Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2105825

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2105825
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A, qui contestait le refus du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes de l’autoriser à exercer la profession de transporteur public routier de marchandises. La décision préfectorale était fondée sur le non-respect de la condition d’honorabilité professionnelle exigée par les articles R. 3211-24 et R. 3211-25 du code des transports. Le tribunal a constaté que M. A avait fait l’objet de plusieurs condamnations pour des infractions routières listées à l’article R. 3211-27 du même code, ce qui le rendait inéligible à cette condition. Les arguments de M. A, tirés de l’ancienneté des faits ou de sa réhabilitation personnelle, ont été jugés inopérants.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juillet 2021, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 8 juin 2021 du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes rejetant sa demande d'autorisation d'exercer la profession de transporteur public routier de marchandises.

Il soutient que :

- les faits qui lui sont reprochés sont anciens et il a appris de ses erreurs ;

- il a obtenu l'attestation de capacité professionnelle en transport routier léger de marchandises et a réalisé toutes les démarches pour créer sa société, qu'il ne consomme plus de stupéfiant comme l'atteste le test qu'il verse et qu'il s'est acquitté de toutes ses dettes.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2021, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des transports ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Barriol,

- les conclusions de Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 8 juin 2021, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a refusé d'autoriser l'exercice de la profession de transporteur public routier de marchandises de la SARL TB services, au motif que le représentant légal de l'entreprise et gestionnaire de transport, M. A, ne remplissait pas la condition d'honorabilité professionnelle exigée par les dispositions de l'article R. 3211-25 du code des transports. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 3211-1 du code des transports : " L'exercice des professions de transporteur public routier de marchandises () peut être subordonné, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, à des conditions () d'honorabilité professionnelle () ". Aux termes de l'article R. 3211-24 de ce code : " Il doit être satisfait à l'exigence d'honorabilité professionnelle par : () 2° Les personnes physiques suivantes : a) Le commerçant, chef d'entreprise individuelle ; () 3° Le gestionnaire de transport de l'entreprise mentionné à l'article R. 3211-43 ". Selon l'article R. 3211-25 du même code : " Les personnes physiques mentionnées à l'article R. 3211-24 qui souhaitent créer une activité de transport, diriger une entreprise de transport ou devenir gestionnaire de transport ne satisfont pas à l'exigence d'honorabilité professionnelle lorsqu'elles ont fait l'objet de plusieurs des condamnations mentionnées à l'article R. 3211-27 ". Enfin, aux termes de l'article R. 3211-27 du même code dans sa version alors applicable : " Les personnes mentionnées à l'article R. 3211-24 peuvent perdre l'honorabilité professionnelle lorsqu'elles ont fait l'objet : () 2° Soit de plusieurs condamnations mentionnées au bulletin n° 2 du casier judiciaire pour l'une des infractions suivantes : e) Infractions mentionnées aux articles () L. 224-16 à L. 224-18 (), L. 235-1 (), L. 317-1 à L. 317-4 () du code de la route () ".

3. Il résulte de ces dispositions que le gérant d'une SARL et gestionnaire de transport de l'entreprise, qui sollicite pour le compte de celle-ci, l'autorisation d'exercer la profession de transporteur public routier de marchandises, ne remplit pas la condition d'honorabilité professionnelle exigée par l'article R. 3211-24 du code des transports s'il fait l'objet de plusieurs condamnations mentionnées au bulletin n°2 de son casier judiciaire pour des infractions listées à l'article R. 3211-27 du code des transports.

4. M. A a fait l'objet de condamnations pour des infractions prévues aux articles L. 224-16 (conduite d'un véhicule à moteur malgré une suspension administrative ou judiciaire du permis de conduire), L. 325-1 (conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants) et L. 317-2 (usage de fausse plaque ou de fausse inscription apposée sur un véhicule à moteur ou remorque) du code de la route. Ces infractions font partie de celles mentionnées au e) de l'article R. 3211-27 du code des transports. En conséquence, en application des dispositions de l'article R. 3211-25 du même code, M. A, en sa qualité de gérant de la SARL TP services et gestionnaire de transport de l'entreprise ne satisfait pas aux conditions d'honorabilité professionnelle. A ce titre il ne peut utilement se prévaloir de l'ancienneté des condamnations, d'un test négatif à la prise de stupéfiant, ni de l'obtention de l'attestation de capacité professionnelle en transport routier léger de marchandises ni enfin de ses démarches pour créer son entreprise et du paiement de l'ensemble de ses amendes. Par suite, le préfet était fondé pour ce motif à lui refuser l'autorisation d'exercer la profession de transporteur public routier de marchandises. Il appartient à M. A, s'il s'y croit fondé, de présenter une nouvelle demande d'autorisation de l'exercice de la profession de transporteur public routier de marchandises après l'effacement, qu'il peut également demander, de ses condamnations de son casier judiciaire.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. A est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

Mme Beytout, première conseillère,

Mme Barriol, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

E. Barriol

Le président,

P. ThierryLa greffière,

A. Zanon

La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des transports auprès de la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2105825