jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104737 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juillet 2021, Mme B C et M. A C, représentés par Me Cognat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2018 par lequel le maire de la commune de Corenc a délivré à la société VJ Constructions un permis de construire un immeuble collectif comportant huit logements et valant également permis de démolir une villa existante, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Corenc une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que le permis a été obtenu par fraude dès lors qu'il comporte des informations mensongères sur la pente de la rampe d'accès au sous-sol dans le but d'induire en erreur le service instructeur sur le respect par le projet des dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beytout,
- les conclusions de Mme Paillet-Augey, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cognat, avocate de M. et Mme C, et de Me Marie, avocat de la société VJ Constructions.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 septembre 2018, le maire de Corenc a délivré à la société VJ Constructions un permis de construire un immeuble collectif de huit logements valant également permis de démolir la villa existante sur un terrain composé des parcelles cadastrées section AK n° 180 et 181 au 9 avenue des pêchers. Mme et M. C ont demandé au maire de Corenc de retirer cet arrêté par un courrier du 17 mars 2021. Par la présente requête, ils doivent être regardés comme demandant l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de Corenc a refusé de retirer l'arrêté du 21 septembre 2018.
2. Un permis de construire ne peut faire l'objet d'un retrait, une fois devenu définitif, qu'au vu d'éléments, dont l'administration a connaissance postérieurement à la délivrance du permis, établissant l'existence d'une fraude à la date où il a été délivré. Cependant, si, ainsi que le prévoit l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration, la circonstance qu'un acte administratif a été obtenu par fraude permet à l'autorité administrative compétente de l'abroger ou de le retirer à tout moment, elle ne saurait, en revanche, proroger le délai du recours contentieux contre cette décision. Toutefois, un tiers justifiant d'un intérêt à agir est recevable à demander, dans le délai du recours contentieux, l'annulation de la décision par laquelle l'autorité administrative a refusé de faire usage de son pouvoir d'abroger ou de retirer un acte administratif obtenu par fraude, quelle que soit la date à laquelle il l'a saisie d'une demande à cette fin. Dans un tel cas, il incombe au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, d'une part, de vérifier la réalité de la fraude alléguée et, d'autre part, de contrôler que l'appréciation de l'administration sur l'opportunité de procéder ou non à l'abrogation ou au retrait n'est pas entachée d'erreur manifeste, compte tenu notamment de la gravité de la fraude et des atteintes aux divers intérêts publics ou privés en présence susceptibles de résulter soit du maintien de l'acte litigieux soit de son abrogation ou de son retrait.
3. D'une part, en l'espèce, les requérants soutiennent sans être contestés que l'accès au stationnement est resté inchangé entre le permis accordé le 21 septembre 2018 et un nouveau permis accordé le 16 octobre 2019. Ils invoquent deux attestations d'architecte portant sur ce dernier permis et relevant une erreur dans le calcul de la pente de la rampe d'accès au garage, qui serait, selon eux, non de 12,73 % mais de 19,93 % sur une longueur de 5,97 mètres entre la porte du garage et la voie publique. Il ressort toutefois des plans du dossier de demande de permis déposé en 2019 que la pente de 12,73 % a été mesurée sur une longueur de 11,31 mètres, la rampe d'accès se prolongeant à l'intérieur du garage. En outre, les plans permettent aisément de mesurer la pente sur la portion plus courte et plus raide située entre la porte du garage et la voie publique. Dès lors, aucune erreur ou dissimulation ne peut être reprochée à la société pétitionnaire et les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire a été obtenu par le biais d'une fraude en 2018.
4. D'autre part, et à supposer même qu'une fraude puisse être reprochée à la société pétitionnaire, la norme AFNOR NF-P 91-120 relative aux parcs de stationnement privés invoquée par les requérants ne constitue pas une disposition réglementaire opposable en matière d'autorisations d'occupation du sol. Ils ne peuvent dès lors utilement en invoquer la méconnaissance. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la pente de la rampe d'accès entre la porte du garage et la voie publique, bien qu'elle soit supérieure à 15 %, mette gravement en danger la sécurité des habitants de l'immeuble ou des usagers de la route sur laquelle débouche cette rampe au sens de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme ou de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de retirer l'arrêté du 21 septembre 2018.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Corenc, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions des requérants en ce sens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme et M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à M. A C, à la commune de Corenc et à la société VJ constructions.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
E. BEYTOUT
Le président,
P. THIERRY La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026