jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102312 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ANGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 avril 2021 et un mémoire enregistré le 18 septembre 2023, Mme C B, représentée par Me Angot demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir, d'une part, la décision par laquelle le jury du baccalauréat technologique a décidé son ajournement à la session de 2020 et, d'autre part, les décisions de la rectrice de l'académie de Grenoble du 8 décembre 2020 et du 25 janvier 2021 portant rejet des recours administratifs formés par sa mère ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Grenoble de lui délivrer son diplôme de baccalauréat après avoir reconnu son inaptitude aux épreuves d'éducation physique et sportive ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que les décisions en litige méconnaissent l'article D. 312-4 du code de l'éducation.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2021, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- subsidiairement, le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.
Les parties ont, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'absence d'intérêt de Mme B à demander l'annulation pour excès de pouvoir des refus opposés par la rectrice de l'académie de Grenoble aux recours administratifs présentés par sa mère.
Mme B a présenté une réponse à ce moyen d'ordre public par mémoire enregistré le 29 septembre 2023, communiqué au recteur de l'académie de Grenoble.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°2020-641 du 27 mai 2020 relatif aux modalités de délivrance du baccalauréat général et technologique pour la session 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat,
- les conclusions de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été ajournée à la session 2020 du baccalauréat technologique. Dans la présente instance, elle demande l'annulation pour excès de pouvoir de cette décision ensemble les refus opposés, les 8 décembre 2020 et 25 janvier 2021, par la rectrice de l'académie de Grenoble aux recours gracieux présentés par sa mère.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 411-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai ". Si toute personne est libre de désigner le mandataire de son choix pour former le recours administratif mentionné par les dispositions précitées, aucune disposition législative ne permet de présumer qu'une mère dispose, en cette seule qualité, d'un mandat tacite lui permettant de présenter un tel recours au nom de son enfant majeur.
3. En l'espèce, faute pour Mme B de justifier du mandat qu'elle soutient avoir confié à sa mère pour contester, par la voie d'un recours administratif, la décision d'ajournement dont elle avait fait l'objet, elle ne justifie pas d'un intérêt à demander l'annulation pour excès de pouvoir des refus que la rectrice de l'académie de Grenoble a opposés à sa mère les 8 décembre 2020 et 25 janvier 2021. Les conclusions qu'elle présente en ce sens doivent donc être rejetées comme irrecevables.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir et d'injonction :
4. Aux termes de l'article D. 336-4 du code de l'éducation : " L'examen du baccalauréat technologique comprend des épreuves obligatoires et des épreuves portant sur des enseignements optionnels. / () / En ce qui concerne l'épreuve d'éducation physique et sportive, la note résulte, pour les élèves des classes de terminale des lycées d'enseignement public (), du contrôle en cours de formation prévu par l'article L. 331-1. () ". Aux termes de l'article L. 331-1 du même code : " En vue de la délivrance des diplômes, il peut être tenu compte, éventuellement en les combinant, des résultats d'examens terminaux, des résultats des contrôles en cours de formation, des résultats du contrôle continu des connaissances, et de la validation des acquis de l'expérience ". Aux termes de l'article D. 312-4 du code de l'éducation : " Dans les examens de l'enseignement du second degré, lorsque l'évaluation certificative résulte d'un contrôle en cours de formation, seuls peuvent être dispensés de l'épreuve d'éducation physique et sportive les candidats reconnus totalement inaptes, pour la durée de l'année scolaire, par un médecin qui délivre, à cet effet, un certificat médical, conformément aux articles R. 312-2 et R. 312-3. / Dans le cas d'inaptitudes, totales ou partielles, intervenant pour une durée limitée, il appartient à l'enseignant d'apprécier si les cours suivis par l'élève lui permettent de formuler une proposition de note ou si, les éléments d'appréciation étant trop réduits, ils doivent conduire à la mention " dispensé d'éducation physique et sportive pour raisons médicales ". / Aucun certificat médical d'inaptitude totale ou partielle ne peut avoir d'effet rétroactif ". Aux termes de l'article R. 312-2 du code de l'éducation : " Les élèves des établissements d'enseignement du premier et du second degré publics () qui invoquent une inaptitude physique doivent en justifier par un certificat médical indiquant le caractère total ou partiel de l'inaptitude. En cas d'inaptitude partielle, ce certificat peut comporter, dans le respect du secret médical, des indications utiles pour adapter la pratique de l'éducation physique et sportive aux possibilités individuelles des élèves. / Le certificat médical précise également sa durée de validité, qui ne peut excéder l'année scolaire en cours ".
5. Mme B conteste la note de 0/20 qui lui a été attribuée à l'épreuve d'éducation physique et sportive. Par application des dispositions citées au point précédent, elle n'est toutefois pas fondée à se prévaloir des certificats médicaux établis postérieurement à son ajournement, le 9 juillet 2020 et le 6 novembre 2020. Quant aux autres certificats figurant au dossier, ceux établis par les docteurs Malmir, Hallain et Lamban, respectivement en novembre 2019, décembre 2019 et avril 2019 ne font état que d'inaptitudes physiques temporaires de l'intéressée, d'une durée de 15 jours, 2 jours et 35 jours. Seul le certificat établi par le docteur D, médecin généraliste, le 4 octobre 2019 proscrit toute activité nécessitant " la course, le saut ou tout autre contrainte mécanique touchant les deux membres inférieurs " pour la totalité de l'année scolaire. Toutefois, le constat figurant dans cette pièce médicale n'est pas corroboré par les certificats ultérieurs qui ne font état, pour leur part et comme indiqué précédemment, d'inaptitudes seulement temporaires de la requérante. Par ailleurs, alors qu'elle soutient qu'étant ainsi dans l'impossibilité de pratiquer toute activité sportive, elle ne pouvait pas participer aux cours de sport ni subir les épreuves correspondantes, elle s'est présentée spontanément au premier contrôle en cours de formation organisé le 28 novembre 2019, ainsi qu'en atteste la feuille d'émargement produite par le recteur. Il en résulte que l'inaptitude physique alléguée de Mme B tout au long de l'année scolaire 2019-2020 n'est pas établie. Par suite, en lui attribuant la note de 0/20 à l'épreuve correspondante, le jury du baccalauréat technologique n'a pas méconnu les dispositions citées au point précédent. Le moyen correspondant doit donc être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir ainsi que, par voie de conséquence, d'injonction présenté par Mme B doit être rejeté sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais du litige :
7. Eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, les conclusions présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :
Article 2 :
La requête présentée par Mme B est rejetée.
Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de l'éducation nationale.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Mme Coutarel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2102312
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026