Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2101412

mardi 24 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2101412
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMATHIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a pris acte du désistement de Mme A de ses conclusions en annulation et injonction contre le refus du préfet de l'Isère de lui accorder un parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale. La requérante, qui avait obtenu l'aide juridictionnelle totale, a maintenu sa demande de frais de justice, mais le tribunal a rejeté cette demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Aucune des lois invoquées (loi du 13 avril 2016, code de justice administrative) n'a conduit à une condamnation de l'État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2021, Mme B A, représentée par Me Mathis, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 30 décembre 2020 par laquelle le préfet de l'Isère lui a refusé le bénéfice du parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui accorder le bénéfice du parcours de sortie de la prostitution et d'insertion sociale dans un délai de 15 jours ;

4°) à défaut, d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation sans délai ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît la loi du 13 avril 2016 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que la décision du préfet a des conséquences d'une gravité excessive sur sa situation personnelle.

Une mise en demeure a été adressée le 3 avril 2023 au préfet de l'Isère afin qu'il produise ses observations dans un délai de 30 jours

Par une lettre du 31 juillet 2024, il a été demandé à Mme A de transmettre dans un délai de deux mois toute pièce sur sa situation personnelle et administrative depuis l'intervention de la décision attaquée.

Par un mémoire enregistré le 22 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Mathis, déclare se désister purement et simplement de ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction, tout en maintenant sa demande tendant à la condamnation de l'Etat sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Vial-Pailler,

- et les conclusions de Mme Frapolli, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Mme A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 avril 2021, il n'y a pas lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

2. Le désistement d'instance des conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête susvisée est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux les conclusions présentées par Mme A.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'admission de Mme A à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 :Il est donné acte du désistement d'instance des conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de Mme A.

Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 4 :Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de l'Isère et à Me Mathis.

Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président-rapporteur,

Mme Fourcade, première conseillère,

M. Villard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2025.

Le président-rapporteur,

C. VIAL-PAILLER

L'assesseure la plus ancienne, dans l'ordre du tableau

F. FOURCADE

Le greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°210141