lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106272 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2021, M. A, représenté par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 11 juin 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a notifié la cessation de ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de fait, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen sérieux de la situation du requérant ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas procédé à un entretien personnel avant de lui notifier la décision ;
- la décision est entachée d'erreur de droit : il n'avait pas connaissance des conséquences de son refus de se soumettre à un test PCR.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Sauveplane, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, a déposé une demande d'asile le 19 février 2021 qui a été placée en procédure " Dublin ". M. A a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 21 janvier 2021. Par un courrier du 7 juin 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a informé ce dernier de son intention de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la décision attaquée du 11 juin 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'en refusant de se soumettre à un test PCR dans le cadre de son transfert aux autorités allemandes chargées de l'examen de sa demande d'asile, il n'avait pas respecté les exigences des autorités en charge de l'asile.
2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 décembre 2021, ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis provisoirement à l'aide juridictionnelle sont sans objet.
3. En premier lieu, la décision mentionne, au visa des articles L. 551-16 et R. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. A avait refusé de se soumettre à un test PCR dans le cadre de son transfert aux autorités allemandes chargées de l'examen de sa demande d'asile et qu'il n'avait ainsi pas respecté les exigences des autorités. Par suite, la décision contient les motifs de fait et de droit qui la fondent. Elle est donc suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. La circonstance que le requérant est en désaccord avec les motifs exposés ne saurait révéler une insuffisance de motivation. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen particulier de la demande de M. A. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. " Ce texte ni aucun autre texte n'impose pas à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de faire précéder sa décision d'un entretien personnel avec le bénéficiaire des conditions matérielles d'accueil. Dès lors, le moyen doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; "
7. En cinquième lieu, d'une part, contrairement à ce que soutient M. A, il a été informé dans une langue qu'il comprend, que sa remise aux autorités allemandes en charge de l'examen de sa demande d'asile entrainait l'obligation de réaliser un test PCR et des conséquences de l'absence ou le refus de réaliser ce test. D'autre part, il est constant que M. A a refusé de se soumettre à un test PCR dans le cadre de la procédure de remise aux autorités allemandes. Par suite, M. A, qui se borne à mettre en avant la nécessité d'un consentement éclairé et d'une information complète avant de se soumettre à un test PCR, doit être regardé en l'espèce comme n'ayant pas respecté les exigences de l'autorité chargée de l'asile. Dès lors, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu sans commettre d'erreur de droit, d'erreur de fait ou d'erreur manifeste d'appréciation mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par l'office, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant cessation des conditions matérielles d'accueil. Il y a donc lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :Les conclusions tendant à l'admission provisoire de M. A à l'aide juridictionnelle sont sans objet.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 :Les conclusions de Me Mathis tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Mathis et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme C D, première-conseillère,
- Mme C B, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
E. D
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026