lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LE GULLUDEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2021 et un mémoire enregistré le 30 octobre 2023, M. B C, représenté par Me Barnouin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision non datée par laquelle le maire a refusé d'attester de la conformité des travaux , ensemble la décision explicite de rejet de son recours gracieux du 8 mars 2021 contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Belmont de lui délivrer une attestation d'achèvement et de conformité des travaux dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Belmont une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse a été édictée par une autorité incompétente, dès lors qu'elle a été prise de manière collégiale par le maire et ses adjoints ;
- l'attestation est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit, dès lors que la cession à la commune d'une bande de terrain destinée à la voirie et la finition des enrobés sont des éléments étrangers à l'appréciation de la conformité de la maison d'habitation édifiée sur le lot n°6 au permis de construire afférent.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 octobre 2023, la commune de Belmont, représentée par Me Le Gulludec, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car la déclaration attestant de l'achèvement et de la conformité des travaux à laquelle la décision attaquée se rattache n'est pas identifiée, ou à tout le moins, l'acte attaqué ne fait pas grief ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, président-rapporteur
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Gulludec, représentant la commune de Belmont.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 4 août 2017, le maire de la commune de Belmont a délivré à M. C un permis d'aménager pour la réalisation d'un lotissement composé de 6 lots, dénommé le " Clos des Narcisses ". Par un arrêté du 23 décembre 2017, un permis de construire a été accordé à M. C pour la réalisation de sa maison d'habitation sur le lot n°6. Par une lettre non datée, le maire de la commune de Belmont a refusé d'attester de la conformité des travaux, au motif de l'absence de cession à la commune d'une bande de terrain de trois mètres destinée à la voirie et de la non-finition des enrobés. Le 3 mars 2021, M. C a formé un recours gracieux à l'encontre de cette attestation, rejeté par décision explicite du 8 mars 2021. Il demande l'annulation de l'attestation et de la décision explicite de rejet de son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Bien que peu précise et ambiguë sur son objet exact, la lettre litigieuse n'en indique pas moins que les services municipaux ont bien reçu la déclaration attestant de l'achèvement et de la conformité des travaux (DAACT) de l'habitation personnelle de M. C sur le lot n°6. Dans sa décision de rejet explicite du recours gracieux de M. C, le maire fait par ailleurs référence à cette DAACT. Dès lors, contrairement à ce que soutient la commune de Belmont, la lettre litigieuse doit être regardée comme relative aux travaux concernant la maison de M. C autorisés par le permis de construire du 23 décembre 2017 et comme refusant d'attester de la conformité des travaux. Ce refus faisant grief au requérant, la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Belmont doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence :
3. Aux termes de l'article L. 462-1 du code de l'urbanisme : " A l'achèvement des travaux de construction ou d'aménagement, une déclaration attestant cet achèvement et la conformité des travaux au permis délivré ou à la déclaration préalable est adressée à la mairie. () ". Aux termes de l'article L. 462-2 du même code : " L'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3 peut, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, procéder ou faire procéder à un récolement des travaux et, lorsque ceux-ci ne sont pas conformes au permis délivré ou à la déclaration préalable, mettre en demeure le maître de l'ouvrage de déposer un dossier modificatif ou de mettre les travaux en conformité. Un décret en Conseil d'Etat fixe les cas où le récolement est obligatoire. Passé ce délai, l'autorité compétente ne peut plus contester la conformité des travaux. () ". Aux termes de l'article L. 422-1 du même code : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article R. 462-6 du code de l'urbanisme : " A compter de la date de réception en mairie de la déclaration d'achèvement, l'autorité compétente dispose d'un délai de trois mois pour contester la conformité des travaux au permis ou à la déclaration. Le délai de trois mois prévu à l'alinéa précédent est porté à cinq mois lorsqu'un récolement des travaux est obligatoire en application de l'article R. 462-7 ".
4. A la date du permis de construire contesté, la commune de Belmont était couverte par un plan local d'urbanisme. Le maire était donc, en application de ces dispositions, la seule autorité compétente pour délivrer les permis de construire et pour contester la conformité des travaux relatifs aux permis de construire délivrés.
5. Bien que signée par le maire, la lettre litigieuse indique sans ambiguïté qu'elle est l'expression d'une décision prise collégialement par le maire et ses adjoints. M. C est ainsi fondé à soutenir que la décision litigieuse refusant d'attester de la conformité des travaux est entachée d'un vice de compétence.
En ce qui concerne l'erreur de droit :
6. Aux termes de l'article R. 462-6 du même code : " A compter de la date de réception en mairie de la déclaration d'achèvement, l'autorité compétente dispose d'un délai de trois mois pour contester la conformité des travaux au permis ou à la déclaration. () ".
7. La décision litigieuse refusant de constater la conformité des travaux est fondée sur l'absence de cession à la commune d'une bande de terrain de trois mètres destinée à la voirie et sur la non-finition des enrobés. Ces éléments se rattachent toutefois aux travaux relatifs au lotissement autorisé par le permis d'aménager, et non aux travaux relatifs à la maison de M. C autorisés par permis de construire. M. C est par suite fondé à soutenir qu'en lui opposant un tel motif étranger à l'objet de l'attestation sollicitée, la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit.
8. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision litigieuse refusant d'attester de la conformité des travaux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. La commune ne faisant valoir aucun autre élément permettant de constater un défaut de conformité des travaux effectués par rapport au permis de construire délivré à M. C, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à la commune de Belmont de lui délivrer une attestation de non-contestation de la conformité des travaux au permis de construire du 23 décembre 2017. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prescrire l'exécution de cette décision dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de la commune de Belmont en ce sens doivent être rejetées.
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de la commune de Belmont une somme de 1 500 euros qu'elle paiera à M. C, au titre des frais non compris dans les dépens que ce dernier a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La décision non datée par laquelle le maire de la commune et ses adjoints ont refusé de délivrer une attestation de conformité des travaux de construction de la maison de M. C est annulée.
Article 2 :Il est enjoint au maire de la commune de Belmont de délivrer à M. C une attestation de non-contestation de la conformité des travaux dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 :La commune de Belmont versera à M. C une somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Les conclusions de la commune de Belmont relatives aux frais non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Belmont.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme A et Mme D, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
Le président,
P. Thierry L'assesseure la plus ancienne,
E. A
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21029492
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026