mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101725 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LAUMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 mars 2021 et 1er août 2022, M. A, représenté par Me Laumet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 novembre 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier Annecy Genevois (CHANGE) l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire et dans l'intérêt du service jusqu'à la décision du préfet de la Haute-Savoie après avis du comité médical ou de la décision du Centre national de gestion et lui a fait interdiction d'accéder aux locaux du CHANGE ;
2°) de mettre à la charge du CHANGE une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- est entaché d'un détournement de procédure ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation de son état de santé ;
- le CHANGE aurait dû examiner des possibilités de réorientation professionnelle sans activité clinique ;
- méconnaît l'article L. 6143-7 du code de la santé publique en l'absence de circonstances exceptionnelles et de mise en péril de la continuité du service et de la sécurité des patients.
- le CHANGE ne rapporte pas la preuve d'une incompatibilité entre les faits commis dans la nuit du 6 au 7 novembre 2020 et une activité de praticien hospitalier sans activité clinique.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 juin 2021 et 21 décembre 2023, le centre hospitalier Annecy Genevois, représenté par Me Cottignies, conclut dans le dernier état de ses écritures au non-lieu à statuer sur la requête et à ce que soit mis à la charge du requérant la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier fait valoir que la suspension contestée à été levée à compter du 3 avril 2023 par une décision du 24 mars 2023 et conteste les moyens invoqués.
Par ordonnance du 7 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 décembre 2023.
Des mémoires enregistrés les 2 et 10 janvier 2024 pour M. A n'ont pas été communiqués.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fourcade,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- et les observations de Me Laumet, représentant M. A, et de Me Amet, représentant le CHANGE.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, anesthésiste- réanimateur est employé par le centre hospitalier Annecy Genevois en qualité de praticien hospitalier titulaire depuis le 1er juin 2014. Il exerce à temps partiel depuis le 1er janvier 2018. Après avoir été surpris en train d'inhaler du protoxyde d'azote dans des blocs opératoires les 15 et 25 septembre 2019, il sera placé, après avis du comité médical rendu le 30 mars 2020, en arrêt de congé maladie de longue durée du 1er janvier au 30 juin 2020 par un arrêté du préfet de la Haute-Savoie du 20 avril 2020. Cet arrêté, entaché d'incompétence, a été annulé par un jugement n° 2003036 rendu le 12 décembre 2023. Du 1er au 31 août 2020, l'intéressé a repris ses fonctions sans activité clinique, puis à compter du 1er septembre 2020, M. A va reprendre progressivement une activité normale. Toutefois, il va connaître une rechute dans la nuit du 6 au 7 novembre. Le 17 novembre 2020, le médecin du travail va émettre un avis d'inaptitude de l'intéressé à son poste mais d'aptitude à un autre poste assorti des observations suivantes : " inapte temporaire à toute activité clinique il convient d'envisager dès à présent une réorientation vers des activités transversales au sein de l'établissement dans le cadre de l'organisation des soins, de la recherche clinique, de la supervision ou logicielle. " Par la décision contestée du 27 novembre 2020, le directeur du CHANGE a suspendu l'intéressé de ses fonctions à titre conservatoire et dans l'intérêt du service.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Si par une décision du 24 mars 2023 le directeur du CHANGE a levé la suspension contestée à compter du 3 avril 2023, cette décision est dépourvue de portée rétroactive et la suspension attaquée a produit des effets durant la période où elle était en vigueur. Le non-lieu opposé en défense doit dès lors être écarté.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique : " Le directeur, président du directoire, conduit la politique générale de l'établissement. Il représente l'établissement dans tous les actes de la vie civile et agit en justice au nom de l'établissement./ Le directeur est compétent pour régler les affaires de l'établissement autres que celles énumérées aux 1° à 15° et autres que celles qui relèvent de la compétence du conseil de surveillance énumérées à l'article L. 6143-1. () le directeur exerce son autorité sur l'ensemble du personnel dans le respect des règles déontologiques ou professionnelles qui s'imposent aux professions de santé, des responsabilités qui sont les leurs dans l'administration des soins et de l'indépendance professionnelle du praticien dans l'exercice de son art. () ".
5. Dans des circonstances exceptionnelles où sont mises en péril la continuité du service et la sécurité des patients, les dispositions de l'article R. 6152-77 du code de la santé publique ne font pas obstacle à ce que le chef d'établissement puisse, sur le fondement de ses attributions de conduite générale de l'établissement et de son autorité sur l'ensemble du personnel qui résultent de l'article L. 6143-7 précité du code de la santé publique, prendre, sous le contrôle du juge, une mesure de suspension des activités cliniques et thérapeutiques et des fonctions de chef de service d'un praticien hospitalier, à condition d'en référer immédiatement aux autorités compétentes pour prononcer la nomination du praticien concerné.
6. M. A a été découvert, alors qu'il n'était pas en service, dans la nuit du 6 au 7 novembre 2020, dans la salle des césariennes programmées en train d'inhaler du protoxyde d'azote. Si cet événement a dérangé les professionnels de santé en service, il n'a pas empêché la prise en charge des patients, l'infirmière qui va découvrir sa silhouette accroupie au sol derrière la table d'intervention, va poursuivre sa participation à la prise en charge d'une césarienne en cours et le médecin, qui restera par la suite à ses côtés durant 30 minutes, avait achevé son acte médical. Par suite, cet événement, pour regrettable qu'il soit, ne caractérise pas, à lui seul, une mise en péril de la continuité du service et de la sécurité des patients. Il en résulte que M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête que, la décision du 27 novembre 2020 suspendant M. A à titre conservatoire et dans l'intérêt du service est annulée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier Annecy Genevois une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées par le centre hospitalier, partie perdante, sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 novembre 2020 suspendant M. A à titre conservatoire et dans l'intérêt du service est annulée.
Article 2 : Le centre hospitalier Annecy Genevois versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier Annecy Genevois.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Fourcade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
La rapporteure,
F. FOURCADE
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute -Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026