mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102634 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 avril 2021 et le 2 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Pignier, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière mise à sa charge au titre de l'année 2019 dans les rôles de la commune de Claix ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la qualité de construction courante et la surface réduite des pièces d'habitation justifient le classement de l'immeuble en catégorie 6 ou 5M et non pas 5 ;
- les défauts permanents dus à la vétusté des lieux justifient un coefficient d'entretien de 1, équivalent à un état d'entretien passable, et non de 1,20 ;
- la fiche de calcul du local mentionne la présence d'une cave de 73 m² alors que ce local comporte uniquement un garage de 25 m² et pas de cave ;
- il peut être retenu comme local de référence le n°7 correspondant à la catégorie 6, dont le tarif a été défini à hauteur de 5,03 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 13 juin 2022 et le 14 mars 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Pfauwadel, magistrat désigné.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande que la cotisation de taxe foncière de 1 163 euros mise à sa charge au titre de l'année 2019 pour sa maison de Claix (Isère) soit réduite à 684 euros.
2. Aux termes de l'article 1496 du code général des impôts : " I. La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. / II. La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune. / Le tarif est appliqué à la surface pondérée du local de référence, déterminée en affectant la surface réelle de correctifs fixés par décret et destinés à tenir compte de la nature des différentes parties du local, ainsi que de sa situation, de son importance, de son état et de son équipement ".
3. En premier lieu, le requérant soutient que la surface pondérée de sa maison doit être réduite dès lors que la fiche d'évaluation mentionne une cave de 73 m² affectée du coefficient de pondération de 0,2, alors que cette maison ne comporte pas de cave, mais uniquement le garage de 25 m² affecté du coefficient de 0,4 mentionné sur la fiche. L'administration fait valoir dans son premier mémoire en défense que cette cave de 73 m² est mentionnée dans la déclaration H1 qu'elle produit à l'instance et qu'il n'a pas été déposé de déclaration rectificative. Si le requérant a joint à son mémoire en réplique une déclaration rectificative remplie en cours d'instance qui mentionne comme seul élément incorporé à la maison le garage de 25 m², outre les 98 m² de surface totale des pièces affectées à l'habitation, cette déclaration est manifestement erronée dès lors qu'il ressort de la déclaration H1 initiale que la surface totale du rez-de-chaussée, comprenant un garage de 25 m² et une cave de 73 m², est égale à celle déclarée pour les pièces d'habitation du premier étage, pour une surface couverte au sol par la maison de 120 m². Il résulte en outre de l'acte authentique du 5 avril 2004 par lequel M. B a acheté la maison que celle-ci comporte un rez-de-chaussée avec un hall d'entrée, un garage, une chaufferie, deux pièces et un WC et un premier étage composé d'un séjour, de trois chambres, d'une cuisine, d'une salle de bain et de WC. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il y a lieu de réduire d'une surface de 73 m² affectée du coefficient de pondération de 0,2, la surface de la maison prise en compte pour la détermination de sa valeur locative.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 324 G de l'annexe III au même code : " I. La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction (maisons individuelles immeubles collectifs dépendances bâties isolées) les diverses catégories de locaux d'habitation existant dans la commune. / II. Pour la classification communale, sont assimilés aux dépendances bâties isolées les dépendances bâties et les éléments bâtis formant dépendances qui doivent faire l'objet d'une évaluation distincte en raison de leur nature particulière, notamment les éléments de pur agrément ainsi que dans les immeubles collectifs les garages et les emplacements individuels aménagés pour le stationnement des véhicules automobiles ". Aux termes de l'article 324 H de la même annexe : " I. Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux mentionnés au tableau ci-après. / () / IV. Les caractéristiques physiques afférentes à chaque nature et catégorie de locaux retenus lors de la classification communale sont inscrites au procès-verbal des opérations de la révision ".
5. Le procès-verbal 6670H de la commune de Claix du 17 décembre 1970 précise que les habitations de la catégorie 5 correspondent à des constructions de bonne apparence, construites avec des matériaux de qualité assurant une habitabilité normale, de conception simple mais confortable comportant une salle de séjour et équipées au minimum d'une salle de bains ou d'un cabinet de toilette, d'un WC intérieur et fréquemment du chauffage central ; les habitations de la catégorie 5M s'en distinguent par une apparence très simple avec un aspect correct, des matériaux d'assez bonne qualité, la présence non systématique d'une salle de séjour et la présence au minimum d'une cabinet de toilette et d'un WC intérieur ; les habitations de la catégorie 6 correspondent à des constructions d'aspect ordinaire, construites avec des matériaux de qualité courante procurant une habitabilité convenable, de conception ordinaire avec en général un faible développement des pièces pour les immeubles récents et assez mal dégagées dans les immeubles anciens, équipées au minimum d'un poste d'eau et d'un WC même externe.
6. M. B soutient que sa maison, qui a été classée catégorie 5, doit être classée en catégorie 6 ou 5M. Il ressort des photographies de cette maison versées au dossier par l'administration, le requérant n'en produisant pas, que la maison est de bonne apparence. Si le requérant fait valoir qu'elle a été construite en 1972 avec des agglomérés qui n'offrent pas une bonne isolation thermique et phonique, il résulte de l'instruction qu'eu égard aux pièces et équipements sanitaires dont elle dispose, elle relève de la 5ème catégorie.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 324 P de l'annexe III au code général des impôts : " La surface pondérée comparative de la partie principale augmentée, le cas échéant, en ce qui concerne la maison, de la surface pondérée brute des éléments visés au b du I de l'article 324 L, est affectée d'un correctif d'ensemble destiné à tenir compte, d'une part, de l'état d'entretien de la partie principale en cause, d'autre part, de sa situation. Ce correctif est égal à la somme algébrique des coefficients définis aux articles 324 Q et 324 R ". L'article 324 Q de la même annexe fixe le barème selon lequel le bon état d'entretien est affecté du coefficient de 1,20, l'assez bon état d'entretien est affecté du coefficient de 1,10, l'état d'entretien passable, correspondant à une construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité, est affecté du coefficient de 1, l'état d'entretien médiocre, correspondant à une construction ayant besoin de réparations d'une certaine importance encore que localisées, est affecté du coefficient de 0,90 et l'état d'entretien mauvais, correspondant à une construction ayant besoin de grosses réparations dans toutes ses parties, est affecté du coefficient de 0,80.
8. M. B demande que le coefficient d'entretien de 1,20 retenu pour l'évaluation de son logement soit ramené à 1. Toutefois, il se borne à faire valoir que la maison a été construite en 1972, sans produire de pièce de nature à établir qu'elle ne serait pas en bon état d'entretien, ni même préciser les défauts permanents dont elle serait affectée. La demande de modification du coefficient d'entretien doit dès lors être écartée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le magistrat désigné,
T. PFAUWADELLa greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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