jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104566 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juillet 2021 et un mémoire enregistré le 3 novembre 2022, Mme A C, représentée par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) la décharge, ou subsidiairement, la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquels elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 ;
2°) la mise à la charge de l'Etat de la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en lui refusant le bénéfice d'une majoration de son quotient familial au motif que le titulaire de la carte " invalidité " qu'elle héberge a déclaré ses revenus par déclaration distincte, l'administration fiscale ajoute une condition non prévue par l'article 196 A bis du code général des impôts ;
- subsidiairement, elle est bien fondée à demander une réduction du revenu de son foyer fiscal à hauteur de la somme forfaitaire prévue par le 2°) ter du II de l'article 156 du code général des impôts.
Par deux mémoires, enregistrés le 4 janvier 2022 et le 16 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la demande de Mme C tendant à la réduction du revenu de son foyer fiscal à hauteur de la somme forfaitaire prévue par le 2°) ter du II de l'article 156 du code général des impôts est irrecevable car tardive et non précédée d'une réclamation préalable ;
- les moyens invoqués par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a déclaré, en 2015 et 2016, héberger une personne titulaire d'une carte d'invalidité. Son impôt sur le revenu au titre de ces deux années a, en conséquence, été calculé sur la base d'1.5 part supplémentaire. L'administration fiscale, après remise en cause du rattachement de cette personne au foyer fiscal de l'intéressée, l'a toutefois a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu. Dans la présente instance, Mme C en demande la décharge.
2. Aux termes de l'article 6 du code général des impôts : " Chaque contribuable est imposable à l'impôt sur le revenu, tant en raison de ses bénéfices et revenus personnels que de ceux de ses enfants et des personnes considérés comme étant à sa charge au sens des articles 196 et 196 A bis. () / Sauf application des dispositions du 4 et du second alinéa du 5, les personnes mariées sont soumises à une imposition commune pour les revenus perçus par chacune d'elles () ". Aux termes de l'article 196 A bis du même code : " Tout contribuable peut considérer comme étant à sa charge, au sens de l'article 196, à la condition qu'elles vivent sous son toit, les personnes titulaires de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " invalidité " prévue à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles ".
3. Les dispositions citées au point précédent n'autorisent pas le contribuable qui recueille sous son toit un invalide marié à considérer le conjoint de ce dernier comme étant également à sa charge, quand bien même il l'aurait aussi recueilli sous son toit. L'obligation posée par l'article 6 de soumettre les époux à une imposition commune fait ainsi obstacle à l'application de l'article 196 A bis au cas d'un invalide marié qui n'entre pas dans les cas où la loi fiscale prévoit l'imposition séparée des époux.
4. En l'espèce, il ressort des constats non contestés de l'administration fiscale que Mme C a, au cours de la période d'imposition, hébergé sous son toit, en plus de la personne invalide qu'elle a déclarée, l'épouse de ce dernier. Par application des dispositions et principes énoncées aux deux points précédents, ce couple, qui n'entrait pas dans un cas où la loi fiscale prévoit une imposition séparée des époux, était donc tenu, ainsi qu'il l'a fait, de déposer une déclaration commune, circonstance qui faisait obstacle au rattachement de l'époux invalide au foyer fiscal de Mme C. C'est donc à bon droit que l'administration fiscale a remis en cause l'application à la requérante d'1.5 parts supplémentaire et l'a imposée aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu en litige. Les conclusions tendant à leur décharge doivent ainsi être rejetées.
5. Aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé () sous déduction : () II. Des charges ci-après lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories : () 2° ter. Avantages en nature consentis en l'absence d'obligation alimentaire résultant des articles 205 à 211 du code civil à des personnes âgées de plus de 75 ans vivant sous le toit du contribuable et dont le revenu imposable n'excède pas le plafond de ressources mentionné à l'article L. 815-9 du code de la sécurité sociale pour l'octroi de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l'article L. 815-1 du même code et de l'allocation supplémentaire d'invalidité mentionnée à l'article L. 815-24 du même code ".
6. Il résulte de ces dispositions que si les contribuables sont autorisés à déduire du montant total de leurs revenus, pour l'assiette de l'impôt sur le revenu, les dépenses qu'ils exposent en faveur de personnes âgées de plus de 75 ans vivant sous leur toit, il leur incombe de justifier, devant le juge de l'impôt, de l'importance des aliments dont le paiement a été rendu nécessaire par le défaut de ressources suffisantes des personnes ainsi accueillies. En outre, le bénéfice de la déduction dont il s'agit est subordonné au versement effectif des sommes par le contribuable débiteur.
7. Mme B demande, en l'espèce, la déduction de son revenu imposable d'une somme forfaitaire sans justifier de l'importance des aliments qu'elle prétend avoir été contrainte de payer en raison de l'état de précarité de la personne âgée qu'elle héberge. Sur ce point et en l'absence de preuve de parenté entre eux, elle ne peut se prévaloir du paragraphe 160 de l'instruction administrative référencée sous le n°BOI-IR-BASE-20-30-20-10, qui concerne les personnes ayant recueilli sous leur toit un ascendant sans ressources, pour soutenir qu'elle n'avait pas à fournir une telle justification. Par suite, elle n'est pas fondée à se prévaloir du bénéfice des dispositions citées au point 5.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme C tendant à la décharge ou, subsidiairement, la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie en 2015 et 2016 doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
9. Eu égard à la qualité de partie perdante de Mme C dans l'instance, il en va de même des conclusions qu'elle présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul, premier conseiller,
Mme Permingeat, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104566
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026