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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2100487

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2100487

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2100487
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 4
Avocat requérantSCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 janvier et le 26 août 2021 sous le n°2100487, M. C B et Mme E A D, représentés par la Selarl Arbor, Tournoux et associés demandent au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre des années 2016, 2017 et 2018 dans les rôles de la commune de Saint-Ismier ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la surface réelle de la maison dont ils sont propriétaires est de 197 m2 ;

- le coefficient d'entretien a été fixé à 1,20 alors qu'il aurait dû être fixé à 1 ;

- le coefficient de situation générale doit être fixé à - 0,05 ;

- le coefficient de situation particulière doit également être fixé à - 0,05 ;

- les équivalences superficielles sont de 37 et non de 41 ;

- la dépendance doit être affectée d'un correctif d'ensemble de 0,9, soit une surface pondérée de 13 m2 ;

- la valeur 1970 de leur maison doit ainsi être fixée à 1 523 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 juillet et le 18 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B et Mme A D ne sont pas fondés.

II°) Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 juillet 2021 et le 6 décembre 2022 sous le n°2104546, M. C B et Mme E A D, représentés par la Selarl Arbor, Tournoux et associés demandent au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre des années 2019 et 2020 dans les rôles de la commune de Saint-Ismier ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la surface réelle de l'appartement dont ils sont propriétaires est de 197 m2 ;

- le coefficient d'entretien a été fixé à 1,20 alors qu'il aurait dû être fixé à 1 ;

- le coefficient de situation générale doit être fixé à - 0,05 ;

- le coefficient de situation particulière doit également être fixé à - 0,05 ;

- les équivalences superficielles sont de 37 et non de 41 ;

- la dépendance doit être affectée d'un correctif d'ensemble de 0,9, soit une surface pondérée de 13 m2 ;

- la valeur 1970 de leur maison doit ainsi être fixée à 1 523 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 janvier 2022 et le 27 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B et Mme A D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le livre des procédures fiscales et le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les observations de Me Pignier, représentant M. B et Mme A D.

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme A D sont propriétaires depuis 2015 d'une maison d'habitation située au 183, chemin du Servage à Saint-Ismier. Une imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties a été mise à leur charge au titre des années 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020. Estimant que plusieurs erreurs ont été commises par l'administration fiscale dans le calcul de cet impôt, les intéressés en ont demandé le dégrèvement par deux réclamations en date du 26 décembre 2018 et 24 novembre 2020. Un refus leur ayant été opposé par deux décisions, la première étant née en l'absence dans le délai de six mois, la seconde datant du 5 mai 2021, les requérants en demandent, dans la présente instance, la décharge.

2. Les requêtes n°2100487 et n°2104546 présentées par M. B et Mme A D concernent des situations liées et sont relatives à la même imposition. Il y a dès lors lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la surface réelle :

3. Aux termes de l'article 1388 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B et sous déduction de 50 % de son montant en considération des frais de gestion, d'assurances, d'amortissement, d'entretien et de réparation. ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties () sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Aux termes de l'article 1495 du même code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. () ". Aux termes de l'article 1496 du même code : " I. - La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. / II. - La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune. Le tarif est appliqué à la surface pondérée du local de référence, déterminée en affectant la surface réelle de correctifs fixés par décret et destinés à tenir compte de la nature des différentes parties du local, ainsi que de sa situation, de son importance, de son état et de son équipement. () ". Aux termes de l'article 324 M de l'annexe III au code général des impôts : " La surface pondérée des locaux de référence est déterminée en appliquant à leur surface réelle, mesurée au sol entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur, les correctifs prévus aux articles 324 N à 324 S. () ".

4. Il résulte à ce titre de l'instruction qu'aux 1er janvier des années d'imposition litigieuses, la surface de 226 m2 a été retenue par l'administration, à raison de 11 pièces, réparties sur deux niveaux, un garage de 30 m2, une remise de 74 m2 et une annexe distincte de 50m2. Si, pour contester la surface retenue par l'administration fiscale, les requérants produisent un plan de leur maison, cet élément n'est pas, à lui seul, suffisamment probant pour établir qu'en ayant retenu une telle superficie, l'administration se serait méprise sur la surface réelle du bien imposé.

5. Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, la valeur 1970 de la maison de M. B et Mme A D ne saurait être fixée à 1523 euros.

En ce qui concerne le coefficient correctif d'ensemble :

6. Aux termes de l'article 324 P de l'annexe III au code général des impôts : " La surface pondérée comparative de la partie principale augmentée, le cas échéant, en ce qui concerne la maison, de la surface pondérée brute des éléments visés au b du I de l'article 324 L, est affectée d'un correctif d'ensemble destiné à tenir compte, d'une part, de l'état d'entretien de la partie principale en cause, d'autre part, de sa situation. Ce correctif est égal à la somme algébrique des coefficients définis aux articles 324 Q et 324 R. La surface pondérée nette ainsi obtenue est arrondie au mètre carré inférieur. ". Aux termes de l'article 324 Q de l'annexe III à ce même code : " Le coefficient d'entretien est déterminé conformément au barème suivant : Bon - Construction n'ayant besoin d'aucune réparation 1,20. Assez bon - Construction n'ayant besoin que de petites réparations 1,10. Passable - Construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité 1. Médiocre - Construction ayant besoin de réparations d'une certaine importance, encore que localisées 0,90. Mauvais - Construction ayant besoin de grosses réparations dans toutes ses parties 0,80 ". Pour l'appréciation du coefficient d'entretien d'un immeuble à la date de l'imposition, doivent notamment être pris en compte les travaux envisagés dont la nécessité est attestée, dès lors que leur nature et leur montant révèlent le besoin de réparation de la construction.

7. Il résulte de l'instruction que la maison de M. B et Mme A D a été construite en 1840, et qu'elle a été affectée du coefficient d'entretien de 1,20 à la suite d'une réévaluation contentieuse en 1978. En se bornant à indiquer la période de construction du bien litigieux, les requérants n'établissent pas, contrairement à ce qu'ils soutiennent dans leurs écritures, que le bien imposé présenterait des défauts permanents dus à la vétusté, justifiant ainsi l'application d'un coefficient d'entretien de 1 au lieu de celui de 1,20 qui a été appliqué par l'administration fiscale.

En ce qui concerne les coefficients de situation :

8. Pour les mêmes motifs que ceux cités aux points 4 et 8, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la dépendance du bien devrait être affectée d'un correctif d'ensemble de 0,9 correspondant à une surface pondérée de 13 m2.

9. Aux termes de l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts : " Le coefficient de situation est égal à la somme algébrique de deux coefficients destinés à traduire, le premier, la situation générale dans la commune, le second, l'emplacement particulier : / () Situation excellente, offrant des avantages notoires sans inconvénients marquants : + 0,10 / Situation bonne, offrant des avantages notoires en partie compensés par certains inconvénients : + 0,05 / Situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent : 0 / Situation médiocre, présentant des inconvénients notoires en partie compensés par certains avantages : - 0,05 / Situation mauvaise, présentant des inconvénients notoires sans avantages particuliers : - 0,10. / Le coefficient de situation particulière tient compte notamment de la présence ou de l'absence de dépendances non bâties. ".

10. Pour soutenir que le coefficient de situation générale de 0 retenu par l'administration pour fixer la valeur locative du bien pendant les années en cause aurait dû être abaissé à -0,05, M. B et Mme A D soutiennent que leur maison est située loin des commodités, dans un quartier bénéficiant d'un ensoleillement réduit, et que l'accès en est difficile en raison de l'étroitesse de la rue et d'une absence de desserte par les transports en commun. Cependant, d'une part, les circonstances tenant à la luminosité et l'étroitesse des rues sont sans incidence sur la fixation du coefficient de situation générale qui traduit la situation générale de l'immeuble dans la commune. Au surplus, cette première circonstance ne saurait avoir une incidence sur le coefficient de situation particulière, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction et en particulier des copies d'écran du site Google Maps produites par le directeur départemental des finances publiques de l'Isère montrant différentes vues de la maison litigieuse, que la luminosité soit particulièrement faible dans le secteur. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction et des données librement accessibles que la maison des requérants serait située loin des commodités et, en particulier, des commerces de proximité. S'il est enfin constant que la rue à proximité de l'habitation n'est pas desservie par les transports en commun et que les rues à proximité sont bel et bien étroites, il résulte toutefois de l'instruction qu'en fixant à 0, malgré ces nuisances, le coefficient de situation générale prévu à l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts, correspondant à une " situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent ", l'administration fiscale n'a pas fait une évaluation inexacte de ce coefficient pour la maison imposée.

11. M. B et Mme A D demandent que le coefficient de situation particulière de 0 retenu par l'administration soit abaissé à -0,05 dès lors que l'habitation est difficilement accessible, qu'elle ne l'est en voiture que par l'emprunt d'une servitude de passage, qu'elle est située à proximité des maisons voisines, créant un important vis-à-vis, qu'elle est située à proximité d'une ligne électrique et donne vue sur des carrières. Cependant, il ne résulte pas de l'instruction que le bien imposé serait difficilement accessible. En outre, les éléments énoncés par M. B et Mme A D ne sauraient être caractérisés comme des inconvénients notoires, de sorte que les requérants ne sont pas fondés à remettre en cause le coefficient de 0 retenu par l'administration et demander l'application d'un coefficient de -0,05.

En ce qui concerne les équivalences superficielles :

12. Aux termes de l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts : " I. La surface pondérée totale de la partie principale est obtenue en ajoutant à sa surface pondérée nette les surfaces représentatives des éléments d'équipement en état de fonctionnement. Ces équivalences superficielles sont déterminées conformément au barème suivant : Eau courante : 4 m² ; Gaz (en cas d'installation fixe) : 2 m² ; Electricité (par installation quelle que soit l'utilisation du courant) : 2 m² ; Installation sanitaire (éviers et w.-c. exclus) : par baignoire : 5 m² ; par receveur de douches ou bac à laver : 4 m² ; Par lavabo et autre appareil sanitaire : 3 m² ; W.-C. particulier (par unité) : 3 m² ; Egout (raccordement au réseau d'eau) par local : 3 m² ; Vide-ordures (que celui-ci soit particulier au local ou commun à l'étage) : 3 m² ; Chauffage central, par pièce et annexe d'hygiène (que l'installation soit particulière au local ou commune aux différents locaux de l'immeuble) : 2 m². () ".

13. M. B et Mme A D soutiennent que les équivalences superficielles devraient être ramenées à 37, à raison d'une installation d'un gaz, une installation au réseau électrique, un raccordement au réseau d'eau, une douche, 3 lavabos, 2 W.C, et un chauffage. Cependant, ils ne produisent aucun élément, tels que des plans détaillés, des photographies de l'intérieur de leur habitation ou même la déclaration H1 de celle-ci, de nature à remettre en cause l'appréciation de l'administration fiscale. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B et Mme A D ne sont pas fondés à demander la réduction des cotisations de l'imposition litigieuse. Leurs requêtes doivent, par suite, être rejetées dans toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes présentées par M. B et Mme A D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme A D et à la direction départementale des finances publiques de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

Le président,

J. WYSSLe greffier,

J. BONINO

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2-2104546

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