Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2102901

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2102901
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantADALTYS AFFAIRES PUBLIQUES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. B dirigée contre la délibération du 7 novembre 2020 par laquelle le conseil municipal de Bilieu a approuvé son plan local d'urbanisme (PLU). Le requérant soulevait de nombreux moyens, notamment tirés d'irrégularités dans la procédure de concertation, de l'insuffisance du rapport de présentation et d'une erreur de classement d'une parcelle en zone agricole. Le tribunal a estimé que les modalités de concertation prévues par la délibération du 8 juin 2017 avaient été respectées, conformément à l'article L. 600-11 du code de l'urbanisme. Les autres moyens ont été jugés non fondés ou irrecevables, la requête étant ainsi rejetée dans son ensemble.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 mai 2021, 29 janvier 2024 et 4 avril 2024, M. A B, représenté par Me Fiat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 7 novembre 2020 par laquelle le conseil municipal de Bilieu a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 13 janvier 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bilieu une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié que les modalités de concertation prévues aient été respectées ;

- il n'est pas justifié que le débat sur le projet d'aménagement et de développement durable ait été régulièrement mené ;

- le contenu du projet d'aménagement et de développement durable ne respecte pas les dispositions de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme ;

- le rapport de présentation est insuffisant s'agissant de la mise en œuvre de la loi Montagne et de l'analyse des capacités de stationnement sur la commune, en méconnaissance de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme ;

- il n'est pas justifié que l'ensemble des personnes publiques associées ont été saisies pour avis conformément aux articles L. 153-16 et L. 153-17 du code de l'urbanisme ;

- il n'est pas justifié de la régularité de l'arrêté de mise à l'enquête et de l'avis d'enquête publique ;

- il n'est pas justifié de la complétude du dossier soumis à enquête publique ;

- il n'est pas justifié que le rapport du commissaire enquêteur respecte les articles L. 123-15 et R. 123-19 du code de l'environnement ;

- compte tenu des modifications apportées au plan local d'urbanisme après l'enquête publique, la commune de Bilieu aurait dû organiser une nouvelle enquête publique en vertu de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme ;

- la délibération en litige, adoptée à huis clos, méconnaît l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales ;

- le plan local d'urbanisme approuvé méconnaît le principe d'équilibre énoncé à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme ;

- le règlement approuvé n'est pas cohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durable, en méconnaissance de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme ;

- le contenu des orientations d'aménagement et de programmation ne respecte pas l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme ;

- la modification du classement de la parcelle cadastrée section A n° 935 en zone agricole ne procède pas de l'enquête publique ;

- ce classement est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 novembre 2021, le 27 février 2024 et le 13 août 2024, la commune de Bilieu, représentée par Me Buffet, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre de la procédure de régularisation prévue par l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas assortis de précisions suffisantes ou pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beytout,

- les conclusions de Mme Paillet-Augey, rapporteure publique,

- et les observations de Me Vincent, avocate du requérant, et de Me Buffet, avocate de la commune de Bilieu.

Une note en délibéré a été enregistrée le 10 septembre 2024 pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Le conseil municipal de Bilieu a prescrit l'élaboration d'un plan local d'urbanisme et fixé les modalités de la concertation par une délibération du 8 juin 2017. Le débat sur le projet d'aménagement et de développement durable a eu lieu le 9 avril 2018. Le bilan de la concertation a été tiré et le projet de plan local d'urbanisme arrêté par une délibération du 20 juillet 2019. L'enquête publique s'est déroulée du 20 novembre 2019 au 2 janvier 2020. Enfin le plan local d'urbanisme a été approuvé par une délibération du 7 novembre 2020. M. B a formé un recours gracieux par courrier du par la présente requête, ce dernier demande l'annulation de la délibération du 7 novembre 2020 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 13 janvier 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le respect des modalités de concertation avec le public :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : / 1° Les procédures suivantes : /a) L'élaboration et la révision du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-11 du code de l'urbanisme : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées. () ".

4. Le moyen tiré de l'illégalité de la délibération prescrivant l'adoption ou la révision du plan local d'urbanisme qui porte, d'une part, sur les objectifs, au moins dans leurs grandes lignes, poursuivis par la commune en projetant d'élaborer ou de réviser ce document d'urbanisme et, d'autre part, sur les modalités de la concertation avec les habitants et les associations locales, ne peut, eu égard à l'objet et à la portée de celle-ci, être utilement invoqué contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Les irrégularités ayant affecté le déroulement de la concertation au regard des modalités définies par cette délibération demeurent invocables à l'occasion d'un recours contre la décision du plan local d'urbanisme approuvé.

5. En l'espèce, la délibération du 8 juin 2017 prescrivant l'élaboration du plan local d'urbanisme de Bilieu fixe les modalités de concertation suivantes : " Moyens d'information prévus : / - Des articles dans le bulletin municipal informeront du démarrage et des avancées de la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme. / - Une exposition évolutive sous forme de panneaux devra être mise en place en Mairie. / - 3 réunions publiques seront organisées. / Moyens offerts au public pour s'exprimer et engager le débat : / - Un registre de concertation sera mis à disposition du public en mairie. / Le public pourra donc faire connaître ses observations tout au long de la phase d'élaboration du projet en les consignant dans le registre de concertation ouvert à cet effet à la mairie. / Il pourra également les adresser par courrier postal (Mairie de Bilieu, 75 Route de Charavines, 38850 Bilieu) ou par courriel à une adresse mail spécialement dédiée à cet effet. / - Les élus tiendront une permanence pour répondre aux interrogations des habitants ".

6. Si le requérant soutient qu'il n'est pas justifié que les modalités de concertation prévues ont bien été respectées, il ressort tant de la délibération du 20 juillet 2019 tirant le bilan de la concertation que du rapport du commissaire enquêteur que les modalités de concertation prévues ont été accomplies. Faute de précision supplémentaire de la part du requérant, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la régularité du débat sur le projet d'aménagement et de développement durable :

7. D'une part, aux termes de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme : " Un débat a lieu au sein de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale et des conseils municipaux ou du conseil municipal sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables mentionné à l'article L. 151-5, au plus tard deux mois avant l'examen du projet de plan local d'urbanisme () ".

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 2 121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ". En application de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales (CGCT), le maire est tenu de communiquer aux membres du conseil municipal les documents nécessaires pour qu'ils puissent se prononcer utilement sur les affaires de la commune soumises à leur délibération.

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la convocation au conseil municipal du 9 avril 2018 au cours duquel le projet d'aménagement et de développement durable a été débattu mentionnait ce débat à l'ordre du jour et était accompagnée d'une copie du projet d'aménagement et de développement durable et d'une copie du projet de délibération. Le garde champêtre de la commune atteste en outre avoir déposé ces convocations le jour même dans la boîte aux lettres de l'ensemble des conseillers municipaux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.

En ce qui concerne la consultation des personnes publiques associées :

10. Aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : / 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 () ". Aux termes de l'article L. 132-7 du même code : " L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat, les collectivités territoriales ou les établissements publics mentionnés à l'article L. 312-3 du présent code, les établissements publics chargés d'une opération d'intérêt national ainsi que les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture et, dans les communes littorales au sens de l'article L. 321-2 du code de l'environnement, des sections régionales de la conchyliculture. Ces organismes assurent les liaisons avec les organisations professionnelles intéressées. / Il en est de même du gestionnaire d'infrastructure ferroviaire ayant au moins un passage à niveau ouvert au public dans l'emprise du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme ". Et aux termes de l'article L. 132-9 du même code : " Pour l'élaboration des plans locaux d'urbanisme sont également associés, dans les mêmes conditions : / 1° Les syndicats d'agglomération nouvelle ; / 2° L'établissement public chargé de l'élaboration, de la gestion et de l'approbation du schéma de cohérence territoriale lorsque le territoire objet du plan est situé dans le périmètre de ce schéma ; / 3° Les établissements publics chargés de l'élaboration, de la gestion et de l'approbation des schémas de cohérence territoriale limitrophes du territoire objet du plan lorsque ce territoire n'est pas couvert par un schéma de cohérence territoriale ".

11. En l'espèce, alors que la liste des personnes publiques associées saisies pour avis figure notamment dans la délibération attaquée, le requérant se borne à soutenir qu'il n'est pas justifié que l'ensemble des personnes publiques associées ont été consultées. Faute de préciser l'irrégularité dont il entend ainsi se prévaloir, son moyen, qui n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

En ce qui concerne l'arrêté d'ouverture de l'enquête publique :

12. Aux termes de l'article R. 123-9 du code de l'environnement : " I - L'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête précise par arrêté les informations mentionnées à l'article L. 123-10, quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et après concertation avec le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête. Cet arrêté précise notamment : / 1° Concernant l'objet de l'enquête, les caractéristiques principales du projet, plan ou programme ainsi que l'identité de la ou des personnes responsables du projet, plan ou programme ou de l'autorité auprès de laquelle des informations peuvent être demandées ; / 2° En cas de pluralité de lieux d'enquête, le siège de l'enquête, où toute correspondance postale relative à l'enquête peut être adressée au commissaire enquêteur ou au président de la commission d'enquête ; / 3° L'adresse du site internet comportant un registre dématérialisé sécurisé auxquelles le public peut transmettre ses observations et propositions pendant la durée de l'enquête. En l'absence de registre dématérialisé, l'arrêté indique l'adresse électronique à laquelle le public peut transmettre ses observations et propositions ; / 4° Les lieux, jours et heures où le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête, représentée par un ou plusieurs de ses membres, se tiendra à la disposition du public pour recevoir ses observations ; / 5° Le cas échéant, la date et le lieu des réunions d'information et d'échange envisagées ; / 6° La durée, le ou les lieux, ainsi que le ou les sites internet où à l'issue de l'enquête, le public pourra consulter le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête ; / 7° L'information selon laquelle, le cas échéant, le dossier d'enquête publique est transmis à un autre Etat, membre de l'Union européenne ou partie à la convention sur l'évaluation de l'impact sur l'environnement dans un contexte transfrontière, signée à Espoo le 25 février 1991, sur le territoire duquel le projet est susceptible d'avoir des incidences notables ; / 8° L'arrêté d'ouverture de l'enquête précise, s'il y a lieu, les coordonnées de chaque maître d'ouvrage ou de la personne publique responsable des différents éléments du ou des projets, plans ou programmes soumis à enquête. / II. - Un dossier d'enquête publique est disponible en support papier au minimum au siège de l'enquête publique.

/ Ce dossier est également disponible depuis le site internet mentionné au II de l'article R. 123-11 ".

13. Si le requérant soutient qu'il n'est pas justifié que l'arrêté d'ouverture d'enquête publique respecte les dispositions précitées, la commune a produit dans ses écritures en défense cet arrêté et le requérant n'a pas précisé en réplique quelle irrégularité l'entacherait. Dans ces conditions, le moyen, qui n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

En ce qui concerne l'avis d'enquête publique :

14. Aux termes de l'article R. 123-11 du code de l'urbanisme : " I. - Un avis portant les indications mentionnées à l'article R. 123-9 à la connaissance du public est publié en caractères apparents quinze jours au moins avant le début de l'enquête et rappelé dans les huit premiers jours de celle-ci dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le ou les départements concernés. Pour les projets d'importance nationale et les plans et programmes de niveau national, cet avis est, en outre, publié dans deux journaux à diffusion nationale quinze jours au moins avant le début de l'enquête () ".

15. Si le requérant soutient qu'il n'est pas justifié que l'avis d'ouverture d'enquête publique respecte les dispositions précitées, la commune a produit dans ses écritures en défense cet avis et le requérant n'a pas répliqué. Dans ces conditions, faute de préciser l'irrégularité dont le requérant entend ainsi se prévaloir, le moyen qui n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

En ce qui concerne la composition du dossier d'enquête publique :

16. Aux termes de l'article R. 153-8 du code de l'urbanisme : " Le dossier soumis à l'enquête publique est composé des pièces mentionnées à l'article R. 123-8 du code de l'environnement et comprend, en annexe, les différents avis recueillis dans le cadre de la procédure. / Il peut, en outre, comprendre tout ou partie des pièces portées à la connaissance de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou de la commune par le préfet ". Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : / 1° Lorsqu'ils sont requis, l'étude d'impact et son résumé non technique, le rapport sur les incidences environnementales et son résumé non technique, et, le cas échéant, la décision prise après un examen au cas par cas par l'autorité environnementale mentionnée au IV de l'article L. 122-1 ou à l'article L. 122-4, ainsi que l'avis de l'autorité environnementale mentionné au III de l'article L. 122-1 et à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme ; / 2° En l'absence d'évaluation environnementale le cas échéant, la décision prise après un d'examen au cas par cas par l'autorité environnementale ne soumettant pas le projet, plan ou programme à évaluation environnementale et, lorsqu'elle est requise, l'étude d'incidence environnementale mentionnée à l'article L. 181-8 et son résumé non technique, une note de présentation précisant les coordonnées du maître d'ouvrage ou de la personne publique responsable du projet, plan ou programme, l'objet de l'enquête, les caractéristiques les plus importantes du projet, plan ou programme et présentant un résumé des principales raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de l'environnement, le projet, plan ou programme soumis à enquête a été retenu ; / 3° La mention des textes qui régissent l'enquête publique en cause et l'indication de la façon dont cette enquête s'insère dans la procédure administrative relative au projet, plan ou programme considéré, ainsi que la ou les décisions pouvant être adoptées au terme de l'enquête et les autorités compétentes pour prendre la décision d'autorisation ou d'approbation ; / 4° Lorsqu'ils sont rendus obligatoires par un texte législatif ou réglementaire préalablement à l'ouverture de l'enquête, les avis émis sur le projet plan, ou programme ; / 5° Le bilan de la procédure de débat public organisée dans les conditions définies aux articles L. 121-8 à L. 121-15, de la concertation préalable définie à l'article L. 121-16 ou de toute autre procédure prévue par les textes en vigueur permettant au public de participer effectivement au processus de décision. Il comprend également l'acte prévu à l'article L. 121-13. Lorsque aucun débat public ou lorsque aucune concertation préalable n'a eu lieu, le dossier le mentionne ; / 6° La mention des autres autorisations nécessaires pour réaliser le projet dont le ou les maîtres d'ouvrage ont connaissance. / L'autorité administrative compétente disjoint du dossier soumis à l'enquête et aux consultations prévues ci-après les informations dont la divulgation est susceptible de porter atteinte aux intérêts mentionnés au I de l'article L. 124-4 et au II de l'article L. 124-5 ".

17. Si le requérant soutient que le dossier soumis à enquête publique n'était pas complet, la commune a produit dans ses écritures en défense le rapport du commissaire enquêteur qui liste les pièces fournies et le requérant n'a pas répliqué. Dans ces conditions, faute de préciser l'irrégularité dont le requérant entend ainsi se prévaloir, le moyen, qui n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

En ce qui concerne le rapport du commissaire enquêteur :

18. Aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet (..) ".

19. En l'espèce, dans son rapport, le commissaire enquêteur s'est interrogé sur la marge de manœuvre existante pour satisfaire des demandes particulières de reclassement de parcelles dès lors que le plan local d'urbanisme atteint le seuil maximal d'ouverture à l'urbanisation prévue par le schéma de cohérence territoriale de la région urbaine de Grenoble. Il a néanmoins recensé, analysé et apporté une réponse circonstanciée aux observations du public, y compris favorables pour certaines demandes. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le rapport du commissaire enquêteur ne respecte pas les dispositions précitées.

En ce qui concerne les modifications apportées au projet après l'enquête publique :

20. Aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / () 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8 ".

21. Il résulte de ces dispositions que le projet de plan local d'urbanisme ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.

22. En premier lieu, le requérant critique les changements apportés après enquête publique au zonage et au règlement s'agissant des risques naturels. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'évolution du règlement des risques naturels postérieurement à l'enquête publique et les mentions ajoutées au sujet des risques dans les orientations d'aménagement et de programmation font suite à une réserve de la direction départementale des territoires sollicitant la mise en cohérence du plan local d'urbanisme avec le règlement type pour la prévention des risques naturels prévisibles en vigueur en 2017. Ces modifications procèdent donc de l'enquête publique. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que les changements opérés remettent en cause l'économie générale du projet de plan local d'urbanisme.

23. En deuxième lieu, la diminution du périmètre du secteur de taille et de capacité d'accueil limité destiné au terrain de football de la commune, qui passe de 9 770 à 3 550 m², vise à satisfaire une réserve de la commission départementale de préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers et procède ainsi de l'enquête publique. En outre, il n'est pas allégué que cette modification, qui porte sur 0,009 % de la superficie du territoire communal, remet en cause l'économie générale du projet de plan local d'urbanisme.

24. En troisième lieu, si le rapport de présentation a été complété sur plusieurs points après l'enquête publique, l'ensemble des modifications opérées font suite à des remarques des personnes publiques associées et ne bouleversent pas l'économie générale du projet de plan local d'urbanisme.

25. En quatrième et dernier lieu, la parcelle cadastrée section A n° 935, de plus de trois hectares, était classée dans le projet de plan local d'urbanisme arrêté en majeure partie en zone agricole et pour une petite partie située le long de la route des Maures en zone urbaine. M. B a sollicité au cours de l'enquête publique son classement intégral en zone urbaine. Le commissaire enquêteur s'est prononcé en faveur du maintien du découpage prévu, compte tenu de la localisation et des caractéristiques de la parcelle. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la commune de Bilieu a modifié la forme de ce découpage lors de l'approbation du plan local d'urbanisme. Aucune explication n'est fournie en défense sur les motivations de ce changement, qui, s'il n'affecte pas la surface classée en zone urbaine, n'a été sollicité ni par M. B, ni par le commissaire enquêteur ni par une autre personne publique associée. M. B est ainsi fondé à soutenir que ce changement ne procède pas de l'enquête publique et à demander pour ce motif l'annulation partielle du plan local d'urbanisme.

En ce qui concerne la tenue du conseil municipal à huis clos lors de l'adoption du plan local d'urbanisme :

26. Aux termes de l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales : " Les séances des conseils municipaux sont publiques. / Néanmoins, sur la demande de trois membres ou du maire, le conseil municipal peut décider, sans débat, à la majorité absolue des membres présents ou représentés, qu'il se réunit à huis clos. / Sans préjudice des pouvoirs que le maire tient de l'article L. 2121-16, ces séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle ".

27. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'une requête tendant à l'annulation d'une délibération adoptée par un conseil municipal à l'issue d'une séance à huis clos, de contrôler que la décision de recourir au huis clos, autorisée par les dispositions de l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales, ne repose pas sur un motif matériellement inexact et n'est pas entachée d'erreur de droit, d'erreur manifeste d'appréciation ou de détournement de pouvoir.

28. En raison de l'épidémie de Covid 19, un deuxième confinement de la population a été mis en place par le gouvernement français entre le 30 octobre et le 15 décembre 2020. Compte tenu du risque de propagation du virus, la décision du conseil municipal de recourir au huis clos n'est entachée ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales précité doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance du principe d'équilibre

29. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : / 1° L'équilibre entre : / a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; / b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; / c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; / d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; / e) Les besoins en matière de mobilité () ".

30. Si le requérant soutient dans sa requête que le plan local d'urbanisme approuvé ne respecte pas le principe d'équilibre, il n'indique pas lequel des objectifs énoncés par les dispositions précitées est insuffisamment pris en compte ni pour quelles raisons. Le moyen, qui n'est ainsi pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

En ce qui concerne le contenu du projet d'aménagement et de développement durable :

31. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. / Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles ".

32. En l'espèce, le projet d'aménagement et de développement durable débattu en conseil municipal, qui comporte un objectif de réduction de la consommation des espaces de 30 % avec une enveloppe maximale de 10,5 hectares, doit être regardé comme fixant avec une précision suffisante les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté.

En ce qui concerne le contenu du rapport de présentation :

33. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. / En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités ".

34. D'une part, tant le tome I que le tome II du rapport de présentation comportent des développements relatifs à la mise en œuvre des règles spécifiques à la montagne issues notamment de la loi du 9 janvier 1985 (dite " loi montagne ") applicable sur la commune de Bilieu et le requérant n'explique pas en quoi cette analyse serait insuffisante au regard des enjeux communaux. D'autre part, contrairement à ce que soutient le requérant, le rapport de présentation recense précisément les places de stationnement existantes sur la commune. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la cohérence entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durable :

35. Aux termes de l'article R. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".

36. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement (PADD), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

37. En l'espèce, le requérant se borne à affirmer que le règlement et le projet d'aménagement et de développement durable ne sont pas cohérents, sans indiquer ni les dispositions du règlement ni les objectifs du projet d'aménagement et de développement durable concernés. Le moyen, dépourvu des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

En ce qui concerne le contenu des orientations d'aménagement et de programmation :

38. Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles () ". Et aux termes de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; / 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ; / 3° Comporter un échéancier prévisionnel de l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de la réalisation des équipements correspondants ; / 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; / 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ; / 6° Adapter la délimitation des périmètres, en fonction de la qualité de la desserte, où s'applique le plafonnement à proximité des transports prévu aux articles L. 151-35 et L. 151-36. / II. - En zone de montagne, ces orientations définissent la localisation, la nature et la capacité globale d'accueil et d'équipement des unités touristiques nouvelles locales ".

39. Le requérant reproche notamment aux orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme de Bilieu de fixer une densité minimale à l'hectare, d'indiquer le nombre minimal de logements attendus et la typologie attendue des constructions, de préciser la mixité sociale souhaitée et quantifiée et également de prévoir les modalités techniques de gestion des eaux notamment pluviales. Toutefois ces différents éléments répondent à la définition et au contenu des orientations d'aménagement et de programmation énoncés par les dispositions précitées et ne relèvent pas du règlement. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 151-6 et L. 151-7 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le classement de la parcelle cadastrée section A n° 935 en zone agricole :

40. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste, fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'un détournement de pouvoir.

41. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".

42. Il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.

43. La parcelle cadastrée section A n° 935 appartenant à M. B est classée pour majeure partie en zone agricole, seule une petite partie jouxtant le hameau des Maures étant classée en zone urbaine. Il s'agit d'une vaste parcelle de plus de trois hectares à l'état naturel, affectée de risques naturels et formant une coupure d'urbanisation autour du hameau des Maures excentré du centre bourg. Compte tenu du parti d'aménagement de la commune, consistant à limiter l'étalement urbain, M. B n'est pas fondé à soutenir que son classement en zone agricole est entaché d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation.

44. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation partielle de la délibération en tant qu'elle modifie le découpage de la zone urbaine au sein de la parcelle cadastrée section A n° 935.

Sur les frais de l'instance :

45. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".

46. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bilieu la somme que demande le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

47. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Bilieu au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La délibération est annulée en tant qu'elle classe en zone urbaine la parcelle cadastrée section A n° 935 appartenant à M. B selon un découpage différent de celui figurant dans le projet de règlement graphique arrêté avant enquête publique.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Bilieu.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

Mme Beytout, première conseillère,

Mme Barriol, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

La rapporteure,

E. BEYTOUT

Le président,

P. THIERRY La greffière,

A. ZANON

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.