle biologique. La mise en œuvre de la SPPL entraine donc pour ces espèces protégées un risque d’atteinte caractérisée à ces espèces qu’interdit l’article L. 411-1 du code de l’environnement, sans que les mesures de réduction proposées permettent de le réduire efficacement ;
* l’arrêté méconnaît les dispositions du code de l’urbanisme en matière de protection de la biodiversité et de sécurité. En l’espèce, le tracé de la SPPL compromet la conservation de plusieurs sites qui doivent être protégés pour des raisons écologiques et expose également les piétons à des risques pour leur sécurité compte tenu de sa submersion régulière. Il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté compte tenu des erreurs manifestes d’appréciation qui ont mené à son adoption ;
* l’arrêté méconnaît l’article L. 113-2 du code de l’urbanisme ;
* il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation tenant à l’absence de suspension de la SPPL au droit des parcelles C204, C226, C227 et C539.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir les mêmes moyens que sous le numéro précédent. En outre, sur le fait que les travaux de débroussaillage porteraient atteinte au droit de propriété et à la sécurité des biens et des personnes, il met en avant le fait que les SPPL visent à garantir le principe de l’usage libre et gratuit du littoral par le public. Ce motif d’intérêt général justifie des limitations, sans dépossession, du droit de propriété. La requérante est parfaitement informée, depuis qu’elle a signé l’acte notarié d’achat de sa propriété le 14 janvier 2020, que ses parcelles sont grevées d’une servitude de passage des piétons le long du littoral.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 26 août 2026, la SCI Kastell Vihan conclut aux mêmes fins que précédemment.
La commune de Carnac n’a pas produit à l’instance.
IV. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606300, M. D... E... et Mme G... A... H..., représentés par Me Jeannel, demandent au juge des référés :
1°) A titre principal d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Carnac, ainsi que la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles C219, C220, C223, C224 et C540 et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- s’agissant de l’urgence : les articles L. 122-2, L. 122-11 et L. 414-4 du code de l’environnement prévoient des mécanismes de suspension automatique d’un acte administratif ayant des incidences notables sur l’environnement lorsque celles-ci n’ont pas été évaluées. L’indigence de l’évaluation des incidences Natura 2000 impose la suspension immédiate de l’arrêté en application de l’article L. 414-4 du code de l’environnement. Les travaux de débroussaillage prévus à compter du 7 septembre 2026 ne constituent pas une simple opération d'entretien. Ils constituent la première phase de mise en œuvre de la SPPL et produiront des effets immédiats, avant même que le juge du fond ne puisse se prononcer ;
- les opérations de débroussaillage permises par l’arrêté du 20 décembre 2024 portent atteinte à plusieurs intérêts publics : d’une part, ces travaux vont porter une atteinte grave et irréversible à des espèces protégées d’oiseaux ; d’autre part, ils accroissent le risque de départ de feu dans les boisements localisés autour de la rivière de Crac’h, exposant tant la biodiversité, que les personnes et les biens, à un risque pour leur sécurité. Il existe un risque majeur de départ de feu et de propagation d’incendie dans les communes de Carnac et de Crac’h qui sont, qui plus est, au moment du dépôt de ce référé suspension, sous le coup des mesures de protection prises par préfet du département, comme l’atteste l’arrêté préfectoral du 6 août 2026. Ils constituent une ouverture de facto des zones sensibles au public et présente en cela un caractère irréversible. Enfin, ces travaux portent atteinte à leur droit de propriété et à la sécurité des biens et des personnes qui se trouvent sur ses parcelles. Ils n’ont pas donné leur accord pour leur réalisation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
* l’arrêté aurait dû faire l’objet d’une évaluation préalable de ses impacts sur l’environnement ; il appartenait au préfet de faire usage de ses pouvoirs en soumettant le projet de tracé à l’examen au cas par cas prévu au IV de l’article L. 122-1 du code de l’environnement ;
* les modifications et suspensions du tracé de la SPPL ont été approuvées et modifiées sans avoir donné lieu à une évaluation appropriée des incidences Natura 2000 de ce chemin piétonnier. Dès lors qu’un projet est susceptible de porter atteinte significativement à un site Natura 2000, il doit faire l’objet d’une évaluation appropriée de ses incidences et ne peut être réalisé si une atteinte à l’intégrité du site est caractérisée sauf à ce que des mesures à même de l’écarter avec certitude aient été prises. En l’espèce, l’évaluation des incidences Natura 2000 de la mise en œuvre de la SPPL est insuffisante et incomplète à plusieurs titres : elle souffre de nombreuses insuffisances méthodologiques, l’évaluation des incidences Natura 2000 ne recense pas la totalité des espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 situées à proximité ont été créées, l’analyse des effets temporaires ou permanents, directs ou indirects de la mise en œuvre de la SPPL n’a pas été correctement évaluée, l’atteinte aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 situés à proximité de la rivière de Crac’h n’est pas évaluée ;
* l’arrêté a été pris en violation de l’article L. 414-4 du code de l’environnement : en premier lieu, l’étude des incidences Natura 2000 sous-estime manifestement les impacts de la mise en œuvre de la SPPL sur de nombreuses espèces pour la conservation desquelles ces zones ont été désignées. En deuxième lieu, l’impact d’une augmentation de la fréquentation piétonne, voire d’une hyper-fréquentation, sur les espèces pour lesquelles les zones Natura 2000 proches ont été désignées, n’est pas évalué. En troisième lieu, l’adoption de distances d’envol erronées ou inadaptées pour les espèces d’oiseaux qui fréquentent la rivière pour s’y nourrir, s’y reposer ou s’y reproduire, conduit à une appréciation inexacte des incidences de la mise en œuvre de la SPPL et notamment de l ’efficacité des mesures de réduction retenues pour réduire ces incidences. En quatrième lieu, l’étude d’incidence Natura 2000 ne procède pas à l’évaluation des incidences de la SPPL sur les objectifs de conservation des deux zones Natura 2000 situées à proximité. En cinquième et dernier lieu, il ressort des diagnostics écologiques effectués entre 2023 et 2024 que la mise en œuvre de la SPPL aura en réalité une incidence préjudiciable sur les objectifs de conservation des sites Natura 2000 Golfe du Morbihan et Baie de Quiberon ;
* le tracé de la SPPL entraîne également un risque caractérisé pour de nombreuses espèces protégées, de sorte que ses modifications et suspensions causent une atteinte interdite par l’article L. 411-1 du code de l’environnement. En l’espèce, la présence de spécimens d’espèces d’oiseaux protégés a été identifiée à de multiples endroits sur le tracé de la SPPL et en proximité. La rivière de Crac’h constitue en effet pour ces espèces une zone de reproduction, d’alimentation, de repos, et une halte migratoire. La fréquentation de ce sentier par les piétons va les perturber dans l’accomplissement de leur cycle biologique. La mise en œuvre de la SPPL entraine donc pour ces espèces protégées un risque d’atteinte caractérisée à ces espèces qu’interdit l’article L. 411-1 du code de l’environnement, sans que les mesures de réduction proposées permettent de le réduire efficacement ;
* l’arrêté méconnaît les dispositions du code de l’urbanisme en matière de protection de la biodiversité et de sécurité. En l’espèce, le tracé de la SPPL compromet la conservation de plusieurs sites qui doivent être protégés pour des raisons écologiques et expose également les piétons à des risques pour leur sécurité compte tenu de sa submersion régulière. Il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté compte tenu des erreurs manifestes d’appréciation qui ont mené à son adoption ;
* l’arrêté méconnaît l’article L. 113-2 du code de l’urbanisme ;
* il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation tenant à l’absence de suspension de la SPPL au droit des parcelles C219, C 220, C223, C224 et C540.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir les mêmes moyens que sous le numéro précédent.
La commune de Carnac n’a pas produit à l’instance.
V. Par une requête, enregistrée le 11 août 2026, sous le n° 2606301, M. B... et Mme F... C... et Mme G... A... H..., représentés par Me Jeannel, demandent au juge des référés :
1°) A titre principal d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Crac’h, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, et de tous acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions, et par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
2°) A titre subsidiaire, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024, pour la section 11, portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur la commune de Crac’h, ainsi que la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux, en ce qu’il n’a pas suspendu la SPPL au droit des parcelles YL54 à YL57 et de tout acte ou travaux pris pour leur exécution, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions et, par voie de conséquence, suspendre l’exécution de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL et d’enjoindre au préfet de prendre toute mesure conservatoire dès notification de l’ordonnance pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL ;
3°) en tout état de cause de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- sur la condition d’urgence :
* les opérations de débroussaillage projetées interviennent dans un secteur utilisé par les oiseaux tout au long de leur cycle biologique. Le débroussaillage projeté ne constitue donc pas une simple intervention ponctuelle sur la végétation, mais supprimera des habitats et des zones refuges, favorisera la fréquentation humaine d'un secteur aujourd'hui préservé et entraînera un dérangement durable des espèces ;
* les opérations concernent également une zone humide sur la parcelle YL 54 présentant des fonctionnalités écologiques essentielles. Au-delà de la suppression de la végétation, elles modifieront les conditions d’accueil des espèces animale et végétale dépendantes de ce milieu et accroîtront durablement la fréquentation humaine du secteur ;
* il existe un risque immédiat pour la sécurité des personnes. C’est la particularité de la digue Becquerel et elle n’existe nulle part ailleurs sur le linéaire de Crac’h. Plusieurs expertises et constats convergent pour établir que cette digue présente plusieurs désordres structurels, de phénomènes d'érosion, affouillements, dégradation des murs en pierres sèches, instabilité de certaines portions de la digue, présence de cavités et risques d'effondrements localisés. Ces désordres sont également visibles sur le terrain, tous éléments susceptibles de constituer un danger pour les personnes qui circuleraient sur l’ouvrage ;
* les opérations projetées ne sont pas de simples travaux préparatoires. Elles modifieront immédiatement et durablement les conditions écologique et matérielle du site, et entraîneront l’ouverture au public d’un ouvrage actuellement interdit d’accès pour des raisons de sécurité. La suspension sollicitée répond ainsi à un double intérêt public : protéger la biodiversité et les espèces protégées jusqu’à ce qu’il soit statué sur la légalité du tracé, et éviter l’ouverture au public d’un ouvrage dont la dangerosité est reconnue ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
* il méconnaît les articles L. 121-32 et R. 121-13 du code de l’urbanisme : la servitude devait être suspendue au droit de la digue ;
* il méconnaît l’article L. 411-1 du code de l’environnement en l’absence de dérogation « espèces protégées » ;
* il méconnaît l’article L. 411-4 du code de l’environnement : l’insuffisance de l’évaluation des incidences Natura 2000 équivaut à une absence ;
* le tracé a été approuvé au prix de contradictions internes ;
* le préfet ne pouvait tenir pour acquise l’absence d’atteinte aux objectifs de conservation, en méconnaissance de l’article L. 414-4 VI du code de l’environnement. Les atteintes aux espèces protégées d’oiseaux demeurent en méconnaissance de l’article L. 411-1 du code de l’environnement ;
* en s’abstenant de faire usage des pouvoirs qu’il tient des dispositions de l’article R. 122-2-1 du code de l’environnement, le préfet a entaché son arrêté d’illégalité ;
* l’arrêté méconnaît l’article L. 121-33 du code de l’urbanisme : la SPPL passe à moins de 15 mètres d’un bâtiment à usage d’habitation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2026, le préfet du Morbihan conclut à titre principal à l’irrecevabilité de la requête, en tant que ses conclusions, à titre principal et subsidiaire, sont dirigées contre « tous actes et décisions, en ce compris les permis d'aménager et tous types de travaux devant être adoptés et effectués en vue d'ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL » et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il fait valoir les mêmes moyens que sous le numéro précédent.
Par un mémoire en réplique, enregistrée le 26 août 2026, M. et Mme C... et Mme A... H... concluent aux mêmes fins que précédemment.
La commune de Crac’h n’a pas produit à l’instance.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes en annulation.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de l’environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 26 août 2026 à 14 h 30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- les observations de Me Jeannel, représentant les requérants, qui développe oralement les moyens soulevés dans ses requête et mémoire, notamment s’agissant de la requête présentée sous le numéro 2606300 pour laquelle elle n’a pas produit de mémoire en réplique,
- et celles du représentant de l’association pour la protection des rivières de Crac’h.
Le préfet du Morbihan n’était ni présent ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
M. et Mme C... et Mme A... H... ont produit une note en délibéré, enregistrée le 28 août 2026 sous le n° 2606301, qui n’a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. L’association pour la protection des rivières de Crac’h, association agrée au titre de la protection de l’environnement, la SCI Kastell Vihan, M. E..., Mme A... H... et M. et Mme C..., nus-propriétaires ou usufruitiers de parcelles localisées en bordure de rivière, demandent au juge des référés d’ordonner la suspension de l’exécution des arrêtés du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur les communes de Carnac et de Crac’h, ainsi que celle des décisions implicites de rejet de leurs recours gracieux, et de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL.
2. Les requêtes nos 2606297, 2606298, 2606299, 2606300 et 2606301 présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. En premier lieu, les conclusions principales des recours en annulation des requêtes enregistrées au fond sont identiques à celles présentées devant le juge des référés, de sorte que la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Morbihan tirée de l’irrecevabilité des requêtes en suspension doit en tout état de cause être écartée.
4. En second lieu, la demande de suspension ne saurait porter que sur un acte existant et non sur un acte hypothétique. Par suite, ainsi que le préfet du Morbihan le fait valoir en défense, les conclusions des requérants présentées à titre principal, en tant qu’ils demandent au juge d’ordonner la suspension, par voie de conséquence de la suspension de l’exécution des arrêtés du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur les communes de Carnac et de Crac’h, ainsi que les décision implicites portant rejet de leurs recours gracieux, de celle de tous les actes et décisions, en ce compris les permis d’aménager et tous types de travaux, devant être adoptés et effectués en vue d’ouvrir, de sécuriser et de rendre praticable le tracé de la SPPL, sont irrecevables.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
5. Selon l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».
En ce qui concerne la condition d’urgence :
6. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce.
7. Pour justifier l’urgence qu’il y aurait à ordonner la suspension de l’exécution des arrêtés en litige, les requérants soutiennent tout d’abord que les opérations en cause vont porter une atteinte grave et irréversible à plusieurs espèces protégées d’oiseaux, faisant valoir, au soutien de leur argumentation, les résultats de différentes études, notamment celle du bureau d’études Ouest’Am qui, toutes, pointent la présence régulière le long du tracé sur les communes de Carnac et de Crac’h, de nombreuses espèces protégées d’oiseaux, au titre desquelles figurent l’Aigrette garzette, le Balbuzard pêcheur, le Bécasseau variable, la Bondrée apivore, la Bourscarle de cetti, le Bruant jaune, le Chevalier guignette, la Cisticole des joncs, l’Engoulevent d’Europe, le Faucon crécerelle, le Héron garde-bœufs, l’Hirondelle de fenêtre, la Linotte mélodieuse, le Martin pêcheur, le Martinet noir, le Pic noir, le Serin cini, la Spatule blanche, la Sterne caugek, la Sterne pierregarin, le Tadorne de Belon, le Tarier pâtre et le Verdier d’Europe, mettant en exergue leur déclin consécutivement à la destruction de leurs habitats, alors même qu’il n’est pas contesté que la rivière de Crac’h constitue une zone refuge pour des espèces d’avifaune pour la conservation desquelles les zones Natura 2000 voisines ont été désignées. Il résulte par ailleurs de l’instruction, outre les documents produits par les requérants, notamment des explications orales données à la barre lors de l’audience, que le cycle biologique de ces espèces, à savoir la période de nidification, la période postnuptiale, la période hivernale et la période prénuptiale, est de nature à être affecté de manière grave et irréversible par les travaux de débroussaillage projetés du fait de la destruction de nids ainsi que le passage subséquent des piétons, sans que le préfet, absent à l’audience, lequel se borne à faire valoir la faible ampleur de la sente ainsi créée, n’apporte d’éléments en sens contraire quant à la destruction à venir d’arbres, alors même que le courrier destiné aux propriétaires fait état d’« actions ponctuelles de sécurisation des arbres voisins du tracé » et que la notice d’incidence Natura 2000 elle-même souligne que « l’instauration d’une SPPL de droit engendre la venue de piétons à proximité de l’estran [et est] une source potentielle majeure de dérangement pour l’avifaune », et que les mesures d’évitement (recul du tracé) et de réduction (écran végétal et platelage) annoncées par l’autorité administrative apparaissent en l’état insuffisantes pour palier le risque ainsi avéré, notamment au regard de la sensibilité auditive des volatiles. S’il est indéniable qu’un intérêt public s’attache au projet en litige en vue de permettre le libre accès du public au rivage, il convient également de prendre en considération, dans le cadre de l’appréciation globale de la situation, l’intérêt certain qui s'attache à la protection de la biodiversité qui se trouve sur le terrain d’assiette du projet contre une atteinte difficilement réparable, alors même que ce dernier est à ce jour vierge de toute fréquentation humaine au regard des obstacles naturels qui en l’état l’obèrent. Enfin, concernant spécifiquement la commune de Crac’h, les requérants établissent un risque immédiat pour la sécurité des personnes s’agissant de la digue Becquerel, au regard des désordres structurels qui déjà l’affectent. La condition d’urgence doit dès lors être regardée comme remplie sur ce seul fondement et pour ces seuls motifs, sans que puisse utilement y faire obstacle la circonstance, au regard des faits de l’espèce, que les présentes requêtes en suspension ont été introduites plusieurs mois après celles en annulation.
En ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées :
8. En l’état de l’instruction, les moyens, tels qu’énoncés dans les visas de la présente ordonnance, tirés de ce que les arrêtés contestés ont été pris en violation de l’article L. 411-1 du code de l’environnement et des articles L. 121-32 et R. 121-13 du code de l’urbanisme, sont propres à créer un doute sérieux quant à leur légalité.
9. En application de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, aucun autre moyen n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
10. Les deux conditions prévues à l’article L. 521-1 du code de justice administrative étant satisfaites, il y a lieu de suspendre l’exécution des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
11. La présente ordonnance, qui suspend l’exécution des décisions en litige, n’implique aucune mesure d’injonction. Les conclusions présentées en ce sens par les requérants, tendant à ce que le préfet prenne « toute mesure conservatoire (…) pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées et aux espèces Natura 2000 présentes sur et à proximité du tracé de la SPPL », doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 500 euros à chacun des requérants, à savoir l’association pour la protection des rivières de Crac’h, la SCI Kastell Vihan, M. E..., Mme A... H... et les consorts C..., sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, soit la somme totale de 2 500 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution des arrêtés du préfet du Morbihan du 20 décembre 2024 portant approbation des modifications du tracé et des caractéristiques de la servitude de passage des piétons le long du littoral et des suspensions de la servitude sur les communes de Carnac et de Crac’h, ainsi que celle des décisions implicites portant rejet des recours gracieux, est suspendue.
Article 2 : L’Etat versera la somme de 500 euros à l’association pour la protection des rivières de Crac’h sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : L’Etat versera la somme de 500 euros à la SCI Kastell Vihan sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : L’Etat versera la somme de 500 euros à M. D... E... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : L’Etat versera la somme de 500 euros à Mme G... A... H... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : L’Etat versera la somme globale de 500 euros à M. B... et Mme F... C... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association pour la protection des rivières de Crac’h, à la SCI Kastell Vihan, à Mme G... A... H..., première dénommée, désignée représentante unique des requérants dans l’instance n° 2606300, à Mme F... C..., première dénommée, désignée représentante unique dans l’instance n° 2606301, au préfet du Morbihan, à la commune de Carnac et à la commune de Crac’h.
Fait à Rennes, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
signé
L. Bouchardon
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.